Une discothèque en ébullition. La chaleur qui monte. Les murs qui perlent de sueur. De l'énergie... amenée à s'évaporer dans la nature. "On s'est dit que c'était un énorme gâchis!", s'exclame Andrew Fleming-Brown, directeur du SWG3, à Glasgow. Avec des ingénieurs, il a fait le diagnostic de son bâtiment et décidé de trouver un moyen pour récupérer la chaleur produite par ses clients. "On a foré des trous de 150 mètres sous le site, qui captent cette chaleur. Avec notre système Bodyheat, soit on transforme directement cette énergie récupérée pour rafraîchir la salle, soit on peut la stocker pour plus tard, quand nous aurons besoin de chauffer."
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Une discothèque en ébullition. La chaleur qui monte. Les murs qui perlent de sueur. De l'énergie... amenée à s'évaporer dans la nature. "On s'est dit que c'était un énorme gâchis!", s'exclame Andrew Fleming-Brown, directeur du SWG3, à Glasgow. Avec des ingénieurs, il a fait le diagnostic de son bâtiment et décidé de trouver un moyen pour récupérer la chaleur produite par ses clients. "On a foré des trous de 150 mètres sous le site, qui captent cette chaleur. Avec notre système Bodyheat, soit on transforme directement cette énergie récupérée pour rafraîchir la salle, soit on peut la stocker pour plus tard, quand nous aurons besoin de chauffer." Une grande soirée de lancement a eu lieu lors de la COP26, il y a quelques semaines, mais le projet ne sera vraisemblablement opérationnel qu'en février prochain. "On sert en quelque sorte de projet pilote, mais les ingénieurs sont vraiment confiants", se réjouit le patron du nightclub. Grâce à ce dispositif, SWG3 entend économiser septante tonnes de CO2 par an, ce qui revient à diminuer ses émissions de moitié environ. "Ça pourrait vraiment changer la donne dans le domaine de l'événementiel, s'enthousiasme Andrew Fleming-Brown. On me questionne beaucoup sur ce projet et TownRock Energy, qui le développe, reçoit également des demandes, notamment de clubs à Berlin." Ce n'est pas la première fois que le monde de la nuit s'intéresse à l'énergie du corps. En 2008, le Watt de Rotterdam avait installé un plancher lumineux, qui réagissait aux pas des clubbers et permettait d'emmagasiner de l'énergie. Avec ce plancher, il n'est pas question de thermoélectricité comme en Ecosse, mais de piézoélectricité. Un mot qu'on place rarement dans une conversation, mais qui renvoie à des phénomènes que beaucoup expérimentent au quotidien. "Les essuie-glaces des voitures récentes qui adaptent leur vitesse, c'est un effet piézoélectrique, vulgarise Jean-Marie Raquez, du Service des matériaux polymères et composites de l'UMons. La pluie frappe le pare-brise, celui-ci ressent une certaine pression et accélère le mouvement des essuie-glaces." Sur le même principe, le mouvement des foules peut également être transformé en électricité. Grâce à des dalles spécifiques, installées sur des trottoirs, la ville de Toulouse a, par exemple, fait fonctionner des lampadaires. Stations de métro et autres hauts lieux de passage du monde entier ont testé des dispositifs comparables... sans pour autant les généraliser. Les dalles restent chères, elles doivent être remplacées régulièrement et la production d'électricité n'est pas énorme.D' autres pistes de développement sont explorées. Avec son équipe de l'UMons, Jean-Marie Raquez a collaboré à l'étude transfrontalière Bioharv qui a mis en avant les propriétés piézoélectriques de l'acide lactique. Le PLA, polymère biosourcé qui en découle, pourrait notamment être utilisé dans le textile: "Cela permet d'alimenter de petits appareils, mais pas votre GSM, relativise Jean-Marie Raquez . L'ampérage est faible. Si l'on veut récupérer l'énergie d'un vêtement, il faut impérativement une batterie pour accumuler puis récupérer l'électricité." Même sans smartphone rechargé, cela amène à poser un tout nouveau regard sur nos mouvements.