Qu'a annoncé Pfizer ?

Le laboratoire a demandé jeudi aux autorités sanitaires américaines d'autoriser en urgence pour les 5-11 ans le vaccin qu'il a développé avec BioNTech. Pfizer s'appuie sur les données d'essais menés sur 2.000 enfants de 5 à 11 ans, qu'il a transmises à l'Agence américaine du médicament (FDA). Pour cette classe d'âge, le dosage a été abaissé à 10 microgrammes par injection (trois fois moins que la dose standard).

Pfizer et BioNTech ont assuré que le vaccin était bien toléré par ces jeunes enfants et déclenchait une réponse immunitaire "robuste", "comparable" à celle observée chez les 16 à 25 ans. Si ces données convainquent la FDA, qui se réunira le 26 octobre, les enfants concernés aux Etats-Unis (environ 28 millions) pourraient commencer à se faire vacciner dès la fin du mois.

Quels pays le font déjà ?

De nombreux pays vaccinent les ados à partir de 12 ans, mais très peu le font en-dessous de cet âge. Cuba a commencé le 15 septembre à injecter aux enfants de 2 à 11 ans ses vaccins nationaux Abdala et Soberana, qui ne sont pas reconnus au niveau international. Le 17 septembre, c'est le Cambodge qui a commencé à vacciner les enfants dès l'âge de 6 ans, avec le vaccin chinois Sinovac. Ce dernier a été approuvé pour les adultes dans plus de 50 pays, mais jusqu'alors, seule la Chine avait autorisé son utilisation chez les enfants de plus de 3 ans. Sinovac a en outre lancé le 10 septembre des essais cliniques de son vaccin sur 14.000 enfants âgés de six mois à 17 ans, au Chili, au Kenya, en Malaisie, aux Philippines et en Afrique du Sud.

C'est un autre vaccin chinois, celui du laboratoire Sinopharm, qu'ont utilisé les Emirats arabes unis pour vacciner les enfants et adolescents de 3 à 17 ans depuis début août. Début septembre, le Venezuela a annoncé qu'il allait vacciner les enfants et ados de 3 à 18 ans à partir d'octobre. De son côté, Israël avait décidé fin juillet d'ouvrir la vaccination avec Pfizer à certains enfants de 5 à 11 ans: ceux considérés comme fragiles ou à risque élevé (maladies pulmonaires chroniques graves, immunodépression sévère, troubles du développement neurologique, insuffisance cardiaque...).

Quelles questions cela pose-t-il ?

"La vraie question, c'est le bénéfice-risque", dit à l'AFP Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique qui guide le gouvernement français. Autrement dit, il s'agit de définir à quel point le bénéfice apporté par la vaccination dans cette classe d'âge est supérieur aux risques liés à de potentiels effets indésirables.

Aux Etats-Unis, cette balance semble pencher du côté de la vaccination, selon le Pr Fontanet: "Le risque d'hospitalisation pour un enfant infecté y est 10 fois plus élevé que pour un enfant d'Europe occidentale", en raison de facteurs aggravants répandus dans la population américaine (surpoids, obésité, diabète...). Dans les Etats du sud des Etats-Unis, où la couverture vaccinale est moins élevée, il y a "des tensions fortes dans les services hospitaliers pédiatriques", note le Pr Fontanet. Tout cela pourrait inciter les autorités américaines à opter rapidement pour la vaccination des jeunes enfants.

Cela va-t-il se généraliser ?

Ces derniers mois, l'Organisation mondiale de la sante (OMS) a martelé que l'urgence était de vacciner la population des pays pauvres avant les enfants et adolescents des pays riches. "Le besoin potentiel de vacciner les jeunes enfants à l'avenir dépendra de l'évolution épidémiologique et des preuves sur la sûreté et l'efficacité des vaccins dans ce groupe d'âge", a résumé l'instance jeudi dans un rapport sur sa stratégie pour rendre les vaccins accessibles. Les pays d'Europe occidentale seront vraisemblablement "beaucoup plus attentistes" que les Etats-Unis pour abaisser encore l'âge de la vaccination, prévoit le Pr Fontanet.

D'une part, "les données dont on dispose confirment la relative bénignité de l'infection" chez les 5-11 ans, y compris avec le variant Delta désormais dominant. Parallèlement, la vaccination des adultes les plus âgés et fragiles progresse: cela diminue donc le risque que l'épidémie les touche après être partie des enfants, estime l'épidémiologiste. Se pose en outre la question toujours sensible de la réticence à la vaccination. Pour des enfants si jeunes, "on s'attend à ce que les parents soient plus frileux", reconnaît-il.

La vaccination de millions d'enfants aux Etats-Unis aura donc valeur de test pour les autres pays: elle permettra de repérer d'éventuels effets indésirables qui pourraient être passés inaperçus durant les essais de Pfizer. "On a tout intérêt à ne pas se précipiter et à regarder les données qui sortiront de la vaccination à large échelle aux Etats-Unis", juge Arnaud Fontanet. "Sur la base de ces données, on pourra connaître la balance bénéfice-risque pour les enfants".

