"Il y a des informations selon lesquelles le B.1.617 est plus contagieux" mais aussi des éléments permettent de penser qu'il présente un degré de résistance aux vaccins, et "par conséquent nous le classons en variant préoccupant", a déclaré la docteur Maria Van Kerkhove, responsable technique de la lutte contre le Covid-19 au sein de l'OMS.

La scientifique a expliqué que plus de détails seront publiés mardi dans le rapport épidémiologique hebdomadaire de l'agence onusienne. Il reste beaucoup de recherches à mener sur ce variant, notamment par le biais d'un séquençage accru, "pour savoir quelle quantité de ce virus circule" mais aussi le degré de "sévérité" avec lequel il atténue l'efficacité des vaccins. "Nous n'avons rien qui suggère pour le moment que nos diagnostics, nos médicaments et nos vaccins ne marchent pas. Et ça c'est important", a-t-elle souligné. Et d'insister sur le fait qu'il faut continuer à appliquer les mesures sanitaires comme la distanciation sociale, le port du masque, la réduction des contacts, etc.

"Nous allons continuer à voir des variants préoccupants et il faut faire tout ce qui est possible pour limiter la transmission, limiter les infections, prévenir la contagion et réduire la gravité de la maladie", a-t-elle insisté.

Ce variant est l'une des raisons - mais loin d'être la seule - qui explique l'explosion de la pandémie en Inde et le pire foyer de la pandémie dans le monde à l'heure actuelle. Selon les statistiques officielles, 4.000 personnes meurent actuellement chaque jour du Covid-19 en Inde, où le bilan total de l'épidémie frôle les 250.000 décès. Le variant en question a aussi été dépisté à plusieurs reprises en Belgique aussi.

Nombre d'experts jugent ces chiffres inférieurs à la réalité, citant notamment des données provenant des crématoriums. Les victimes non comptabilisées sont particulièrement nombreuses maintenant que l'actuelle flambée épidémique s'est répandue hors des grandes villes, dans les zones rurales où les hôpitaux sont rares et tiennent peu à jour leurs registres.

Cinq cas de ce variant ont été recensés à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), où la situation est cependant "sous contrôle", a assuré lundi à l'AFP le ministre de la Santé, Jean-Jacques Mbungani Mbanda.

"Larmes de bonheur"

Malgré cela, et à la faveur de campagnes de vaccination qui prennent de l'ampleur et commencent à donner des signes d'efficacité, plusieurs pays européens ont entrepris une réouverture de leurs économies et une levée des restrictions individuelles.

Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe avec plus de 127.000 morts, les autorités sanitaires ont abaissé lundi le niveau d'alerte relatif à la pandémie, le passant de quatre à trois sur une échelle en comptant cinq.

Cette nouvelle étape, la troisième de la feuille de route gouvernementale, prendra effet le 17 mai. Les Britanniques devraient être autorisés à se rencontrer dans des endroits clos à six personnes maximum tandis que pubs et restaurants devraient pouvoir servir leurs clients en salle.

Depuis le lancement de la campagne de vaccination début décembre, plus de 35 millions des 68 millions d'habitants du Royaume-Uni ont reçu une première dose.

En France, les cafés, bars et restaurants pourront rouvrir leurs terrasses le 19 mai, pour des tablées de six convives, puis leurs salles le 9 juin, en se limitant à la moitié de leur capacité, ont annoncé lundi les autorités. "Nous sommes enfin en train de sortir durablement de cette crise sanitaire", a assuré le chef du gouvernement Jean Castex.

En Espagne, un vent de liberté s'est levé dimanche avec la fin de l'état d'urgence sanitaire. Les habitants ont pu sortir de leur région ou se rassembler dans la rue le soir.

Dans plusieurs villes du pays, cris, applaudissements et musique ont marqué, à 00H00, la fin de ce régime d'exception imposé depuis octobre.

Mais les images de centaines de fêtards ignorant les gestes barrières à Madrid et ailleurs ont entraîné un appel à "la responsabilité": "la fin du régime d'exception ne veut pas dire la fin des restrictions", a averti le ministre de la Justice Juan Carlos Campo.

En Allemagne, les plus de 7 millions de personnes vaccinées bénéficient désormais d'assouplissements des strictes règles sanitaires.

