Certes, le conflit israélo-palestinien récemment ranimé n'a fait que raviver sa popularité auprès de toute une frange de la classe politique démocrate, jeune, progressiste et fortement opposée au soutien presque inconditionnel dont jouit Israël de la part des Etats-Unis depuis sa création en 1948 et plus encore depuis la Guerre des Six jours. Mais c'est Donald Trump, lorsqu'il s'est ouvertement opposé en 2019 à elle et au groupe de femmes démocrates d'origine étrangère élues au Congrès, qui a placé Rashida Tlaib sur la carte politique américaine.
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Certes, le conflit israélo-palestinien récemment ranimé n'a fait que raviver sa popularité auprès de toute une frange de la classe politique démocrate, jeune, progressiste et fortement opposée au soutien presque inconditionnel dont jouit Israël de la part des Etats-Unis depuis sa création en 1948 et plus encore depuis la Guerre des Six jours. Mais c'est Donald Trump, lorsqu'il s'est ouvertement opposé en 2019 à elle et au groupe de femmes démocrates d'origine étrangère élues au Congrès, qui a placé Rashida Tlaib sur la carte politique américaine. Juriste de formation, Palestinienne d'origine - ses deux parents y sont nés -, députée du treizième district de l'Etat du Michigan depuis 2019, Rashida Tlaib est connue pour ses positions tranchées envers la politique de colonisation israélienne. Opposée à la solution à deux Etats pourtant préconisée par les lobbies israéliens les plus mesurés, elle s'est depuis longtemps mise hors-jeu aux yeux de ces derniers, ainsi que de l'ensemble du Parti républicain comme des démocrates les plus traditionalistes en politique étrangère. Partisane de la solution à un Etat binational, farouche défenseuse de la politique du boycott, du désinvestissement et des sanctions à l'égard d'Israël, elle s'est vu retirer, en août 2019 sur pression de Donald Trump lui-même, la possibilité de se rendre dans l'Etat hébreu. Elle devait obtenir le droit le lendemain, "pour raisons humanitaires", d'aller voir sa famille en Cisjordanie, sésame qu'elle refusa, citant "l'inanité de ces conditions oppressantes". Aînée de quatorze enfants, elle a été élue au Congrès en 2019 grâce notamment aux voix de la communauté arabe de la ville de Detroit, dont la moitié - la plus pauvre - est comprise dans son district. Lors de la visite du président américain, le 18 mai, d'une usine automobile d'avant-garde du groupe Ford (le même qui a jadis employé son père) à Dearborn, dans le Michigan, Rashida Tlaib, alors même qu'une importante manifestation de soutien au peuple palestinien avait lieu en ville, a accueilli Joe Biden en l'implorant de favoriser davantage les droits des Palestiniens et de revoir la politique d'aide financière américaine systématique à l'Etat hébreu. Membre du réseau des Démocrates socialistes des Etats-Unis, comme son amie la jeune députée du Bronx Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib fait partie de cette nouvelle génération d'élues de gauche dont le destin est inséparable des revendications raciales qui secouent les Etats-Unis, particulièrement depuis une demi-douzaine d'années. Sur ces mêmes revendications sont désormais venus se greffer des appels à davantage de protection du peuple palestinien, appels d'ailleurs relayés par une faction sans cesse grandissante de parlementaires démocrates, et de l'opinion publique. La moitié des sympathisants du parti estime désormais qu'il revient à Israël de faire davantage pour participer à une résolution pacifique du conflit.