Son épouse Penelope doit elle aussi être convoquée par les juges en vue d'une éventuelle inculpation dans la même affaire liée à des soupçons d'emplois fictifs payés sur des deniers publics.

Ces annonces ont suscité de gros remous parmi les soutiens du candidat. L'ancien ministre Bruno Le Maire, récemment rallié, a claqué la porte de l'équipe de campagne de M. Fillon, lui reprochant d'avoir renié sa promesse de se retirer en cas d'inculpation. Composante de la coalition soutenant François Fillon, le parti de centre-droit UDI a annoncé "suspendre" sa participation à la campagne.

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Bruno Le Maire et Frnaçois Fillon, Reuters
Bruno Le Maire et Frnaçois Fillon © Reuters

Au départ grand favori pour succéder en mai au président socialiste François Hollande, le candidat conservateur de 62 ans est en difficulté depuis que la presse a révélé fin janvier qu'il avait embauché sa femme et ses enfants comme assistants parlementaires. La pratique n'est pas interdite par la loi française pour autant que les activités soient réelles.

"Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas, j'irai jusqu'au bout", a martelé le candidat dans une allocution depuis son QG de campagne à Paris, en annonçant lui-même que sa convocation devant les juges, le 15 mars, "afin d'être mis en examen".

"Au delà de la procédure judiciaire, c'est au peuple français et à lui seul que j'en appelle désormais (...) parce que seul le suffrage universel et non pas une procédure menée à charge peut décider qui sera le prochain président de la République", a-t-il expliqué en dénonçant avec virulence les interférences du calendrier judiciaire avec la campagne électorale.

"Je ne reconnais pas les faits. Je n'ai pas détourné d'argent public", a insisté l'ex-Premier ministre du président Nicolas Sarkozy (2007-2012) qui avait été triomphalement désigné en novembre lors d'une primaire de la droite.

Le président Hollande s'est en retour "solennellement" élevé "contre toute mise en cause des magistrats". "Une candidature à l'élection présidentielle n'autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges", a-t-il dit.

Trêve judiciaire

Ce feuilleton judiciaire dans une campagne pleine d'incertitudes profite à ses principaux rivaux, la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen et l'ancien ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, repositionné au centre. Tous deux sont désormais les mieux placés pour le second tour du scrutin, le 7 mai, selon les derniers sondages.

Emmanuel Macron a accusé le champion de la droite de perdre "ses nerfs" et "le sens des réalités", refusant l'idée de toute "trêve judiciaire" ou pause des enquêtes pendant la campagne - une idée avancée notamment par certains soutiens de François Fillon. Le socialiste Benoît Hamon a condamné l'"incroyable violence" des propos de M. Fillon, tandis que le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a affirmé avoir "de la peine" pour la droite, qui mériterait "un candidat présentable".

En visite malgré tout mercredi au Salon de l'agriculture - passage obligé des politiques - François Fillon a pu mesurer les réactions contrastées qu'il suscite, tour à tout acclamé par ses partisans ("Fillon, président") ou conspué par ses adversaires ("Voleur! Rends l'argent").

Les investigations portent sur des emplois occupés par Penelope Fillon comme attachée parlementaire de son mari et du suppléant de ce dernier pendant plus de quinze ans, pour un montant total de 680.380 euros nets. Les enquêteurs s'intéressent aussi au salaire perçu dans une revue littéraire appartenant à un proche de son époux.

Autre sujet d'enquête, les emplois d'assistants parlementaires de deux enfants du couple, Charles et Marie Fillon, auprès de leur père de 2005 à 2007.

Marine Le Pen est elle aussi sous les projecteurs de la justice: plusieurs de ses proches ont été inculpés, dans des affaires de financement des campagnes électorales de son parti ou d'emplois présumés fictifs d'assistants de députés au Parlement européen.

A ce jour, la candidate, qui ne semble guère handicapée dans les sondages par ces affaires, refuse de se rendre aux convocations de la police, s'abritant derrière son immunité parlementaire.

