Les révélations du Financial Times n'ont laissé personne de marbre. Dimanche, le quotidien britannique révèle que les entreprises pharmaceutiques Pfizer et Moderna ont augmenté les prix de leur vaccin contre le coronavirus. Plus encore : cette augmentation intervient dans le cadre d'un nouvel accord avec l'Union européenne.
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Les révélations du Financial Times n'ont laissé personne de marbre. Dimanche, le quotidien britannique révèle que les entreprises pharmaceutiques Pfizer et Moderna ont augmenté les prix de leur vaccin contre le coronavirus. Plus encore : cette augmentation intervient dans le cadre d'un nouvel accord avec l'Union européenne.Le nouveau prix pour un vaccin de Pfizer passerait de 15,5 à 19,5 euros. Celui de Moderna, qui était de 19 euros, grimpe à 21,5 euros. A grande échelle, l'augmentation est considérable.Pourquoi une telle augmentation, en accord avec l'UE, dans un timing où les pays se battent dans une course contre-la-montre face au variant Delta ? Et alors que d'autres pays n'ont tout simplement pas les moyens de s'offrir suffisamment de doses pour protéger leurs populations, au point que les dons fusent de part et d'autre.Selon une source citée par le Financial Times, les producteurs demandent davantage d'argent car ces vaccins fonctionneraient mieux que ceux de leurs concurrents... et que le vaccin actuel reste efficace contre les variants. Mais ce n'est pas l'unique raison. Les futures livraisons comprendront des 'nouveaux' vaccins, adaptés aux variants. Et qui dit nouveauté, dit forcément augmentation des prix. Autre explications : l'UE requiert également que la majeure partie de la production soit réalisée sur le territoire européen. "On les adapte, c'est demandé dans les contrats qui sont en cours de négociation, aux variants. On demande aussi que l'essentiel de la production, près de 300 composants des vaccins, soient produits sur le territoire européen", explique Clément Beaune, Secrétaire d'État français chargé des affaires européennes, sur RFI. Malgré les diverses justifications, l'annonce a provoqué l'indignation en Belgique. Le virologue Emmanuel André s'est dit révolté. "Pour mettre fin à cette pandémie, on a besoin de plus de vaccins, rapidement. Mais ce à quoi on assiste, c'est une course à l'enrichissement de la part de #Pfizer et une accumulation des doses dans les pays qui peuvent payer un prix artificiellement élevé", s'est-il exprimé sur Twitter. "Cela me révolte", a-t-il ajouté. L'affaire est également récupérée politiquement. Le PTB y voit un "hold-up sur notre sécurité sociale. Pfizer et Co n'ont aucun scrupule", s'est indigné Marc Botenga, député européen PTB. "En refusant de lever le brevet, la Commission européenne est complice", a-t-il asséné. "#Pfizer et #Moderna vont vendre pour 33,5 Mds $ et 19,2 Mds € de vaccins en 2021 mais la Commission UE accepte d'AUGMENTER leur prix respectif de 20 & 13%, tout en refusant de lever les brevets pour en faciliter l'accès aux pays du Sud. Des gens meurent. #BigPharma se gave", s'indigne l'économiste français Maxime Combes. A la question de savoir s'il faut se révolter sur l'augmentation des prix de Pfizer et Moderna, le politologue Pascal Delwit répond simplement "Oui", sur Twitter. Enfin, la nouvelle a également inspiré le dessinateur Allan Barte, qui rebondit sur un constat d'Oxfam, estimant que les monopoles des vaccins rendent au moins 5 fois plus cher le coût des vaccins anti-Covid