Si les ténors républicains ont reconnu que le démocrate était le nouveau président légitime des Etats-Unis, dans les couloirs du Capitole, siège du Congrès, ils sont peu à contredire le tempétueux milliardaire, affirmant vouloir plutôt se concentrer sur les élections parlementaires cruciales de 2022. "Tout cela est derrière nous", a affirmé mardi à l'AFP le sénateur républicain du Texas John Cornyn.

Critiques très rares

Mais Donald Trump, qui n'a jamais formellement reconnu la victoire de son rival, ne veut pas tourner la page. "Regardez juste les faits et les données: il n'a absolument pas pu remporter l'élection présidentielle de 2020!", a encore écrit le magnat de l'immobilier dimanche soir. Même si ses dizaines de recours contre les résultats de l'élection ont été rejetés par les tribunaux, ses allégations martelées depuis des mois ont pris racine chez les électeurs républicains: un sondage de la chaîne CBS montrait récemment que 67% d'entre eux estimaient que Joe Biden n'était pas le vainqueur légitime. "Je suis d'accord avec eux à 100%" a réagi le milliardaire, qui, privé de réseaux sociaux, multiplie les communiqués depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride.

Un "grand mensonge" dangereux, selon l'élue républicaine Liz Cheney. Car il a déjà provoqué l'assaut meurtrier du 6 janvier mené par des manifestants pro-Trump, estime-t-elle, et il pourrait de nouveau inciter des violences. L'élue du Wyoming figurait parmi les rares républicains - 10 sur 211 - à avoir voté à la Chambre des représentants avec les démocrates pour accuser Donald Trump d'"incitation à l'insurrection" dans cette attaque. Il avait ensuite été acquitté par le Sénat en février, faute de voix suffisantes dans son "Grand Old Party".

Liz Cheney, Républicaine anti-Trump, Reuters
Liz Cheney, Républicaine anti-Trump © Reuters

Mais ces vives critiques sont très rares chez les républicains du Congrès. Et ont valu la semaine dernière à cette conservatrice issue d'une puissante dynastie politique d'être évincée de la hiérarchie du parti. Désormais à sa place de numéro trois des républicains à la Chambre, la jeune élue Elise Stefanik relaie elle aussi les soupçons de fraudes dans certains Etats. Et juge que Donald Trump est "essentiel" pour que l'opposition républicaine reprenne le contrôle du Congrès en 2022, lors des élections parlementaires des "midterms".

"Pas vu"

D'autres craignent au contraire que les accusations à répétition lancées par Donald Trump contre le système électoral sapent la confiance de ses électeurs, et les découragent d'aller voter. Mais la plupart évitent de le critiquer frontalement, sans doute soucieux de ne pas s'attirer les foudres des électeurs républicains, chez qui il reste très populaire.

Reuters
© Reuters

Après l'avoir déclaré "responsable" des violences du Capitole en février, le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell esquive ainsi soigneusement les questions sur le milliardaire, à qui il dit n'avoir pas parlé depuis décembre. D'autres parlementaires bottent aussi en touche. Donald Trump vous empêche-t-il de vous concentrer sur 2022 en reparlant de Joe Biden et de la dernière présidentielle? "Je n'ai pas vu le communiqué", répondait mardi, à deux reprises, à l'AFP l'élu républicain de la Chambre Byron Donalds, avant de reprendre la ligne du parti: "Nous nous concentrons sur (...) les mauvaises politiques" de l'administration Biden "et nous nous attachons à reprendre la Chambre en 2022".

Trump, "un atout"

Mais la majorité des républicains du Congrès soutient l'ex-président... et ses allégations. "Il y a certainement eu fraude", affirmait mardi à l'AFP le conservateur Louie Gohmert, autre élu de la chambre basse. "Tout ce que je sais, c'est que de nombreux Américains ont des inquiétudes sur la façon dont l'élection de 2020 a été menée", renchérissait Jim Jordan, grand allié de Donald Trump à la Chambre.

L'ex-président doit-il s'impliquer dans la campagne des "midterms"? "Oh, il sera définitivement impliqué", a-t-il lancé à l'AFP dans un éclat de rire. "C'est toujours un atout quand le dirigeant d'un parti s'implique dans les élections."

La Trump Organization visée par une enquête pénale

La Trump Organization, le conglomérat appartenant à la famille de l'ex-président américain Donald Trump, est visée par une enquête pénale. "Nous avons informé la Trump Organization que notre enquête sur cette organisation n'est plus uniquement de nature civile", a indiqué Fabien Levy, porte-parole de la procureure de l'Etat de New York Letitia James. "Nous enquêtons maintenant activement sur la Trump Organization en matière pénale, conjointement avec le procureur de Manhattan", a-t-elle ajouté.

