À l'heure où l'Europe se déconfine de plus en plus, les regards sont à nouveau tournés vers l'Asie, continent d'où est partie l'épidémie de coronavirus. Si les quelques foyers identifiés ces derniers jours en Italie, Espagne ou encore en Belgique ne sont pour l'instant que des cas isolés et sous contrôle, certains pays d'Asie font aussi face à des foyers, qui forcent certaines zones à se reconfiner.
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À l'heure où l'Europe se déconfine de plus en plus, les regards sont à nouveau tournés vers l'Asie, continent d'où est partie l'épidémie de coronavirus. Si les quelques foyers identifiés ces derniers jours en Italie, Espagne ou encore en Belgique ne sont pour l'instant que des cas isolés et sous contrôle, certains pays d'Asie font aussi face à des foyers, qui forcent certaines zones à se reconfiner. Le coronavirus inquiète de nouveau en Chine, plus particulièrement dans certains quartiers de Pékin. Le bilan de cette résurgence au cours des cinq derniers jours est pour l'instant de 106 contaminations. Ce regain survient alors que le pays, d'où est parti le Covid-19 à la fin de l'an dernier, avait pratiquement éradiqué l'épidémie. Les autorités ont entrepris le dépistage de dizaines de milliers d'habitants. La ville de 21 millions d'habitants a porté sa capacité quotidienne de dépistage à plus de 90.000 personnes par jour. Il s'agit de l'épidémie la plus importante en Chine depuis février, ce qui fait craindre une deuxième vague. Pékin n'avait signalé aucun nouveau cas pendant 56 jours consécutifs avant qu'une série de diagnostics ne débute jeudi.Les chercheurs sont toujours en train d'enquêter sur les origines de la nouvelle épidémie, certains suggérant qu'elle pourrait venir de l'étranger. Le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a affirmé que la souche découverte au marché de Xinfadi correspondait à une souche repérée communément en Europe. Mais les marchés sont également pointés du doigt dans ces contaminations, comme au début de la pandémie dans la province de Wuhan. Le virus a été découvert notamment sur une planche qui servait à découper du saumon importé, mais "cela ne suffit pas à certifier qu'il provient de produits de la mer d'importation", a déclaré à la télévision l'épidémiologiste en chef du CDC, Wu Zunyou. "Cela a pu provenir d'une personne contaminée". Yang Zhanqiu, directeur adjoint du département de biologie des agents pathogènes de l'université de Wuhan, a déclaré qu'il pensait que la nouvelle épidémie impliquait une souche du virus plus contagieuse que celle qui avait frappé Wuhan au début de la pandémie.A Pékin, cinq marchés sont désormais fermés en tout ou partie, dont le gigantesque marché de gros de Xinfadi, l'un des plus grands d'Asie, où le virus a été repéré la semaine dernière. Au total, près d'une trentaine de zones résidentielles proches des marchés fermés ont été placées en quarantaine pour 14 jours, confinant des milliers d'habitants. La mairie a annoncé la fermeture de tous les sites sportifs et culturels, qui venaient de rouvrir leurs portes après des mois de fermeture. Dans le reste du pays, des villes ont annoncé la mise en quarantaine des voyageurs en provenance de Pékin.Ce regain épidémique, bien que localisé, suscite la crainte d'une deuxième vague. Pékin est engagé dans "une course contre la montre", a le porte-parole de la mairie, Xu Hejian. Il a qualifié la situation "d'extrêmement grave". L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a par ailleurs indiqué suivre "de très près" la situation et évoque l'envoi possible d'experts supplémentaires dans les prochains jours.L'État indien du Tamil Nadu (sud) a ordonné le reconfinement de l'agglomération de Chennai en raison de la virulence de l'épidémie de coronavirus, premier retour en arrière majeur dans le déconfinement en Inde. Cette mesure concerne une quinzaine de millions de personnes et en place au minimum jusqu'à la fin du mois. Cette région de l'Inde fait partie des zones les plus affectées par la pandémie de coronavirus dans le deuxième pays le plus peuplé de la planète. Le confinement en Inde était pourtant l'un des plus stricts du monde. Mais la situation économique a incité le Premier ministre Narendra Modi à largement lever le confinement au début du mois, même si certaines restrictions sont toujours en place. Un déconfinement qui s'est effectué alors que l'épidémie ne montre toujours pas de signes de reflux en Inde, qui enregistre désormais plus de 11.000 nouveaux cas confirmés par jour. Les experts estiment par ailleurs que le pic de l'épidémie ne sera pas atteint avant plusieurs semaines. Une nouvelle hausse du nombre d'infections dans la capitale japonaise fait craindre à Tokyo une deuxième vague : le nombre de nouvelles infections s'élevait lundi à 48 et a dépassé pour le deuxième jour consécutif le seuil de 40. Le quartier de Shinjuku, très animé la nuit avec ses nombreux kyabakura ou Hostess clubs, a été identifié comme une zone sensible. Environ 20 personnes sur les 48 diagnostiquées positives au coronavirus travaillent dans ces clubs.Le Japon avait levé fin mai l'état d'urgence, la crise sanitaire étant presque entièrement maîtrisée. Pendant l'état d'urgence, la population était priée de rester confinée chez elle autant que possible. Les couvre-feux, instaurés dans plusieurs pays du monde pour endiguer la propagation du coronavirus, ne sont pas autorisés par la législation japonaise.