La population waterlootoise bénéficie d'une excellente longévité : elle meurt un an et demi plus tard en moyenne qu'ailleurs en Belgique, soit à 81,5 ans. Dans une commune où les autorités publiques sont très attentives à la problématique du vieillissement, la solution pour héberger les seniors tout en proposant un logement aux jeunes s'est incarnée dans l'initiative Bella Vita. Un nom riche de promesses pour un projet de très grande ampleur. Un projet pilote en Belgique et en Europe qui entend " faire cohabiter les familles et les seniors dans un espace partagé qui répond aux besoins de chacun ", comme le vante la l...

La population waterlootoise bénéficie d'une excellente longévité : elle meurt un an et demi plus tard en moyenne qu'ailleurs en Belgique, soit à 81,5 ans. Dans une commune où les autorités publiques sont très attentives à la problématique du vieillissement, la solution pour héberger les seniors tout en proposant un logement aux jeunes s'est incarnée dans l'initiative Bella Vita. Un nom riche de promesses pour un projet de très grande ampleur. Un projet pilote en Belgique et en Europe qui entend " faire cohabiter les familles et les seniors dans un espace partagé qui répond aux besoins de chacun ", comme le vante la lettre d'information des entrepreneurs. Il s'agit de créer sur les quatorze hectares de l'ancienne ferme-école de l'IMP, le long de la drève des Dix Mètres, un ensemble intergénérationnel qui comprendra pas moins de 269 logements, dont quatre appartements sociaux, 109 unités en maison de repos et de soins, 50 lits en résidence-service, des équipements dont une crèche, une salle polyvalente d'une capacité de 250 personnes, une piscine, un hammam, un sauna, des parkings souterrains, des restaurants, un salon de thé, des espaces pour ateliers créatifs, des commerces... " Une charte imposera un tiers de jeunes dans les logements, explique Etienne Verdin. Comme on l'a fait pour le développement durable, il faut maintenant intégrer la notion d'intergénérationnel dans toutes les décisions de la commune. Il faut le faire, sinon Waterloo sera une commune de vieux. "Tout le monde ne partage pas l'enthousiasme de la majorité communale. Selon un comité de riverains et l'association interquartiers de Waterloo, le projet serait " faussement intergénérationnel ". L'ASBL, créée et pilotée par Bernard Catala, a déposé plusieurs recours contre le projet immobilier jusqu'en janvier 2011. " Nous avons trouvé quelques compromis mais les prix envisagés (3 000 euros le m²) vont en faire un ghetto de riches. Il n'y a quasiment rien de social prévu dans ce projet, alors que c'est le fondement même de l'intergénérationel. " L'avis de Roger Van Poucke (CDH), conseiller communal de l'opposition, est également bien tranché. " Waterloo est une commune de vieux. Il suffit de regarder les statistiques : il y a un profond déséquilibre entre le nombre de jeunes et de seniors. Normalement, avec 30 000 habitants, on devrait avoir 400 naissances par an. On est à peine à la moitié (207 en 2011). L'intergénérationnel ne fonctionnera pas tant qu'on ne fera pas du logement public, moyen ou social. " Les promoteurs répliquent : " La pyramide des âges fera partie de l'acte de base de la copropriété et devra être respectée. Le fait que les bâtiments soient relativement petits - entre 50 et 150 m² - en fera des biens accessibles aux jeunes couples actifs ", réplique Gaël Cruysmans, administrateur de la société Bella Vita, que JCX et Immobel ont mise sur pied pour réaliser le projet. Avec un chantier démarré en juin dernier, le projet Bella Vita devrait être achevé d'ici à l'été 2014. Objectif : assurer 35 % de résidents de moins de 55 ans sur le site. Un beau challenge en perspective. A. D ET R.N.