La popularité de Boris Johnson a souvent varié au gré des avancées sur le Brexit et des critiques sur sa gestion de la crise du coronavirus. Mais depuis quelques temps, la tension semblait être retombée, dans le sillage d'une campagne de vaccination rondement menée. Mais c'était sans compter sur des révélations successives et sur la rancoeur tenace de son ex-conseiller, Dominic Cummings. Dans un long billet sur son blog, il étrille le Premier ministre et met en cause son intégrité.
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La popularité de Boris Johnson a souvent varié au gré des avancées sur le Brexit et des critiques sur sa gestion de la crise du coronavirus. Mais depuis quelques temps, la tension semblait être retombée, dans le sillage d'une campagne de vaccination rondement menée. Mais c'était sans compter sur des révélations successives et sur la rancoeur tenace de son ex-conseiller, Dominic Cummings. Dans un long billet sur son blog, il étrille le Premier ministre et met en cause son intégrité."Plus de putains de confinements, laissons les corps s'accumuler par milliers." Cette phrase aurait été prononcé par Boris Johnson au cours d'une réunion fin octobre, selon le Daily Mail, qui ne précise pas ses sources. Le Daily Mail souligne néanmoins que Cummings a conservé des enregistrements audio et autres traces écrites de réunions importantes, avant son houlaux départ de Downing Street. Le Premier ministre aurait tenu ces propos après s'être résolu à décréter un deuxième confinement d'un mois en novembre. Des déclarations qui choquent au Royaume-Uni, pays grandement endeuillé par le Covid avec plus de 127.000 morts, plus que dans tout autre pays d'Europe.A-t-il vraiment tenu ces propos ? "Non, mais je pense que la chose importante que les gens veulent de la part du gouvernement, c'est de nous assurer que les mesures de confinement fonctionnent", répond le principal intéresse lors d'un déplacement. Mais malgré ce démenti, ainsi que celui de Downing Street et le ministre de la Défense Ben Wallace, la BBC a indiqué avoir eu confirmation que Boris Johnson a bien tenu ces propos.Boris Johnson se débat également une polémique au sujet du financement de la rénovation de son appartement. La Commission électorale britannique a ouvert une enquête sur la rénovation de l'appartement occupé par Boris Johnson à Downing Street. Le Premier ministre est accusé d'avoir financé ces travaux par des dons privés.Boris Johnson a réfuté toute violation des règles : "C'est moi qui ai couvert les coûts (...) et je peux vous dire que je me suis conformé complètement au code de conduite, au code ministériel", a-t-il expliqué devant les députés. Un porte-parole du gouvernement a indiqué que les coûts de la rénovation de l'appartement avaient été pris en charge par Boris Johnson, sans préciser si le dirigeant avait ou non bénéficié d'un prêt qu'il avait ensuite remboursé. Mais du côté de la Commission électorale, on est "convaincus qu'il existe des motifs raisonnables de soupçonner qu'une ou plusieurs infractions ont pu se produire", raison pour laquelle l'enquête aura bien lieu. Si la situation n'est pas confortable pour le Premier ministre, le timing l'est encore moins. Ces attaques sont particulièrement malvenues pour Boris Johnson, déjà mis en cause dans un scandale de lobbying éclaboussant certains membres de son gouvernement, à une semaine des élections locales du 6 mai prochain.En attendant, Boris Johnson se retrouve isolé à Downing Street, sans personne de confiance de longue date, et risque de devenir "incontrôlable", selon des sources conservatrices, citée par The Guardian. Les deux conseillers les plus proches sont jugés comme insuffisamment expérimentés politiquement pour gérer ces scandales. Ses opposants politiques n'ont d'ailleurs pas manqué l'occasion. Appelant le Premier ministre à s'expliquer devant les députés, le chef de file des indépendantistes écossais au Parlement de Westminster, Ian Blackford, a estimé sur Twitter que si les propos concernant le Covid étaient "vrais", Boris Johnson devrait démissionner. Le chef de l'opposition, le travailliste Keir Starmer, a appelé quant à lui à une "enquête complète et transparente sur tout ce qui se passe".