Un article de Mahé Elipe.
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Selon l'ONU, onze femmes sont tuées chaque jour au Mexique et plus de 95% des cas de violences constatées restent impunis. Fatima, Ingrid, Victoria... la liste des victimes est longue et continue de faire couler beaucoup d'encre dans la presse nationale. Cette situation dramatique a par ailleurs conduit des jeunes filles à se rebeller contre un système misogyne et meurtrier. Bien que la pandémie de Covid-19 ait freiné les manifestations de rue pendant quelques mois, elle ne les a pas arrêtées complètement et, au cours de l'année écoulée, des actions musclées en mémoire des victimes de féminicides - 939 cas rien qu'en 2020 - et des revendications contre la violence sexuelle sous toutes ses formes ont eu lieu notamment à Mexico, Edomex, Chihuahua, Guanajuato, Guerrero, Puebla et Quintana Roo. On a souvent vu des filles emmener leurs mère, soeurs et grand-mères protester en rue, tandis que de plus en plus d'adolescentes rejoignent les militantes féministes radicales du Bloque Negro pour exprimer leur colère et réclamer justice. Car si, dès l'enfance, les plus jeunes sont des milliers à être confrontées au machisme, elles entendent désormais aussi des phrases comme celle-ci, scandée lors d'une manifestation dans l'Etat de Mexico: "Etre une femme au Mexique, c'est comprendre que l'on peut être utilisée et jetée comme un déchet." La nouvelle génération, désireuse de mettre fin à cette triste réalité, entreprend aujourd'hui une véritable lutte pour la vie avec l'espoir que son discours soit écouté par les autorités.