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Coronavirus : les aéroports wallons toujours en phase 2, le fédéral prend des mesures économiques

Les aéroports de Liège et de Charleroi sont toujours en phase 2 d’alerte face à l’épidémie de coronavirus, a affirmé le ministre wallon en charge du secteur, Jean-Luc Crucke (MR). De son côté demain, le gouvernement fédéral approuvera dix mesures en faveur des entreprises et des indépendants pour les aider à faire face aux conséquences économiques du virus.

Dimanche passé, l’aéroport carolo était passé en phase 3 après qu’un Luxembourgeois, porteur du virus, y eut transité, selon un communiqué des autorités luxembourgeoises. Après l’avoir tracé, il est finalement apparu que ce voyageur était asymptomatique. Les risques de contamination étant dès lors « quasi-nuls » d’après les experts, le niveau d’alerte a été revu à la baisse, a expliqué le ministre Crucke à l’issue de la réunion hebdomadaire du gouvernement régional.

Au cours de celle-ci, il a évidemment été question de l’épidémie qui touche le pays, avec 50 cas confirmés à ce jour. « Nous devons rester calmes, sereins et ne pas sombrer dans la panique », a martelé le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS). « Il s’agit aujourd’hui de respecter des mesures de bon sens », notamment en termes d’hygiène, a-t-il ajouté.

Ces mesures seront notamment affichées dans les bus, a de son côté précisé le ministre wallon du Transport, Philippe Henry (Ecolo). « Il a par ailleurs été convenu de renforcer, dans les meilleurs délais, le nettoyage des espaces de travail et des zones de contact dans les véhicules, type boutons d’arrêt ou barres », a-t-il poursuivi en affirmant toutefois qu' »à ce stade, on reste dans les mesures de base ». Une réunion des différents ministres belges compétents en matière de transports publics est prévue demain/vendredi après-midi afin de faire le point sur la situation et de coordonner la suite.

Quant aux entreprises et aux indépendants impactés – pour lesquels une task force wallonne a été mise en place – , ils peuvent toujours s’adresser au numéro 1890, activé depuis mercredi pour répondre à leurs interrogations, a rappelé Willy Borsus (MR), le ministre régional de l’Économie. Lors de son premier jour de fonctionnement, mercredi, ce numéro a été contacté à 43 reprises « et dans 90% des cas, les questions portaient sur des problèmes financiers liés au coronavirus », a précisé le ministre.

Parallèlement, le gouvernement a également décidé ce jeudi de renforcer les services de la cellule infectieuse de l’AVIQ – l’Agence wallonne pour une vie de qualité -, chargée d’aiguiller les médecins et d’organiser le ‘tracing’ des cas de coronavirus confirmés. Les effectifs de cette cellule sont passés de 4 à 7 équivalents temps plein, a pointé la ministre régionale de la Santé, Christie Morreale (PS).

Enfin, les difficultés d’approvisionnement en masques faciaux ont également été abordées alors que la demande explose. « Le Fédéral termine actuellement le cahier des charges pour que la Belgique acquière des millions de masques », a souligné à ce propos Elio Di Rupo. « En coordination étroite avec le Fédéral, nous assumons nos responsabilités », a-t-il conclu.

Dix mesures pour les entreprises et les indépendants

Sophie Wilmès
Sophie Wilmès© Belga

Demain, le gouvernement fédéral approuvera dix mesures en faveur des entreprises et des indépendants, a annoncé la Première ministre Sophie Wilmès en séance plénière de la Chambre. « La santé est prioritaire mais nous savons aussi que cela aura un impact sur les entreprises et les indépendants », a justifié Mme Wilmès. « Le gouvernement souhaite dès lors prendre dix mesures demain. Celles-ci permettront notamment aux entreprises impactées de recourir au chômage temporaire ou de reporter certains paiements ou impôts. »

Selon le dernier bilan communiqué par le SPF Santé publique, 50 personnes sont infectées par le coronavirus en Belgique. Une est guérie tandis qu’une est hospitalisée. Les 48 autres patients sont placés en quarantaine à domicile, a détaillé la ministre de la Santé Maggie De Block.