A Milan en Italie, c'est le célèbre théâtre de la Scala qui a rouvert lundi soir. "C'est une émotion énorme de pouvoir respirer à nouveau l'ambiance que seul le public peut nous donner, j'espère que c'est un nouveau début et qu'on ne s'arrêtera plus après ces tristes mois de silence", a confié, souriante, Laura Marzadori, premier violon.

L'Irlande aussi peut souffler un peu: après de longs mois de confinement, les déplacements à l'intérieur du pays sont autorisés et les commerces non essentiels peuvent rouvrir, sur rendez-vous.

Du Pfizer pour les adolescents

Sur le front de la stratégie vaccinale, l'autorisation du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer/BioNTech a été étendue aux adolescents âgés de 12 à 15 ans aux Etats-Unis.

En Europe, une mesure similaire pourrait intervenir rapidement, selon la directrice exécutive de l'EMA Emer Cooke: "Pour le moment, nous nous sommes fixé comme objectif une approbation en juin. Nous sommes en train de voir si nous pouvons accélérer à la fin mai", a-t-elle déclaré à plusieurs journaux européens.

En Norvège, un comité d'experts mis en place par le gouvernement a pour sa part recommandé de renoncer au vaccin AstraZeneca, dont l'Union européenne n'a pas renouvelé ses commandes, mais aussi à celui de l'américain Johnson & Johnson, en raison des risques d'effets secondaires rares mais graves.

Efficacité face aux variants, dit BioNTech

L'allemand BioNTech a assuré lundi que face aux variants actuels, il n'était pas nécessaire de modifier la formule de son vaccin développé avec l'américain Pfizer.

A Genève, le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a dénoncé lundi la diplomatie vaccinale dans laquelle il voit des "manoeuvres géopolitiques", qui ne font que retarder la fin de la pandémie.

La Chine et la Russie ont été accusées de donner accès à leurs vaccins anti-Covid à des pays qui en sont dépourvus ou auraient du mal à se les procurer, mais avec des contreparties.

Au Japon, la recrudescence de la pandémie a entraîné le report d'une visite prévue les 17 et 18 mai du président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach. Les JO à Tokyo doivent s'ouvrir dans 74 jours (23 juillet-8 août).

