Lundi 23 août, jour J : après un démarrage lent et difficile - seule une soixantaine de personnes avaient pu être rapatriées depuis Kaboul vendredi soir - l'opération Red Kite s'accélère ce lundi.

Après l'atterrissage de deux avions ce matin en Belgique, un C-130 belge a également atterri ce lundi dans la capitale pakistanaise Islamabad avec à son bord plus de cent personnes qui avaient été évacuées de Kaboul, en Afghanistan. Pour l'évacuation des civils d'Afghanistan, l'armée belge a mis en place un pont aérien entre la capitale afghane Kaboul et Islamabad, au Pakistan voisin. Deux C-130 effectuent plusieurs vols par jour entre les deux capitales. Lundi, quatre vols au total sont prévus.

226 de retour en Belgique

Deux vols de rapatriement sont par ailleurs arrivés d'Islamabad en Belgique ce lundi matin. Initialement, il a été annoncé qu'un total de 400 personnes seraient à bord des deux avions. Mais selon la Défense, sur les 400 personnes évacuées de Kaboul ce week-end, seules 226 personnes sont finalement arrivées en Belgique lundi matin : le premier avion comptait 193 passagers, le second 33.

Un avion civil de la compagnie Air Belgium s'est posé lundi à 8h27 sur le tarmac de l'aéroport militaire de Melsbroek en provenance d'Islamabad, capitale du Pakistan. Les premiers passagers ont été emmenés directement dans des bus sous escorte policière vers la caserne militaire de Peutie pour des contrôles d'identité et médicaux, dont un test PCR pour le Covid-19.

Le second avion, un Airbus A330 MRTT, est également arrivé à l'aéroport militaire de Melsbroek peu avant 10h.

Un soulagement pour ces nombreux Belges coincés jusqu'ici en Afghanistan. Mais il reste encore beaucoup à faire pour assurer la sécurité de tous : "Nous continuerons de tout faire pour soustraire autant de personnes que possible d'une situation très menaçante ", s'exprimait sur Twitter la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmes.

Qui est rapatrié en Belgique ?

L'opération Red Kite a été lancée par le gouvernement fédéral pour permettre à des centaines de personnes de quitter l'Afghanistan, tombée aux mains des talibans. Mais qui sont ces personnes ? Les Belges, avant tout, et leurs 'ayants droit' - c'est-à-dire conjoint ou enfants n'ayant pas la nationalité belge.

Elle vise aussi des Afghans qui ont travaillé pour la Belgique, notamment les interprètes, ou pour des organisations internationales humanitaires et de défense des droits humains. "Ils devront le démontrer par des preuves documentaires, telles que des contrats ", a indiqué le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V) ce matin sur Radio 1. " Il y a une représentation consulaire à Kaboul pour s'assurer que les personnes qui prennent l'avion sont bien sur notre liste. Ces personnes ont été contrôlées par les différents services de sécurité de notre pays. Nous devons nous assurer que sur le terrain, dans le chaos, tout le monde puisse monter dans l'avion le plus facilement possible. "

Après leur retour en Belgique, toutes ces personnes seront ensuite emmenées à la caserne militaire de Peutie (Vilvoorde) pour des contrôles d'identité et médicaux (Ndlr : testing covid) avant d'être réparties en fonction de leur statut. La Sûreté de l'État et le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS- militaire) effectueront également des contrôles.

À la demande de l'État belge, la Croix-Rouge de Belgique prépare 220 places d'accueil pour les personnes rapatriées d'Afghanistan qui pourraient demander une protection internationale de la Belgique. 160 se trouvent en Wallonie (Tournai, Bierset, Rendeux et Fraipont) et 60 autres sont en Flandre.

Des Belges bloqués à Kaboul ?

À bord de ces deux avions, on retrouve les 250 personnes rapatriées jusqu'au Pakistan samedi - dont 93 Belges et ayant-droits -, ainsi que les 175 personnes évacuées ce dimanche - dont 136 Belges (hommes, femmes et enfants) mais aussi des Néerlandais et un diplomate américain. Pour autant, tous les Belges ne sont pas parvenus à prendre ces premiers avions. Certains seraient même encore bloqués à Kaboul, selon des images envoyées à RTL.

