L'association L214 est impliquée dans la lutte pour les droits des animaux. Elle a dévoilé ce matin des images choquantes d'un élevage en Vendée. Ce nouveau scandale sanitaire survient un an seulement après que l'association ait publié une vidéo montrant les conditions d'élevage des poules pondeuses de la marque Matine, incitant la firme à retirer 2 millions oeufs des rayons des supermarchés.

L'élevage en question possède 1600 000 poules en cages, réparties dans deux bâtiments. La vidéo tournée en caméra cachée le 4 mai montre des poules installées dans des conditions sanitaires déplorables. Les animaux sont pour la plupart déplumés et blessés. Ils montrent pour certains des infections du cloaque ou des abcès à l'oeil. Des cadavres gisent parmi les bêtes, bloquant la circulation des oeufs. Les poules sont entassées dans des cages et ne bénéficient que de peu de lumière. Il est également possible de constater la présence de parasites sur les oeufs. Aucun soin n'est administré aux poules malades.

L'association L214 a porté plainte contre l'élevage pour non-conformité aux normes réglementaires sur l'aménagement des poules en cage; ainsi que pour maltraitance des animaux auprès du tribunal de grande instance de la Roche-sur-Yon. L'aménagement des cages des poules en batterie est soumis à une réglementation européenne en application depuis 2012. Cette réglementation impose un espace de 750cm2 par poule, comprenant un nid, un perchoir, ainsi qu'une aire de picotage et de grattage. C'est cette dernière partie qui ferait défaut à l'élevage filmé par l'association.

L'élevage en question appartient au groupe Les OEufs Geslin, un des fournisseurs de Panzani et de sa Lustucru sélection. Son directeur Benoit Geslin nie la maltraitance. Il a déclaré à la chaine RTL " On est face à un problème de santé dans ce bâtiment-là puisque ce sont des animaux malades. Le lot est suivi au quotidien par les gens qui travaillent chez nous et puis également par notre vétérinaire-conseil et cela ne reflète pas l'état général du propos. On ne peut pas amalgamer la négligence, parce qu'on n'est pas dans de la négligence de suivi d'élevage, à une pathologie sur l'animal."

Parallèlement à la diffusion des images, L214 a également lancé aujourd'hui une pétition demandant à Panzani de ne plus utiliser d'oeufs provenant d'élevage de poules en batterie. "Il nous semble important de mettre aujourd'hui ces images à disposition du public et le groupe Panzani devant sa responsabilité face à la cruauté de l'élevage en cage. Nous lui demandons de s'engager à exclure tous les oeufs de poules élevées en cage de ses produits, comme l'ont fait ses principaux concurrents" déclare Brigitte Gothière, co-fondatrice de l'association. De plus en plus d'entreprises, telles que les chaines de grandes distributions, s'engagent à se détourner des oeufs en provenance de ce type d'élevage.

En Belgique, l'association Global Actions in the Interest of Animals (GAIA) se réjouit de voir que les oeufs de poules élevées en cages ne sont plus présents dans les rayons depuis 2010. De même, Macdonald Belgique (en 2013), Lu Belgique (2013) Leonidas et Pizza Hut Belgique (2015) et Sodexo (2016) e ont cessé l'utilisation de ces oeufs dans la confection de leur produit. S'ajoutera à cette liste la chaine de fast food Quick en 2018.

Comment savoir de quel type d'élevage viennent les oeufs ?· L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaine alimentaire arffirme que tous les oeufs doivent obligatoirement porter une mention indiquant la méthode l'élevage. Cette provenance est indiquée par la présence d'un numéro entre 0 et 3. 0= bio (0BE001), 1 = élevage en plein air (1BE001), 2= élevage au sol (2BE001), 3= élevage en cage (3BE001).

Pour Brigitte Gothière l'élevage en cage doit tout simplement cesser. "Infliger une telle souffrance à des animaux ne peut se prévaloir d'aucune excuse, quand la majorité des citoyens se prononce largement contre l'élevage en cage. La situation de cet élevage est catastrophique, mais voyons plus loin : c'est l'élevage en batterie dans son ensemble qu'il faut abolir sans attendre."

Chloé de Radzitzky