Son épouse Penelope doit elle aussi être convoquée par les juges en vue d'une éventuelle inculpation dans la même affaire liée à des soupçons d'emplois fictifs payés sur des deniers publics.Ces annonces ont suscité de gros remous parmi les soutiens du candidat. L'ancien ministre Bruno Le Maire, récemment rallié, a claqué la porte de l'équipe de campagne de M. Fillon, lui reprochant d'avoir renié sa promesse de se retirer en cas d'inculpation. Composante de la coalition soutenant François Fillon, le parti de centre-droit UDI a annoncé "suspendre" sa participation à la campagne. Au départ grand favori pour succéder en mai au président socialiste François Hollande, le candidat conservateur de 62 ans est en difficulté depuis que la presse a révélé fin janvier qu'il avait embauché sa femme et ses enfants comme assistants parlementaires. La pratique n'est pas interdite par la loi française pour autant que les activités soient réelles."Je ne céderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas, j'irai jusqu'au bout", a martelé le candidat dans une allocution depuis son QG de campagne à Paris, en annonçant lui-même que sa convocation devant les juges, le 15 mars, "afin d'être mis en examen"."Au delà de la procédure judiciaire, c'est au peuple français et à lui seul que j'en appelle désormais (...) parce que seul le suffrage universel et non pas une procédure menée à charge peut décider qui sera le prochain président de la République", a-t-il expliqué en dénonçant avec virulence les interférences du calendrier judiciaire avec la campagne électorale."Je ne reconnais pas les faits. Je n'ai pas détourné d'argent public", a insisté l'ex-Premier ministre du président Nicolas Sarkozy (2007-2012) qui avait été triomphalement désigné en novembre lors d'une primaire de la droite.Le président Hollande s'est en retour "solennellement" élevé "contre toute mise en cause des magistrats". "Une candidature à l'élection présidentielle n'autorise pas à jeter la suspicion sur le travail des policiers et des juges", a-t-il dit.Trêve judiciaireCe feuilleton judiciaire dans une campagne pleine d'incertitudes profite à ses principaux rivaux, la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen et l'ancien ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, repositionné au centre. Tous deux sont désormais les mieux placés pour le second tour du scrutin, le 7 mai, selon les derniers sondages.Emmanuel Macron a accusé le champion de la droite de perdre "ses nerfs" et "le sens des réalités", refusant l'idée de toute "trêve judiciaire" ou pause des enquêtes pendant la campagne - une idée avancée notamment par certains soutiens de François Fillon. Le socialiste Benoît Hamon a condamné l'"incroyable violence" des propos de M. Fillon, tandis que le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon a affirmé avoir "de la peine" pour la droite, qui mériterait "un candidat présentable".En visite malgré tout mercredi au Salon de l'agriculture - passage obligé des politiques - François Fillon a pu mesurer les réactions contrastées qu'il suscite, tour à tout acclamé par ses partisans ("Fillon, président") ou conspué par ses adversaires ("Voleur! Rends l'argent").Les investigations portent sur des emplois occupés par Penelope Fillon comme attachée parlementaire de son mari et du suppléant de ce dernier pendant plus de quinze ans, pour un montant total de 680.380 euros nets. Les enquêteurs s'intéressent aussi au salaire perçu dans une revue littéraire appartenant à un proche de son époux.Autre sujet d'enquête, les emplois d'assistants parlementaires de deux enfants du couple, Charles et Marie Fillon, auprès de leur père de 2005 à 2007.Marine Le Pen est elle aussi sous les projecteurs de la justice: plusieurs de ses proches ont été inculpés, dans des affaires de financement des campagnes électorales de son parti ou d'emplois présumés fictifs d'assistants de députés au Parlement européen.A ce jour, la candidate, qui ne semble guère handicapée dans les sondages par ces affaires, refuse de se rendre aux convocations de la police, s'abritant derrière son immunité parlementaire.