En Espagne, les chercheurs de l'Institut de santé Carlos III ont testé le cocktail AstraZeneca-Pfizer sur un groupe de bénévoles. Ils ont commencé par administrer une première dose d'AstraZeneca aux 600 bénévoles. Huit à douze semaines plus tard, ils ont injecté une deuxième dose du vaccin Pfizer-BioNTech à deux tiers d'entre eux. Les autres n'ont pas reçu de seconde dose et ont été placés en observation.
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En Espagne, les chercheurs de l'Institut de santé Carlos III ont testé le cocktail AstraZeneca-Pfizer sur un groupe de bénévoles. Ils ont commencé par administrer une première dose d'AstraZeneca aux 600 bénévoles. Huit à douze semaines plus tard, ils ont injecté une deuxième dose du vaccin Pfizer-BioNTech à deux tiers d'entre eux. Les autres n'ont pas reçu de seconde dose et ont été placés en observation. Sept fois plus d'anticorps Les résultats préliminaires de l'étude révèlent que les bénévoles qui se sont vu injecter le cocktail de vaccins ont développé "une réponse immunitaire robuste", nettement supérieure à ceux placés en observation. "L'étude révèle qu'il y avait sept fois plus d'anticorps dans le sang lorsque AstraZeneca et Pfizer étaient combinés, que lorsque l'on administre le schéma classique à deux doses d'AstraZeneca", explique Isabel Leroux-Roels, professeure spécialisée en vaccins (Université de Gand), au quotidien De Morgen.À l'hôpital de la Charité à Berlin, des chercheurs ont obtenu des résultats similaires. Selon la revue Science, les scientifiques ont administré les deux vaccins, d'abord l'AstraZeneca et puis le Pfizer, à dix semaines d'intervalle à 61 soignants. Ces derniers ont développé un niveau d'anticorps comparable à celui de personnes ayant reçu deux doses de Pfizer-BioNTech à trois semaines d'intervalle. Plus encourageant encore, les chercheurs ont constaté que les cellules T des personnes vaccinées à l'AstraZeneca et au Pfizer, les cellules qui identifient et permettent de neutraliser des agents pathogènes ou des cellules infectées présentes au sein de l'organisme, offrent une réponse immunitaire légèrement meilleure que celles des personnes ayant bénéficié de deux doses de Pfizer.Données solides"D'un point de vue immunologique c'est une bonne idée. La réponse immunologique sera au minimum la somme des deux vaccins. Mais parfois, l'association de deux vaccins différents produit une meilleure réponse immunitaire. Il n'est pas encore possible de dire avec certitude si ce sera le cas ici. Nous devons attendre des données solides". Rappelons en effet qu'il s'agit d'études préliminaires qui n'ont pas été menées à grande échelle et qui concernent uniquement des personnes en bonne santé. D'autres études devront confirmer les résultats.Autre avantage, combiner les vaccins AstraZeneca et Pfizer permettrait de donner un coup d'accélérateur à la campagne de vaccination. Les personnes vaccinées avec AstraZeneca doivent en effet attendre huit semaines entre leurs doses, et celles qui ont été vaccinées en début de campagne doivent même patienter douze semaines pour bénéficier d'une protection optimale. À l'heure où le variant Delta progresse, une accélération ne peut être que bénéfique, d'autant que ce sont les personnes plus âgées qui se sont vu injecter le vaccin d'AstraZeneca.Effets secondaires Cependant, le cocktail des vaccins pourrait augmenter les effets secondaires courants (fatigue, maux de tête, douleurs musculaires). Une étude de l'Université d'Oxford révèle en effet que les effets secondaires les plus marqués surviennent après la première dose d'AstraZeneca et après la deuxième dose de Pfizer. Les personnes qui recevraient les deux vaccins y seraient donc plus exposées.Selon De Morgen, la Taskforce Vaccination n'envisage pas de modifier sa stratégie en ce sens pour l'instant. Elle estime qu'il y a encore trop peu de données solides, et rappelle que la Belgique n'administre pas l'AstraZeneca aux habitants de moins de 41 ans. De plus, le cocktail de vaccins n'est approuvé ni par les fabricants ni par l'Agence européenne de médicament (EMA), et il n'y aurait donc aucun recours juridique en cas de problème.