L’OMS déplore qu’une « longue liste » de pays n’en fassent pas assez pour combattre le coronavirus

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déploré qu’une « longue liste » de pays n’en fassent pas assez pour combattre le coronavirus qui a tué près de 3.300 personnes dans le monde.

« Ce n’est pas un exercice. Ce n’est pas le moment d’abandonner, ce n’est pas le moment de trouver des excuses, c’est le moment d’y aller à fond », a déclaré aux médias le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, déplorant qu’une « longue liste de pays » n’aient pas encore mobilisé l’ensemble de leur gouvernement.

« Nous sommes préoccupés par le fait que dans certains pays, le niveau d’engagement politique et les actions qui démontrent cet engagement ne correspondent pas au niveau de la menace à laquelle nous sommes tous confrontés », a-t-il ajouté, sans nommer ces pays.

Plus de 95.000 personnes dans le monde ont été contaminées par le virus Covid-19 dans plus 80 pays et territoires. Apparu fin décembre en Chine, il affecte dorénavant tous les continents, sauf l’Antarctique, et perturbe la vie quotidienne dans un nombre croissant de pays.

« Les pays se préparent à un tel scénario depuis des décennies. Il est temps d’agir », a insisté le patron de l’OMS, demandant une « coordination » politique.

« Cette épidémie est une menace pour tous les pays, riches et pauvres. Même les pays à revenu élevé doivent s’attendre à des surprises, la solution est de se préparer de façon agressive », a-t-il dit, appelant tous les pays de la planète à se préparer « avec rapidité, ampleur et détermination » afin d’endiguer l’épidémie.

Le directeur des programmes d’urgence de l’OMS, le Dr Michael Ryan, a souligné que certains pays avaient montré qu’il était possible de « ralentir » la propagation du virus, permettant au système de santé de mieux se préparer à affronter l’épidémie.

« Il y a de merveilleuses leçons à tirer de la Chine », a-t-il dit.

L’épidémie a été qualifiée pour la première fois mercredi de « pandémie » par l’Allemagne. Mais l’OMS a une fois de plus estimé que ce n’était pas le cas. « Nous n’en sommes pas encore là », a affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Mais si cette appréciation devait changer, cela ne ferait pas l’objet d’une déclaration formelle et officielle de l’OMS, contrairement au classement du Covid-19 comme « urgence de santé publique de portée internationale » le 30 janvier.

41 décès en Italie en 24 heures, 148 morts au total

L’Italie est le troisième pays le plus touché au monde derrière la Chine et la Corée du Sud. Sur ce total, 414 patients sont déjà guéris, soit 138 de plus que la veille.

« Jusqu’ici les personnes guéries représentent 10,7% du total des personnes ayant contracté le virus, les personnes décédées 3,8% », a détaillé le chef de la Protection civile Angelo Borrelli lors de sa conférence de presse quotidienne.

Le gouvernement italien a décidé de fermer toutes les écoles et universités à compter de jeudi pour endiguer la progression du virus et éviter ainsi une surchauffe dans les hôpitaux de la péninsule.

« Pour le moment, il n’y a pas de difficultés majeures concernant le nombre de lits disponibles dans les structures hospitalières », a tenu à rassurer M. Borrelli. « Quand les lits de soins intensifs sont tous occupés dans une région (…) notre centre de coordination en trouve dans les régions limitrophes », a-t-il expliqué.

Sur les 3.858 patients contaminés, 1.790 sont hospitalisés et 351 en soins intensifs (environ 10%), tandis que les autres sont placés en isolement à leur domicile.

Les trois régions les plus touchées, toutes dans le nord, sont toujours la Lombardie (région de Milan, 2.251 cas et 98 morts), l’Emilie-Romagne (région de Bologne, 698 cas et 30 morts) et la Vénétie (région de Venise, 407 cas et 10 morts).

Les 21 régions italiennes sont désormais toutes concernées, mais l’essentiel des cas sont concentrés dans le nord.

Le patient 1 de l’épidémie italienne a été identifié le 20 février à Codogno, à 60 km au sud de Milan. Cet homme de 38 ans, toujours hospitalisé en réanimation et dans un état grave, a involontairement contaminé son épouse enceinte désormais guérie, mais aussi des médecins, et des patients qui ont à leur tour infecté leur entourage. Les médecins considèrent que tous les malades italiens sont reliés au patient 1.

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