Le système immunitaire a besoin de temps pour activer les mécanismes de défense et produire ses anticorps. C'est pourquoi il faut attendre en moyenne 15 jours pour que l'action d'un vaccin soit optimal et ce qu'il s'agisse de la première ou de la seconde dose.
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Le système immunitaire a besoin de temps pour activer les mécanismes de défense et produire ses anticorps. C'est pourquoi il faut attendre en moyenne 15 jours pour que l'action d'un vaccin soit optimal et ce qu'il s'agisse de la première ou de la seconde dose. Après une injection de Pfizer ou AstraZeneca on estime, en se basant notamment sur les données récoltées lors de la campagne de vaccination anglaise, que l'on a 50 à 70 % moins de risques de développer un covid symptomatique, c'est-à-dire de tomber malade. Pour le vaccin de Janssen, qui ne nécessite qu'une seule injection, les essais cliniques ont montré une protection de 74%. Une dose de vaccin donne aussi une réduction de 75 à 85 % des admissions à l'hôpital, toujours selon les chiffres britanniques sur le terrain. Le chiffre du Janssen serait lui de 82%. Une première dose réduit aussi de 75-80% les risques de décès. Le taux du Janssen, qui ne nécessite qu'une dose, serait lui de 82%. Le rôle de la deuxième injection est de donner un coup de fouet au système immunitaire, ce qui fait qu'on est encore mieux protégé. Et cela se vérifie dans les faits, même si pour l'instant on n'a surtout les chiffres pour les vaccins à ARNm (Pfizer en Belgique). Ceux-ci ont été autorisés plus tôt et le délai entre deux vaccinations est nettement plus court.Selon les Britanniques, une semaine après la deuxième injection Pfizer, la protection contre le covid-19 symptomatique est de 85 à 90 %. Il y a aussi 90 à 95 % d'admissions hospitalières en moins, et 95 à 99 % de décès en moins. L'efficacité d'AstraZeneca est par contre plus difficile à évaluer et les fourchettes varient entre 65 et 90 % de protection contre un covid avec symptômes. L'essai clinique avait par contre montré une protection de 74%.En Israël, ou la campagne de vaccination a été rapide, les admissions à l'hôpital dues au covid chez les personnes entièrement vaccinées étaient inférieures de 87 % à celles des personnes non vaccinées, et aux États-Unis de 94 %. Ce sont les résultats de Pfizer et de Moderna pour les États-Unis. En Belgique, il est très rare qu'une personne entièrement vaccinée se retrouve à l'hôpital. Depuis janvier, date du début de la campagne de vaccination dans notre pays, seules 160 personnes entièrement vaccinées se sont retrouvées à l'hôpital, selon un rapport du commissaire Corona Pedro Facon. Et 158 de ces 160 personnes avaient des problèmes de santé connexes. "C'est un signal rassurant", selon le virologue Steven Van Gucht (Sciensano) qui souligne cependant qu'il s'agit d'un chiffre très provisoire puisqu'on ne dispose de données détaillées que sur environ 70 % des patients admis.Les résultats cités ci-dessus ne valent que pour les premières souches du covid et le variant britannique et l'on constate malheureusement que sur les nouveaux variants les taux sont moins élevés. Ainsi, après une seule dose de vaccin Pfizer contre le Covid-19, on est moins susceptible de produire des anticorps protecteurs face aux variants initialement détectés en Inde et en Afrique du Sud que face à celui initialement repéré en Angleterre, selon une étude en laboratoire publiée vendredi."Bien que ce genre de résultats en laboratoire soient utiles (...), les niveaux d'anticorps ne suffisent pas à eux seuls à déterminer le niveau d'efficacité des vaccins, et des études en population réelle doivent également être menées", nuance toutefois dans un communiqué le Francis Crick Institute de Londres, qui a réalisé ces travaux avec l'Institut national britannique de recherche en santé (NIHR).Publiée dans la revue médicale The Lancet, l'étude évalue la production d'anticorps protecteurs (dits "neutralisants") de personnes vaccinées avec Pfizer/BioNTech. Pour cela, les chercheurs ont mis les échantillons sanguins de ces personnes en présence de plusieurs souches du virus: ses premières versions (celle découverte à Wuhan en Chine et celle qui a dominé en Europe dans la foulée), le variant Alpha (surnommé variant anglais), le variant Beta (initialement détecté en Afrique du Sud) et le variant Delta (initialement détecté en Inde)."Après une seule dose de Pfizer/BioNTech, 79% des personnes avaient une réponse anticorps détectable contre la souche originale, mais cela tombait à 50% pour le variant Alpha, 32% pour le variant Delta et 25% pour le variant Beta", selon le Francis Crick Institute.Le variant Brésilien et Sud-africain Pour le vaccin Janssen, la protection passe de 74 à 66 % pour le variant brésilien, et à 52 % pour la variante sud-africaine. Avec le vaccin Pfizer, la protection contre la variante sud-africaine passe de 90 à 75 %, selon les statistiques relevées au Quatar. Pour l'AstraZeneca ce serait même pire puisque la protection est de 10 %.Les vaccins sont également moins efficaces contre le variant indien selon Public Health England . Après une seule injection, la protection passe à 33 % après un premier essai chez Pfizer et AstraZeneca. Les anticorps présents dans le sang des personnes ayant reçu une seule injection d'AstraZeneca étaient à peine capables de neutraliser les variants indien ou sud-africain. Les personnes qui ont reçu AstraZeneca pourraient donc bénéficier d'une troisième dose de Pfizer/BioNTech".Mais les chiffres ne sont pas beaucoup plus glorieux même après deux injections. Ainsi pour le Pfizer, la protection chute de 93 à 88 %, avec AstraZeneca de 66 à 60 %. Dernier point : les vaccins qui offraient déjà un niveau de protection plus faible au départ nécessiteront une injection supplémentaire plus tôt. On notera cependant que ce n'est pas parce qu'on est moins protégé et plus sensible à une infection légère que l'on tombe automatiquement gravement malade. Un nombre considérable de personnes vaccinées resteront protégées contre les maladies graves et ce pendant une longue période. "L'essentiel est de s'assurer que la protection vaccinale reste suffisante pour éviter au maximum de gens d'être hospitalisés. Nos résultats suggèrent que le meilleur moyen d'y arriver est d'administrer rapidement la seconde dose de vaccin", conclut la chercheuse Emma Wall. Fin mai, pour enrayer la propagation du variant Delta au Royaume-Uni, l'intervalle entre les deux doses de vaccin (jusqu'à trois mois) a été réduit à huit semaines pour les personnes de plus de 50 ans et les plus vulnérables. Les résultats publiés vendredi "confortent" cette décision, selon le Francis Crick Institute.