Dans une vidéo, on aperçoit un groupe composé d'une septantaine de personnes, qui brandissent des drapeaux noir-jaune-rouge. Ils lancent un appel à l'aide aux autorités : "Certains ont des papiers, mais pas toute leur famille. Vous devez penser à eux aussi. Ils n'ont personne pour les aider et leur vie est en danger. S'il vous plaît".

Interrogée par la chaîne de télévision, Sophie Wilmes s'exprimait sur la situation ce dimanche : "J'ai demandé que le contact soit pris avec ces personnes, pour pouvoir exactement les identifier. Et voir évidemment ce qu'il est possible de faire avec nos partenaires américains pour les diriger vers les portes d'entrée. Effectivement, ce trajet est difficile. On doit fendre des foules avec des milliers de personnes qui s'amassent."

Un accès difficile à l'aéroport

Au vu du chaos qui règne encore dans le pays, il est très difficile pour les Belges et les Afghans de se rendre à l'aéroport. Les talibans contrôlent en effet toutes les routes d'accès. "Sur la base des informations dont nous disposons actuellement, les Européens ont un peu plus de facilité à passer à travers [ces zones de contrôle]. Mais pour les Afghans, il reste très difficile d'atteindre l'aéroport", s'inquiétait Sammy Mahdi ce matin sur Radio1.

Pour autant, le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration ne rejette pas entièrement la faute sur les États-Unis. L'Union européenne a également sa part de responsabilité dans ce chaos, mais également les autorités belges. "Afin de pouvoir récupérer nos compatriotes en toute sécurité, nous devons demander aux Américains de bien contrôler l'aéroport. Cela en dit long sur l'Union européenne. Cela en dit également long sur le fait que nous n'investissons pas suffisamment dans notre sécurité ici, mais aussi en Afghanistan", déclarait-il à VTM Nieuws.

Un avis partagé par le Premier ministre Alexander De Croo, qui estime qu'une "meilleure coopération de l'UE est nécessaire". Chaque pays organise ses propres évacuations, sans coordination quelconque. "C'est à une époque comme maintenant, où tout est très chaotique et dangereux, que les pays européens doivent avoir un système de coordination et d'entraide ", ajoute-t-il.