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La Trump Organization regroupe des centaines d'entreprises liées à Donald Trump ou à ses proches, notamment des hôtels, des sociétés immobilières et des terrains de golf.Le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, un démocrate, a démarré en 2018 une enquête initialement centrée sur des paiements effectués, avant la présidentielle de 2016, à deux maîtresses présumées du milliardaire républicain, et désormais élargie à des allégations de fraude fiscale, fraude aux assurances ou fraude bancaire.

Cette enquête se déroule de façon confidentielle devant un grand jury. Le procureur Vance a obtenu en février les déclarations de revenus de Donald Trump sur les huit dernières années ainsi que celles de la Trump Organization, au terme d'une longue bataille juridique. Donald Trump, qui a quitté la Maison Blanche en janvier, nie toute malversation et a qualifié l'enquête de "poursuite de la plus grande chasse aux sorcières politique de l'histoire de notre pays".

Si les ténors républicains ont reconnu que le démocrate était le nouveau président légitime des Etats-Unis, dans les couloirs du Capitole, siège du Congrès, ils sont peu à contredire le tempétueux milliardaire, affirmant vouloir plutôt se concentrer sur les élections parlementaires cruciales de 2022. "Tout cela est derrière nous", a affirmé mardi à l'AFP le sénateur républicain du Texas John Cornyn. Mais Donald Trump, qui n'a jamais formellement reconnu la victoire de son rival, ne veut pas tourner la page. "Regardez juste les faits et les données: il n'a absolument pas pu remporter l'élection présidentielle de 2020!", a encore écrit le magnat de l'immobilier dimanche soir. Même si ses dizaines de recours contre les résultats de l'élection ont été rejetés par les tribunaux, ses allégations martelées depuis des mois ont pris racine chez les électeurs républicains: un sondage de la chaîne CBS montrait récemment que 67% d'entre eux estimaient que Joe Biden n'était pas le vainqueur légitime. "Je suis d'accord avec eux à 100%" a réagi le milliardaire, qui, privé de réseaux sociaux, multiplie les communiqués depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride.Un "grand mensonge" dangereux, selon l'élue républicaine Liz Cheney. Car il a déjà provoqué l'assaut meurtrier du 6 janvier mené par des manifestants pro-Trump, estime-t-elle, et il pourrait de nouveau inciter des violences. L'élue du Wyoming figurait parmi les rares républicains - 10 sur 211 - à avoir voté à la Chambre des représentants avec les démocrates pour accuser Donald Trump d'"incitation à l'insurrection" dans cette attaque. Il avait ensuite été acquitté par le Sénat en février, faute de voix suffisantes dans son "Grand Old Party".Mais ces vives critiques sont très rares chez les républicains du Congrès. Et ont valu la semaine dernière à cette conservatrice issue d'une puissante dynastie politique d'être évincée de la hiérarchie du parti. Désormais à sa place de numéro trois des républicains à la Chambre, la jeune élue Elise Stefanik relaie elle aussi les soupçons de fraudes dans certains Etats. Et juge que Donald Trump est "essentiel" pour que l'opposition républicaine reprenne le contrôle du Congrès en 2022, lors des élections parlementaires des "midterms".D'autres craignent au contraire que les accusations à répétition lancées par Donald Trump contre le système électoral sapent la confiance de ses électeurs, et les découragent d'aller voter. Mais la plupart évitent de le critiquer frontalement, sans doute soucieux de ne pas s'attirer les foudres des électeurs républicains, chez qui il reste très populaire.Après l'avoir déclaré "responsable" des violences du Capitole en février, le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell esquive ainsi soigneusement les questions sur le milliardaire, à qui il dit n'avoir pas parlé depuis décembre. D'autres parlementaires bottent aussi en touche. Donald Trump vous empêche-t-il de vous concentrer sur 2022 en reparlant de Joe Biden et de la dernière présidentielle? "Je n'ai pas vu le communiqué", répondait mardi, à deux reprises, à l'AFP l'élu républicain de la Chambre Byron Donalds, avant de reprendre la ligne du parti: "Nous nous concentrons sur (...) les mauvaises politiques" de l'administration Biden "et nous nous attachons à reprendre la Chambre en 2022".Mais la majorité des républicains du Congrès soutient l'ex-président... et ses allégations. "Il y a certainement eu fraude", affirmait mardi à l'AFP le conservateur Louie Gohmert, autre élu de la chambre basse. "Tout ce que je sais, c'est que de nombreux Américains ont des inquiétudes sur la façon dont l'élection de 2020 a été menée", renchérissait Jim Jordan, grand allié de Donald Trump à la Chambre. L'ex-président doit-il s'impliquer dans la campagne des "midterms"? "Oh, il sera définitivement impliqué", a-t-il lancé à l'AFP dans un éclat de rire. "C'est toujours un atout quand le dirigeant d'un parti s'implique dans les élections."