Des mini-clusters dans plusieurs pays

En Italie, deux nouveaux foyers sont apparus ces derniers jours à Rome. Un premier et principal foyer est situé dans un hôpital en périphérie ouest de Rome : 104 cas positifs y ont été comptabilisés, pour cinq décès. Cette situation suscite l'inquiétude des autorités sanitaires.
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En Italie, deux nouveaux foyers sont apparus ces derniers jours à Rome. Un premier et principal foyer est situé dans un hôpital en périphérie ouest de Rome : 104 cas positifs y ont été comptabilisés, pour cinq décès. Cette situation suscite l'inquiétude des autorités sanitaires. Un deuxième foyer est apparu dans un immeuble squatté d'un quartier périphérique du sud de Rome : neuf cas positifs y ont été identifiés, dont une famille péruvienne, un couple et ses deux enfants, et quatre de leurs proches contacts. Tous ont été transférés à l'hôpital, tandis que l'immeuble a été mis en quarantaine et bouclé par la police. Le bâtiment est occupé depuis par une centaine de personnes, essentiellement des immigrés, qui ont interdiction de sortir depuis vendredi et se font livrer des courses par la Croix-Rouge. En Espagne aussi, certains foyers inquiètent. C'est le cas à dans un hôpital public de la ville de Bilbao, au nord de l'Espagne, où le coronavirus a touché 37 personnes certains derniers jours. Parmi elles, on compte 14 membres du personnel, 12 patients et 11 visiteurs. Les autorités du Pays basque enquêtent également sur deux autres foyers possibles, toujours dans des hôpitaux. D'autres pays européens sont également touchés par des "mini-foyers". C'est le cas notamment en France, où un foyer a été détecté à Toulouse. L'origine : un repas rassemblant 52 personnes. Cinq familles ont ainsi été en contact avec une personne infectée par le coronavirus. Le tracing a permis retrouver et d'alerter les convives. Parmi les personnes déjà testées, 16 l'ont été positivement. L'apparition de ces foyers de Covid-19 suscite l'inquiétude, alors que la maladie semble maîtrisée et que les pays se déconfinent depuis plusieurs semaines. Mais à chaque endroit où un foyer a été identifié, la situation semble avoir été rapidement détectée et prise en charge grâce au tracing et aux tests. Dans l'hôpital de Rome, "l'enquête épidémiologique se poursuit et remontera jusqu'au 1er mai", avec près de 200 anciens patients rappelés pour des tests. "La vigilance reste très grande et les patients positifs ont tous été transférés", alors que le foyer épidémique est sous contrôle et semble ralentir. Dans l'immeuble squatté, les résultats d'une quarantaine de tests sont encore attendus. Mais selon les autorités sanitaires, la situation "reste sous contrôle".En Espagne, le chef de la santé du Pays basque a expliqué qu'un protocole est en cours de préparation pour réglementer les visites dans les centres de soins afin de réduire les risques de nouvelles épidémies. Des tests PCR seront effectués sur les visiteurs, qui ne seront autorisés à entrer dans l'hôpital que si leur présence est indispensable, et des contrôles de température seront effectués.Faut-il dès lors s'inquiéter d'une recrudescence de la maladie, voire d'un début de deuxième vague ? Pour l'instant, il semble que les foyers détectés se limitent à des zones bien précises et par définition à risques : hôpital, centre de soins, squat, rassemblement important... des endroits où la maladie circule, où de nombreuses personnes se croisent et qui ont été des endroits sensibles depuis le début de la pandémie. "Personne ne se faisait d'illusions et ne pensait que les problèmes étaient terminés", a commenté Ranieri Guerra, le directeur adjoint de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), concernant les foyers italiens. "Cela signifie que le virus n'a pas perdu sa contagiosité, il ne faiblit pas", il "circule moins, mais il est là". Pour cet infectiologue italien, c'est la preuve qu'on ne peut pas encore vivre comme avant, que le virus est toujours parmi nous et que la vigilance reste de mise, surtout dans des endroits confinés, fréquentés ou où le risque sanitaire est par définition plus important. "Ces micro-foyers étaient inévitables, mais ils sont limités dans le temps et dans l'espace. Et aujourd'hui nous avons les instruments pour les intercepter et les circonscrire."