Il y a quelques mois, Donald Trump, alors encore président des Etats-Unis, squattait le devant de la scène médiatique : tweets en folie, Une des journaux de tous bords et figure phare des chaines d'information en continu. Mais depuis la victoire de son rival démocrate Joe Biden et sa suspension de certains réseaux sociaux, le milliardaire se fait beaucoup plus discret. Un pas de côté qui ne devrait pas durer mais qui, en attendant, faire beaucoup plus de mal aux audiences des médias qu'à se propre image.
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Il y a quelques mois, Donald Trump, alors encore président des Etats-Unis, squattait le devant de la scène médiatique : tweets en folie, Une des journaux de tous bords et figure phare des chaines d'information en continu. Mais depuis la victoire de son rival démocrate Joe Biden et sa suspension de certains réseaux sociaux, le milliardaire se fait beaucoup plus discret. Un pas de côté qui ne devrait pas durer mais qui, en attendant, faire beaucoup plus de mal aux audiences des médias qu'à se propre image.Il faut dire que la rupture de style entre Joe Biden et Donald Trump est totale. Pendant quatre ans, les punchlines et frasques de l'ancien président ont fait les choux gras de la presse, américaine mais aussi mondiale. Aux antipodes, l'Amérique se retrouve aujourd'hui avec un président posé et discret, presque trop. La relation entre Donald Trump et les médias est particulière à plusieurs égards. Si les deux ne s'apprécient guère, nul ne niera qu'ils se sont nourris l'un l'autre pendant quatre ans. Si Trump déteste les "fake news media" et ne s'en cache pas, il adore en revanche est l'objet de toutes les attentions. Qu'on parle de lui en bien ou en mal, l'important c'est qu'on parle de lui. Il en est bien conscient et en a joué durant tout son mandat. Une stratégie qui, s'il n'a pas été réélu, a été hautement favorable pour soigner son image et sa popularité au sein de sa base, mobilisée comme jamais pour faire campagne à ses côtés et voter pour lui en novembre dernier. L'inverse est aussi vrai. Pour les médias, Trump est synonyme d'audience. Et l'effet se fait ressentir depuis son départ. La chaîne d'information CNN incarne cette chute soudaine, avec plus de la moitié de son audience envolée entre janvier et la première quinzaine de mars sur la case reine du "primetime" (20H30 à 22H00). Ses rivales MSNBC et Fox News s'en tirent mieux mais affichent également un recul, bien qu'ayant des lignes éditoriales opposées: la première anti-Trump, la seconde pour. Côté presse, le New York Times a perdu près de 20 millions de visiteurs uniques sur son site entre janvier et février aux Etats-Unis, et le Washington Post, près de 30 millions. Pour autant, malgré ce reflux marqué de leur fréquentation, les grands médias nationaux sont en bien meilleure forme qu'avant l'entrée en campagne de Donald Trump en 2015. CNN affiche toujours une audience plus que doublée par rapport à l'ensemble de l'année 2014, quand MSNBC l'a, elle, triplé. En quatre ans seulement, soit la durée du mandat de Donald Trump à la Maison Blanche, le New York Times a multiplié par 2,6 son portefeuille d'abonnés et échappé à la crise de la presse écrite, avec laquelle se débat encore une bonne partie du secteur.Lorsque Twitter a annoncé la suspension permanente du compte de Donald Trump après l'assaut du 6 janvier sur le Capitole américain, le réseau social s'est justifié en évoquant le risque de nouvelles incitations à la violence. Près de trois mois plus tard, le nombre de publications aux affirmations politiques erronées ou trompeuses a connu une baisse spectaculaire aux Etats-Unis. Sans le volcanique Trump, et avec un Biden jugé ennuyeux, les Américains semblent délaisser la vie politique et pour se pencher sur la reprise économique et à la campagne de vaccination contre le Covid. C'est cette bascule, plutôt qu'un changement fondamental dans la manière dont se répandent les fausses informations, qui est à l'origine de ce faible niveau de publications mensongères, selon des experts. "Le facteur le plus important a été de priver Donald Trump de son audience", soutient le professeur Russell Muirhead, co-auteur de A Lot of People Are Saying ("Beaucoup disent que...", non traduit), une expression que l'ancien président américain utilisait régulièrement avant de lancer des affirmations sans fondement. "Cela a entraîné la disparition d'une tempête quotidienne de désinformation dans l'écosystème." Mais l'effet risque d'être de courte durée : les théories du complot sur les vaccins ont proliféré au début de 2021.Mais où est donc l'ancien président ? Après l'investiture de Joe Biden, des membres du mouvement QAnon ont affirmé que Trump reviendrait au pouvoir le 4 mars, poussant les autorités fédérales à renforcer la sécurité. Mais la date du 4 mars est passée sans encombre. Pourquoi certains continuent-ils de partager des informations erronées? Début mars, des chercheurs ont affirmé que les Américains propagent de fausses informations sur les réseaux sociaux simplement parce qu'ils ne se demandent pas si le contenu est vrai ou faux.Trump, privé de ses caisses de résonance qu'étaient Facebook et surtout Twitter, semble isolé. Mais cette retraite est relative et vraisemblablement stratégique. Son entourage a d'ailleurs laissé entendre qu'il pourrait lancer son propre réseau social pour effectuer son grand retour sous les projecteurs. Mais un réseau social est généralement destiné à dépasser la sphère politique. Et Trump n'attirera jamais sur son réseau que des personnes qui ont les mêmes sensibilités que lui. Les autres comme TikTok ou Clubhouse visent l'ensemble du marché américain. Le businessman peut-il s'emparer de ce marché ?