Près d'un an après l'apparition du covid, on en connaît désormais les grandes lignes : il s'agit d'un virus qui se transmet essentiellement par le biais de gouttelettes de salives expulsées dans l'air lors de différents phénomènes (respiration, éternuement, parole, toux...). Une réalité qui a conduit à la distanciation sociale, à l'utilisation de masque et à d'autres mesures de sécurité.
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Près d'un an après l'apparition du covid, on en connaît désormais les grandes lignes : il s'agit d'un virus qui se transmet essentiellement par le biais de gouttelettes de salives expulsées dans l'air lors de différents phénomènes (respiration, éternuement, parole, toux...). Une réalité qui a conduit à la distanciation sociale, à l'utilisation de masque et à d'autres mesures de sécurité.Chaque mesure barrière réduit les "trous" desquels peuvent s'échapper ces gouttelettes, et diminue donc les risques d'être infecté par le covid. Et si justement, boucher les trous pouvait faire de nous des super-contaminateurs ? Une récente étude, publiée dans le journal Physic of Fluids, a identifié trois facteurs qui augmentent la probabilité d'infection.Dans le cadre de leur étude, les scientifiques ont utilisé une modélisation 3D afin de simuler numériquement les éternuements chez différents types de personnes :Cela leur a permis de déterminer les associations entre les caractéristiques physiologiques des personnes et la distance parcourue par les gouttelettes d'éternuement et leur persistance dans l'air.Durant leurs simulations, ils ont constaté que les caractéristiques buccales et nasales des personnes pouvaient effectivement augmenter leur potentiel de propagation de virus, en affectant la distance parcourue par les gouttelettes lors d'un éternuement. Les gouttelettes de salive étaient ainsi plus nombreuses (+300%) et voyageaient plus loin (+60%) chez les personnes avec un nez congestionné. Ce phénomène peut s'expliquer par un effet de "pression" et le "mécanisme des fluides". Lors d'un éternuement, un nez dégagé fournit une sortie supplémentaire, en plus de la bouche, pour évacuer les gouttelettes. Or, si cette zone est bouchée, les gouttelettes n'ont plus qu'un espace restreint pour sortir. Un effet de pression se crée alors, et les gouttelettes sont propulsées beaucoup plus rapidement hors de la bouche lors d'un éternuement.Si l'on suit cette logique, une dentition complète restreint également la zone de sortie et provoque une augmentation de la vitesse des gouttelettes. "Les dents créent un effet de rétrécissement du jet, qui le rend plus fort et plus violent ", explique le professeur Michael Kinzel, co-auteur de l'étude. "Les dents semblent en fait conduire la transmission. Donc, si vous voyez quelqu'un sans dents, vous pouvez vous attendre à un jet plus faible lors d'un éternuement ".Outre ces caractéristiques nasales et buccales, les scientifiques pointent également du doigt la texture de la salive. Selon les simulations, une salive plus fine entraîne des éternuements composés de gouttelettes plus petites. Cela crée donc un spray plus large qui reste dans l'air plus longtemps que la salive moyenne et épaisse. Le risque de contamination augmente donc à mesure que l'épaisseur de la salive diminue.Une salive plus épaisse retombe plus vite sur le sol et forme des aérosols moins grands. Cela se traduit par un risque de transmission réduit de 47%.Par exemple, trois secondes après un éternuement, lorsque la salive épaisse atteignait déjà le sol et diminuait ainsi le risque d'infection, la salive plus mince flottait quant à elle toujours dans l'air en tant que transmetteur potentiel de maladie.Les scientifiques sont très enthousiastes par rapport à leurs recherches. "Il s'agit de la première étude qui vise à comprendre le pourquoi sous-jacent de la distance parcourue par les éternuements", affirme Michael Kinzel. Ils espèrent que leur travail fournira des informations utiles pour développer de nouvelles mesures de sécurité plus précises, ainsi que des solutions pour réduire la transmission des agents pathogènes. "On espère que cela offrira de meilleures conditions pour faire face aux maladies habituelles ou aux pandémies à l'avenir", conclut-il.