Lundi 23 août, jour J : après un démarrage lent et difficile - seule une soixantaine de personnes avaient pu être rapatriées depuis Kaboul vendredi soir - l'opération Red Kite s'accélère ce lundi. Après l'atterrissage de deux avions ce matin en Belgique, un C-130 belge a également atterri ce lundi dans la capitale pakistanaise Islamabad avec à son bord plus de cent personnes qui avaient été évacuées de Kaboul, en Afghanistan. Pour l'évacuation des civils d'Afghanistan, l'armée belge a mis en place un pont aérien entre la capitale afghane Kaboul et Islamabad, au Pakistan voisin. Deux C-130 effectuent plusieurs vols par jour entre les deux capitales. Lundi, quatre vols au total sont prévus. Deux vols de rapatriement sont par ailleurs arrivés d'Islamabad en Belgique ce lundi matin. Initialement, il a été annoncé qu'un total de 400 personnes seraient à bord des deux avions. Mais selon la Défense, sur les 400 personnes évacuées de Kaboul ce week-end, seules 226 personnes sont finalement arrivées en Belgique lundi matin : le premier avion comptait 193 passagers, le second 33.Un avion civil de la compagnie Air Belgium s'est posé lundi à 8h27 sur le tarmac de l'aéroport militaire de Melsbroek en provenance d'Islamabad, capitale du Pakistan. Les premiers passagers ont été emmenés directement dans des bus sous escorte policière vers la caserne militaire de Peutie pour des contrôles d'identité et médicaux, dont un test PCR pour le Covid-19. Le second avion, un Airbus A330 MRTT, est également arrivé à l'aéroport militaire de Melsbroek peu avant 10h.Un soulagement pour ces nombreux Belges coincés jusqu'ici en Afghanistan. Mais il reste encore beaucoup à faire pour assurer la sécurité de tous : "Nous continuerons de tout faire pour soustraire autant de personnes que possible d'une situation très menaçante ", s'exprimait sur Twitter la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmes.L'opération Red Kite a été lancée par le gouvernement fédéral pour permettre à des centaines de personnes de quitter l'Afghanistan, tombée aux mains des talibans. Mais qui sont ces personnes ? Les Belges, avant tout, et leurs 'ayants droit' - c'est-à-dire conjoint ou enfants n'ayant pas la nationalité belge. Elle vise aussi des Afghans qui ont travaillé pour la Belgique, notamment les interprètes, ou pour des organisations internationales humanitaires et de défense des droits humains. "Ils devront le démontrer par des preuves documentaires, telles que des contrats ", a indiqué le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V) ce matin sur Radio 1. " Il y a une représentation consulaire à Kaboul pour s'assurer que les personnes qui prennent l'avion sont bien sur notre liste. Ces personnes ont été contrôlées par les différents services de sécurité de notre pays. Nous devons nous assurer que sur le terrain, dans le chaos, tout le monde puisse monter dans l'avion le plus facilement possible. "Après leur retour en Belgique, toutes ces personnes seront ensuite emmenées à la caserne militaire de Peutie (Vilvoorde) pour des contrôles d'identité et médicaux (Ndlr : testing covid) avant d'être réparties en fonction de leur statut. La Sûreté de l'État et le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS- militaire) effectueront également des contrôles. À la demande de l'État belge, la Croix-Rouge de Belgique prépare 220 places d'accueil pour les personnes rapatriées d'Afghanistan qui pourraient demander une protection internationale de la Belgique. 160 se trouvent en Wallonie (Tournai, Bierset, Rendeux et Fraipont) et 60 autres sont en Flandre.À bord de ces deux avions, on retrouve les 250 personnes rapatriées jusqu'au Pakistan samedi - dont 93 Belges et ayant-droits -, ainsi que les 175 personnes évacuées ce dimanche - dont 136 Belges (hommes, femmes et enfants) mais aussi des Néerlandais et un diplomate américain. Pour autant, tous les Belges ne sont pas parvenus à prendre ces premiers avions. Certains seraient même encore bloqués à Kaboul, selon des images envoyées à RTL.Dans une vidéo, on aperçoit un groupe composé d'une septantaine de personnes, qui brandissent des drapeaux noir-jaune-rouge. Ils lancent un appel à l'aide aux autorités : "Certains ont des papiers, mais pas toute leur famille. Vous devez penser à eux aussi. Ils n'ont personne pour les aider et leur vie est en danger. S'il vous plaît".Interrogée par la chaîne de télévision, Sophie Wilmes s'exprimait sur la situation ce dimanche : "J'ai demandé que le contact soit pris avec ces personnes, pour pouvoir exactement les identifier. Et voir évidemment ce qu'il est possible de faire avec nos partenaires américains pour les diriger vers les portes d'entrée. Effectivement, ce trajet est difficile. On doit fendre des foules avec des milliers de personnes qui s'amassent."Au vu du chaos qui règne encore dans le pays, il est très difficile pour les Belges et les Afghans de se rendre à l'aéroport. Les talibans contrôlent en effet toutes les routes d'accès. "Sur la base des informations dont nous disposons actuellement, les Européens ont un peu plus de facilité à passer à travers [ces zones de contrôle]. Mais pour les Afghans, il reste très difficile d'atteindre l'aéroport", s'inquiétait Sammy Mahdi ce matin sur Radio1. Pour autant, le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration ne rejette pas entièrement la faute sur les États-Unis. L'Union européenne a également sa part de responsabilité dans ce chaos, mais également les autorités belges. "Afin de pouvoir récupérer nos compatriotes en toute sécurité, nous devons demander aux Américains de bien contrôler l'aéroport. Cela en dit long sur l'Union européenne. Cela en dit également long sur le fait que nous n'investissons pas suffisamment dans notre sécurité ici, mais aussi en Afghanistan", déclarait-il à VTM Nieuws.Un avis partagé par le Premier ministre Alexander De Croo, qui estime qu'une "meilleure coopération de l'UE est nécessaire". Chaque pays organise ses propres évacuations, sans coordination quelconque. "C'est à une époque comme maintenant, où tout est très chaotique et dangereux, que les pays européens doivent avoir un système de coordination et d'entraide ", ajoute-t-il.