Maria s'est renforcé en catégorie 3, sur une échelle qui en compte 5, ce qui en fait maintenant un "ouragan majeur", a annoncé le centre américain des ouragans (NHC).

Avec des vents soufflant jusqu'à 195 km/h, Maria, qui n'était plus qu'à 95 kilomètres à l'est de l'île française de la Martinique à 15H00 GMT, s'est rapidement renforcé. Le NHC l'avait classé en catégorie 2 trois heures plus tôt.

Outre la Martinique, Maria qui progresse à 17km/h dans la direction ouest-nord-ouest, selon le NHC, menace une autre grande île française des Antilles, la Guadeloupe, ainsi que Saint Kitts and Nevis (Saint-Christophe-et-Niévès), Montserrat (Royaume-Uni) et la Dominique.

Des alertes ouragans ont été déclenchées dans ces îles, ainsi qu'à Sainte-Lucie et dans les îles Vierges britanniques et américaines.

La Martinique est passée lundi en alerte "violette" cyclonique, le plus haut niveau, qui entraîne le confinement de la population. La Guadeloupe a elle été passée en alerte rouge cyclonique.

"Les cyclones, ça fait toujours un peu peur, même si, quand on a connu Hugo (ouragan qui avait fait plus d'une dizaine de morts et 30.000 sinistrés en Guadeloupe en 1989, ndlr), rien ne peut être pire", a souligné auprès de l'AFP Eric, la quarantaine, habitant de Gosier, en Guadeloupe.

Ce père de famille a "fait des réserves d'eau", parce qu'il a "des enfants en bas âge", et va "contreplaquer" sa maison avant l'ouragan.

Le NHC a mis en garde contre de "dangereuses marées de tempête" accompagnées de "vagues destructrices" dans le sillage de Maria, avec une montée des eaux qui pourrait atteindre jusqu'à 2,7 mètres au-dessus de la normale.

- 'couvrir les maisons' -

Maria devrait passer au sud des côtes de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ravagées le 6 septembre par l'ouragan Irma de catégorie 5, avec de fortes pluies sur Saint-Martin, selon le ministère néerlandais de la Défense.

La Croix-Rouge a acheminé dimanche 11 tonnes d'aide, dont des matériaux "pour couvrir les maisons et réparer des toits", à Sint-Maarten, la partie néerlandaise de l'île, dont le port a été fermé "jusqu'à vendredi", selon la Marine des Pays-Bas.

Des soldats sont aussi "en route pour les îles de Saba et de Saint-Eustache", a tweeté la Marine néerlandaise lundi.

Saba et Saint-Eustache ont subi moins de dégâts que Saint-Martin. Néanmoins Irma y a arraché de nombreux toits, faisant de nombreux sans-abri.

- Renforts -

En France, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé dimanche l'envoi "de 110 militaires de la protection civile" en Guadeloupe, et rappelé qu'"environ 3.000" renforts se trouvaient déjà sur place.

"Nous aurons des difficultés importantes", a-t-il reconnu, la Guadeloupe étant "le centre logistique" permettant d'alimenter l'île de Saint-Martin et d'organiser les rotations aériennes et les approvisionnements.

Mais "les moyens déjà disposés vont permettre de gérer les choses", a-t-il assuré, disant aussi "pouvoir envoyer jusqu'à 400 à 500 personnes" en renfort si besoin.

Les Britanniques ont également annoncé des renforts pour les îles Vierges: "Nous avons déployé 40 personnels supplémentaires en soutien, 37 personnels humanitaires, et plus de 1.300 militaires sont sur les îles et seront prêts à aider pour les tâches prioritaires quand Maria sera passé", a indiqué un porte-parole du ministère de la Défense, en précisant que des équipements et des vivres étaient acheminés vers un lieu sûr en prévision des besoins futurs.

Les gouvernements français, néerlandais et britannique sont au coeur de polémiques sur les moyens mis en oeuvre après le passage de l'ouragan Irma qui a dévasté leurs territoires d'outre-mer.

Ils sont notamment accusés d'avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers sur les îles, plongées dans le chaos et parfois livrées aux pillages après le passage de l'ouragan, qui a fait une quarantaine de morts dans les Caraïbes.