Les émissions de gaz à effet de serre provenant du secteur de l'électricité ont diminué à une vitesse record en 2019 (12%), selon une étude publiée par les think thank Agora Energiewende (Allemagne) et Sandbag (Royaume-Uni). L'Agence internationale de l'énergie (AIE) confirme une baisse, bien que son estimation chiffrée soit différente. Cette diminution de CO2 est due à une baisse significative de la production d'électricité à partir de charbon dans tous les pays de l'UE, selon de récentes données sur les émissions du secteur de l'électricité en Europe, qui couvrent tous les États membres de l'UE, y compris le Royaume-Uni.
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Les émissions de gaz à effet de serre provenant du secteur de l'électricité ont diminué à une vitesse record en 2019 (12%), selon une étude publiée par les think thank Agora Energiewende (Allemagne) et Sandbag (Royaume-Uni). L'Agence internationale de l'énergie (AIE) confirme une baisse, bien que son estimation chiffrée soit différente. Cette diminution de CO2 est due à une baisse significative de la production d'électricité à partir de charbon dans tous les pays de l'UE, selon de récentes données sur les émissions du secteur de l'électricité en Europe, qui couvrent tous les États membres de l'UE, y compris le Royaume-Uni. La baisse en 2019 est la plus forte jamais enregistrée depuis au moins 1990. Tous les pays de l'UE dotés de centrales à charbon ont enregistré une diminution de l'électricité produite par ce moyen. Plus précisément, on peut l'attribuer principalement à l'Allemagne, l'Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l'Italie. Ces cinq pays ont représenté ensemble 80% de la baisse."Si vous regardez l'Europe occidentale, 70% de toutes les centrales au charbon seront progressivement éliminées au cours des cinq prochaines années", explique Kristian Ruby, secrétaire général d'Eurelectric, une association professionnelle, à Euractiv. "D'ici la fin des années 2020, le charbon ne restera en place que dans une minorité de marchés comme l'Allemagne, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie, la Tchéquie et la Slovénie."On peut expliquer cette baisse par un "effondrement de la production des centrales à charbon". Mais au profit de quoi? La première moitié de la capacité de production a été remplacée par les énergies renouvelables. Leur part est passée à 34,6% de la production totale, soit 1,8 % de plus qu'en 2018, un record. La seconde moitié est due à l'utilisation du gaz naturel. Ce type de combustible fossile émet environ 50% de carbone en moins que le charbon. L'effondrement des centrales à charbon "a été en partie déclenché par une augmentation du prix des émissions de CO2 à environ 25 euros par tonne, rendant l'électricité à forte intensité de carbone plus chère", ont déclaré les deux think tanks. Cela rend les centrales à charbon beaucoup moins rentables. L'année 2019 pourrait également avoir marqué un tournant décisif. Pour la première fois, les centrales éoliennes et solaires de l'UE ont produit plus d'électricité (14 % supplémentaires pour l'éolien, 7 % pour le solaire) que toutes les centrales au charbon réunies, indique encore l'étude. De plus, les pays qui ont été les plus ambitieux dans l'expansion de l'énergie éolienne et solaire ont connu une plus forte baisse des prix du marché de l'électricité. "L'Europe est un leader mondial pour ce qui est du remplacement rapide de la production de charbon par les énergies éolienne et solaire" confirme Dave Jones, analyste chez Sandbag. Le rapport pointe aussi des manquements. La production issue du secteur hydroélectrique a chuté de plus de 6% en 2019 en raison de "périodes de sécheresse persistantes", relève Usbek&Rica. Tout aussi inquiétant, les centrales nucléaires, "qui dépendent de l'eau des rivières pour se refroidir", ont également été touchées par la sécheresse, en particulier en juillet.Malgré la bonne nouvelle en matière d'émissions de CO2, l'Union européenne est toujours à la traîne par rapport à son objectif en matière d'énergies renouvelables pour 2020. Selon des données récentes d'Eurostat, l'UE a tiré 18% de son énergie de l'éolien, du solaire, de la biomasse et de l'hydroélectricité en 2018, soit un peu moins que les 20% initialement prévus. L'Europe est-elle dès lors en mesure d'atteindre un objectif plus ambitieux de 2030 ? Ce ne sera pas simple. De plus, selon l'étude, l'objectif de neutralité climatique d'ici 2050 nécessitera des mesures beaucoup plus audacieuses en matière d'énergies renouvelables et d'autres sources d'électricité à faible teneur en carbone. Un véritable défi, notamment en termes d'acceptation de la part des citoyens, mais surtout pour les autorisations et les déploiements de nouveaux réseaux.