"Il y a des informations selon lesquelles le B.1.617 est plus contagieux" mais aussi des éléments permettent de penser qu'il présente un degré de résistance aux vaccins, et "par conséquent nous le classons en variant préoccupant", a déclaré la docteur Maria Van Kerkhove, responsable technique de la lutte contre le Covid-19 au sein de l'OMS. La scientifique a expliqué que plus de détails seront publiés mardi dans le rapport épidémiologique hebdomadaire de l'agence onusienne. Il reste beaucoup de recherches à mener sur ce variant, notamment par le biais d'un séquençage accru, "pour savoir quelle quantité de ce virus circule" mais aussi le degré de "sévérité" avec lequel il atténue l'efficacité des vaccins. "Nous n'avons rien qui suggère pour le moment que nos diagnostics, nos médicaments et nos vaccins ne marchent pas. Et ça c'est important", a-t-elle souligné. Et d'insister sur le fait qu'il faut continuer à appliquer les mesures sanitaires comme la distanciation sociale, le port du masque, la réduction des contacts, etc. "Nous allons continuer à voir des variants préoccupants et il faut faire tout ce qui est possible pour limiter la transmission, limiter les infections, prévenir la contagion et réduire la gravité de la maladie", a-t-elle insisté. Ce variant est l'une des raisons - mais loin d'être la seule - qui explique l'explosion de la pandémie en Inde et le pire foyer de la pandémie dans le monde à l'heure actuelle. Selon les statistiques officielles, 4.000 personnes meurent actuellement chaque jour du Covid-19 en Inde, où le bilan total de l'épidémie frôle les 250.000 décès. Le variant en question a aussi été dépisté à plusieurs reprises en Belgique aussi. Nombre d'experts jugent ces chiffres inférieurs à la réalité, citant notamment des données provenant des crématoriums. Les victimes non comptabilisées sont particulièrement nombreuses maintenant que l'actuelle flambée épidémique s'est répandue hors des grandes villes, dans les zones rurales où les hôpitaux sont rares et tiennent peu à jour leurs registres.Cinq cas de ce variant ont été recensés à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), où la situation est cependant "sous contrôle", a assuré lundi à l'AFP le ministre de la Santé, Jean-Jacques Mbungani Mbanda.Malgré cela, et à la faveur de campagnes de vaccination qui prennent de l'ampleur et commencent à donner des signes d'efficacité, plusieurs pays européens ont entrepris une réouverture de leurs économies et une levée des restrictions individuelles.Au Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe avec plus de 127.000 morts, les autorités sanitaires ont abaissé lundi le niveau d'alerte relatif à la pandémie, le passant de quatre à trois sur une échelle en comptant cinq. Cette nouvelle étape, la troisième de la feuille de route gouvernementale, prendra effet le 17 mai. Les Britanniques devraient être autorisés à se rencontrer dans des endroits clos à six personnes maximum tandis que pubs et restaurants devraient pouvoir servir leurs clients en salle.Depuis le lancement de la campagne de vaccination début décembre, plus de 35 millions des 68 millions d'habitants du Royaume-Uni ont reçu une première dose.En France, les cafés, bars et restaurants pourront rouvrir leurs terrasses le 19 mai, pour des tablées de six convives, puis leurs salles le 9 juin, en se limitant à la moitié de leur capacité, ont annoncé lundi les autorités. "Nous sommes enfin en train de sortir durablement de cette crise sanitaire", a assuré le chef du gouvernement Jean Castex.En Espagne, un vent de liberté s'est levé dimanche avec la fin de l'état d'urgence sanitaire. Les habitants ont pu sortir de leur région ou se rassembler dans la rue le soir.Dans plusieurs villes du pays, cris, applaudissements et musique ont marqué, à 00H00, la fin de ce régime d'exception imposé depuis octobre. Mais les images de centaines de fêtards ignorant les gestes barrières à Madrid et ailleurs ont entraîné un appel à "la responsabilité": "la fin du régime d'exception ne veut pas dire la fin des restrictions", a averti le ministre de la Justice Juan Carlos Campo.En Allemagne, les plus de 7 millions de personnes vaccinées bénéficient désormais d'assouplissements des strictes règles sanitaires.A Milan en Italie, c'est le célèbre théâtre de la Scala qui a rouvert lundi soir. "C'est une émotion énorme de pouvoir respirer à nouveau l'ambiance que seul le public peut nous donner, j'espère que c'est un nouveau début et qu'on ne s'arrêtera plus après ces tristes mois de silence", a confié, souriante, Laura Marzadori, premier violon.L'Irlande aussi peut souffler un peu: après de longs mois de confinement, les déplacements à l'intérieur du pays sont autorisés et les commerces non essentiels peuvent rouvrir, sur rendez-vous.Sur le front de la stratégie vaccinale, l'autorisation du vaccin contre le Covid-19 de Pfizer/BioNTech a été étendue aux adolescents âgés de 12 à 15 ans aux Etats-Unis. En Europe, une mesure similaire pourrait intervenir rapidement, selon la directrice exécutive de l'EMA Emer Cooke: "Pour le moment, nous nous sommes fixé comme objectif une approbation en juin. Nous sommes en train de voir si nous pouvons accélérer à la fin mai", a-t-elle déclaré à plusieurs journaux européens.En Norvège, un comité d'experts mis en place par le gouvernement a pour sa part recommandé de renoncer au vaccin AstraZeneca, dont l'Union européenne n'a pas renouvelé ses commandes, mais aussi à celui de l'américain Johnson & Johnson, en raison des risques d'effets secondaires rares mais graves.L'allemand BioNTech a assuré lundi que face aux variants actuels, il n'était pas nécessaire de modifier la formule de son vaccin développé avec l'américain Pfizer.A Genève, le patron de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a dénoncé lundi la diplomatie vaccinale dans laquelle il voit des "manoeuvres géopolitiques", qui ne font que retarder la fin de la pandémie.La Chine et la Russie ont été accusées de donner accès à leurs vaccins anti-Covid à des pays qui en sont dépourvus ou auraient du mal à se les procurer, mais avec des contreparties.Au Japon, la recrudescence de la pandémie a entraîné le report d'une visite prévue les 17 et 18 mai du président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach. Les JO à Tokyo doivent s'ouvrir dans 74 jours (23 juillet-8 août).