D'un droit humain à la privatisation européenne

L'accès aux soins de santé comme d'ailleurs les principes de sécurité sociale sont des droits humains inscrits à l'article 25 dans la Déclaration universelle des droits de l'homme : "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires (...)"

Pour traduire ce droit universel, accessible à tous et sans restriction, on aurait tendance à croire qu'un filet de protection étatique - le service public - est la réponse. L'État aurait, alors, le monopole des soins de santé et les capitaux seraient détenus par les pouvoirs publics. A l'inverse des firmes privées qui seraient, quant à elle, dans l'obligation de respecter les règles de la rentabilité.

Cependant, ces dernières années, l'Europe a tendance à tendre vers une privatisation des soins de santé, notamment pour des raisons budgétaires. C'est ce que constate Henri Houben, docteur en économie, membre du secrétariat d'Attac-Bruxelles. "Dans le secteur de la santé, les politiques actuelles s'orientent vers la libéralisation et la privatisation, en premier lieu pour des raisons budgétaires. L'État veut se désengager, parce que la santé coûte trop cher." Selon lui, l'acteur central de cette stratégie est l'Union européenne. "Les experts de la Commission européenne ont changé le terme de services publics en services d'intérêt général. Toute production ou presque peut se définir comme d'intérêt général.". Il explique : "Donc, les règles qui doivent s'appliquer, y compris aux services publics, sont celles de l'économie capitaliste concurrentielle. La Commission souligne quela quasi-totalité des services prestés dans le domaine social peuvent être considérés comme des activités économiques, donc soumis à la concurrence, au libre marché".

La Belgique, dans le top 5 des meilleurs soins de santé

Depuis 2005, le think tank suédois, Health Consumer Powerhouse (HCP) étudie les soins de santé octroyés dans 35 pays européens. Dans son rapport annuel, Euro Health Consumer Index (EHCI), en 2018, HCP dévoile le classement des soins de santé. La Belgique figure en cinquième position avec un résultat de 84,9% et se situe derrière la Suisse, grande gagnante avec un score 89,3%, les Pays-Bas avec 88,3%, la Norvège avec 85,7% et le Danemark avec 85,5%.

EuroHealth Consumer Index 2018 © Health Consumer Powerhouse

Les pays faisant partie du top 5 se distinguent par l'accessibilité de leurs soins de santé, les droits et les informations données aux patients, les résultats en termes de santé, les gammes et portées des services fournis, la prévention et les produits pharmaceutiques.

Parmi ce top, la Suisse, la Norvège, le Danemark et la Belgique font partie des systèmes de soins de santé où il existe une intervention - forte ou en partie - de l'État. A l'inverse, les Pays-Bas ont entièrement privatisé leurs systèmes de soins de santé, depuis 2006.

Opter pour des soins de santé entièrement privés n'est pas forcément gage de mauvais soins de santé (selon les critères de l'étude). Bien au contraire, les Pays-Bas ont figuré à la première position du classement européen. Cependant, il s'agit de l'unique pays faisant partie des premières positions à avoir choisi un système de soins de santé privé.

Par ailleurs, la question de privatisation de la santé pose la question du coût pour le citoyen qui devrait alors souscrire une police d'assurance, si on se base sur le modèle néerlandais, et faire jouer les règles de concurrence.

Impact sur la pandémie

Il est difficile d'assurer qu'il y a une corrélation entre des soins de santé privatisés et les pics d'épidémie que connaissent certains pays. En effet, si on observe le cas du Pays-Bas et de la Belgique, les courbes restent relativement similaires (nombre de cas par jour).

Les Pays-Bas ont recensé 6.412 cas positifs au Covid-19, dont 356 décès. Le National Institute for Public Health and the Environment ajoute que 1.836 cas ont été admis à l'hôpital.

© National Institute for Public Health and the Environment

En Belgique, 1.238 nouveaux cas ont été recensés le 25 mars, ce qui porte le nombre total de cas à 6.235 cas. 220 décès sont à déplorer sur le territoire. Au niveau de la situation dans les hôpitaux, 605 personnes infectées sont aux soins intensifs dont 420 sont sous assistance respiratoire. 675 personnes ont, depuis le début, quitté l'hôpital dont 128 mercredi.

Dans cette crise sanitaire, ce sont surtout les mesures prises par les pays à des moments précis de l'épidémie, les comportements de chacun et la situation au sein des hôpitaux (capacité dans les hôpitaux, fournitures, etc.) qui ont des conséquences sur les chiffres recensés au quotidien.