Le laboratoire a demandé jeudi aux autorités sanitaires américaines d'autoriser en urgence pour les 5-11 ans le vaccin qu'il a développé avec BioNTech. Pfizer s'appuie sur les données d'essais menés sur 2.000 enfants de 5 à 11 ans, qu'il a transmises à l'Agence américaine du médicament (FDA). Pour cette classe d'âge, le dosage a été abaissé à 10 microgrammes par injection (trois fois moins que la dose standard).Pfizer et BioNTech ont assuré que le vaccin était bien toléré par ces jeunes enfants et déclenchait une réponse immunitaire "robuste", "comparable" à celle observée chez les 16 à 25 ans. Si ces données convainquent la FDA, qui se réunira le 26 octobre, les enfants concernés aux Etats-Unis (environ 28 millions) pourraient commencer à se faire vacciner dès la fin du mois.De nombreux pays vaccinent les ados à partir de 12 ans, mais très peu le font en-dessous de cet âge. Cuba a commencé le 15 septembre à injecter aux enfants de 2 à 11 ans ses vaccins nationaux Abdala et Soberana, qui ne sont pas reconnus au niveau international. Le 17 septembre, c'est le Cambodge qui a commencé à vacciner les enfants dès l'âge de 6 ans, avec le vaccin chinois Sinovac. Ce dernier a été approuvé pour les adultes dans plus de 50 pays, mais jusqu'alors, seule la Chine avait autorisé son utilisation chez les enfants de plus de 3 ans. Sinovac a en outre lancé le 10 septembre des essais cliniques de son vaccin sur 14.000 enfants âgés de six mois à 17 ans, au Chili, au Kenya, en Malaisie, aux Philippines et en Afrique du Sud.C'est un autre vaccin chinois, celui du laboratoire Sinopharm, qu'ont utilisé les Emirats arabes unis pour vacciner les enfants et adolescents de 3 à 17 ans depuis début août. Début septembre, le Venezuela a annoncé qu'il allait vacciner les enfants et ados de 3 à 18 ans à partir d'octobre. De son côté, Israël avait décidé fin juillet d'ouvrir la vaccination avec Pfizer à certains enfants de 5 à 11 ans: ceux considérés comme fragiles ou à risque élevé (maladies pulmonaires chroniques graves, immunodépression sévère, troubles du développement neurologique, insuffisance cardiaque...)."La vraie question, c'est le bénéfice-risque", dit à l'AFP Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique qui guide le gouvernement français. Autrement dit, il s'agit de définir à quel point le bénéfice apporté par la vaccination dans cette classe d'âge est supérieur aux risques liés à de potentiels effets indésirables.Aux Etats-Unis, cette balance semble pencher du côté de la vaccination, selon le Pr Fontanet: "Le risque d'hospitalisation pour un enfant infecté y est 10 fois plus élevé que pour un enfant d'Europe occidentale", en raison de facteurs aggravants répandus dans la population américaine (surpoids, obésité, diabète...). Dans les Etats du sud des Etats-Unis, où la couverture vaccinale est moins élevée, il y a "des tensions fortes dans les services hospitaliers pédiatriques", note le Pr Fontanet. Tout cela pourrait inciter les autorités américaines à opter rapidement pour la vaccination des jeunes enfants.Ces derniers mois, l'Organisation mondiale de la sante (OMS) a martelé que l'urgence était de vacciner la population des pays pauvres avant les enfants et adolescents des pays riches. "Le besoin potentiel de vacciner les jeunes enfants à l'avenir dépendra de l'évolution épidémiologique et des preuves sur la sûreté et l'efficacité des vaccins dans ce groupe d'âge", a résumé l'instance jeudi dans un rapport sur sa stratégie pour rendre les vaccins accessibles. Les pays d'Europe occidentale seront vraisemblablement "beaucoup plus attentistes" que les Etats-Unis pour abaisser encore l'âge de la vaccination, prévoit le Pr Fontanet.D'une part, "les données dont on dispose confirment la relative bénignité de l'infection" chez les 5-11 ans, y compris avec le variant Delta désormais dominant. Parallèlement, la vaccination des adultes les plus âgés et fragiles progresse: cela diminue donc le risque que l'épidémie les touche après être partie des enfants, estime l'épidémiologiste. Se pose en outre la question toujours sensible de la réticence à la vaccination. Pour des enfants si jeunes, "on s'attend à ce que les parents soient plus frileux", reconnaît-il.La vaccination de millions d'enfants aux Etats-Unis aura donc valeur de test pour les autres pays: elle permettra de repérer d'éventuels effets indésirables qui pourraient être passés inaperçus durant les essais de Pfizer. "On a tout intérêt à ne pas se précipiter et à regarder les données qui sortiront de la vaccination à large échelle aux Etats-Unis", juge Arnaud Fontanet. "Sur la base de ces données, on pourra connaître la balance bénéfice-risque pour les enfants".