La sixième plus grande ville de l'Inde, qui compte près de cinq millions d'habitants, est en train de manquer d'eau à mesure que sa principale réserve s'épuise. Les relevés satellites de juin 2019 montrent que le principal réservoir pluvial de Chennai, le lac Puzhal, n'est que l'ombre de ce qu'il était à la même époque l'an dernier, rapportent plusieurs médias, dont The Independent. Les quatre réserves de la ville sont presque sèches. Cela signifie que pas moins de quatre millions de personnes dépendent de l'eau non potable recueillie dans des puits de fortune.

Image satellite. A gauche, le réservoir du lac Puzhal en juin 2018. A droite, un an plus tard. © Copernicus Sentinel-2 Satellite Image/Maxar Technologies/AP

La région dépend fortement des pluies de mousson, mais les saisons de mousson tardives deviennent de plus en plus fréquentes. Les précipitations ont chuté de 99 % entre le 1er et le 19 juin, selon le Time. Durant cette période, Chennai n'a reçu que 0,3 millimètre de pluie, comparé aux 40 mm qu'elle reçoit normalement. À cause du mauvais développement urbain de la ville, l'eau n'est pas recyclée et l'eau de pluie n'est pas collectée.

Les médias locaux rapportent que les niveaux d'eau des réservoirs sont parmi les plus bas en 70 ans. Plusieurs restaurants et commerces ont dû fermer leurs portes. Si les personnes plus aisées paient pour des sources d'eau privées, de la violence a été signalée lorsque les gens font la queue pour obtenir de l'eau des camions-citernes fournie par le gouvernement.

Les pénuries d'eau ont débuté il y a plusieurs semaines et la situation se dégrade de jour en jour. La mousson tardive a privé d'eau des millions de personnes alors que des vagues de chaleur dévastatrices balayent le pays, faisant de nombreuses victimes. Le gouvernement a par ailleurs été sévèrement critiqué pour avoir compté sur l'arrivée de la mousson au lieu de prendre des mesures.

© Reuters

La crise de l'eau se fait sentir dans toute l'Inde, provoquée par une vague de chaleur, la sécheresse et une gestion chaotique de la part des autorités. Cette canicule s'inscrit dans une tendance à la hausse des températures en Inde. L'année dernière a été la sixième la plus chaude depuis le début de la tenue des dossiers nationaux en 1901. De plus, 11 des 15 années les plus chaudes jamais enregistrées se sont produites depuis 2004. La fréquence des vagues de chaleur augmente également. Un rapport estime en outre que la demande en eau de l'Inde sera le double de l'offre disponible d'ici 2030.