L'accès aux soins de santé comme d'ailleurs les principes de sécurité sociale sont des droits humains inscrits à l'article 25 dans la Déclaration universelle des droits de l'homme : "Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires (...)"Pour traduire ce droit universel, accessible à tous et sans restriction, on aurait tendance à croire qu'un filet de protection étatique - le service public - est la réponse. L'État aurait, alors, le monopole des soins de santé et les capitaux seraient détenus par les pouvoirs publics. A l'inverse des firmes privées qui seraient, quant à elle, dans l'obligation de respecter les règles de la rentabilité. Cependant, ces dernières années, l'Europe a tendance à tendre vers une privatisation des soins de santé, notamment pour des raisons budgétaires. C'est ce que constate Henri Houben, docteur en économie, membre du secrétariat d'Attac-Bruxelles. "Dans le secteur de la santé, les politiques actuelles s'orientent vers la libéralisation et la privatisation, en premier lieu pour des raisons budgétaires. L'État veut se désengager, parce que la santé coûte trop cher." Selon lui, l'acteur central de cette stratégie est l'Union européenne. "Les experts de la Commission européenne ont changé le terme de services publics en services d'intérêt général. Toute production ou presque peut se définir comme d'intérêt général.". Il explique : "Donc, les règles qui doivent s'appliquer, y compris aux services publics, sont celles de l'économie capitaliste concurrentielle. La Commission souligne quela quasi-totalité des services prestés dans le domaine social peuvent être considérés comme des activités économiques, donc soumis à la concurrence, au libre marché".Depuis 2005, le think tank suédois, Health Consumer Powerhouse (HCP) étudie les soins de santé octroyés dans 35 pays européens. Dans son rapport annuel, Euro Health Consumer Index (EHCI), en 2018, HCP dévoile le classement des soins de santé. La Belgique figure en cinquième position avec un résultat de 84,9% et se situe derrière la Suisse, grande gagnante avec un score 89,3%, les Pays-Bas avec 88,3%, la Norvège avec 85,7% et le Danemark avec 85,5%.Les pays faisant partie du top 5 se distinguent par l'accessibilité de leurs soins de santé, les droits et les informations données aux patients, les résultats en termes de santé, les gammes et portées des services fournis, la prévention et les produits pharmaceutiques. Parmi ce top, la Suisse, la Norvège, le Danemark et la Belgique font partie des systèmes de soins de santé où il existe une intervention - forte ou en partie - de l'État. A l'inverse, les Pays-Bas ont entièrement privatisé leurs systèmes de soins de santé, depuis 2006.Opter pour des soins de santé entièrement privés n'est pas forcément gage de mauvais soins de santé (selon les critères de l'étude). Bien au contraire, les Pays-Bas ont figuré à la première position du classement européen. Cependant, il s'agit de l'unique pays faisant partie des premières positions à avoir choisi un système de soins de santé privé. Par ailleurs, la question de privatisation de la santé pose la question du coût pour le citoyen qui devrait alors souscrire une police d'assurance, si on se base sur le modèle néerlandais, et faire jouer les règles de concurrence. Il est difficile d'assurer qu'il y a une corrélation entre des soins de santé privatisés et les pics d'épidémie que connaissent certains pays. En effet, si on observe le cas du Pays-Bas et de la Belgique, les courbes restent relativement similaires (nombre de cas par jour). Les Pays-Bas ont recensé 6.412 cas positifs au Covid-19, dont 356 décès. Le National Institute for Public Health and the Environment ajoute que 1.836 cas ont été admis à l'hôpital. En Belgique, 1.238 nouveaux cas ont été recensés le 25 mars, ce qui porte le nombre total de cas à 6.235 cas. 220 décès sont à déplorer sur le territoire. Au niveau de la situation dans les hôpitaux, 605 personnes infectées sont aux soins intensifs dont 420 sont sous assistance respiratoire. 675 personnes ont, depuis le début, quitté l'hôpital dont 128 mercredi.Dans cette crise sanitaire, ce sont surtout les mesures prises par les pays à des moments précis de l'épidémie, les comportements de chacun et la situation au sein des hôpitaux (capacité dans les hôpitaux, fournitures, etc.) qui ont des conséquences sur les chiffres recensés au quotidien.