Les écoles sont-elles les principaux clusters de contamination et faut-il maintenir l'enseignement à distance pour assurer une baisse des infections ? Depuis la rentrée scolairedeseptembre, la question divise.
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Les écoles sont-elles les principaux clusters de contamination et faut-il maintenir l'enseignement à distance pour assurer une baisse des infections ? Depuis la rentrée scolairedeseptembre, la question divise.Sciensano a étudié l'évolution épidémiologique du covid dans les écoles belges entre le 1er septembre et le 13 décembre. Les experts sont formels : les infections dans les écoles suivent l'évolution de l'épidémie dans la population, et non l'inverse. En d'autres termes, "les écoles ne sont pas le moteur de l'évolution des vagues actuelles. Elles se situent plutôt en fin de chaîne et reflètent ce qu'il s'est passé au préalable dans la société", a insisté le porte-parole interfédéral Covid-19 Yves Van Laethem.Mais en Allemagne, en Angleterre et en Suisse, les avis divergent et la fermeture des écoles reste largement encouragée pour ralentir la propagation du covid.Comme lors du premier confinement au printemps 2020, les 56 millions d'habitants de l'Angleterre ne peuvent désormais plus sortir de chez eux que pour des raisons essentielles et les écoles ont fermé et sont passées à l'enseignement à distance. Le Premier ministre Boris Johnson n'a pu garantir qu'elles rouvriraient après les vacances de février.Et pour cause : le variant britannique serait plus virulent chez les plus jeunes. Les premières études sur le variant britannique ont en effet fait état d'une plus grande contamination des jeunes de moins de 20 ans.Par conséquent, les principaux examens (les équivalents du bac et du brevet) ont été annulés, comme en 2020. Les élèves seront évalués par leurs enseignants, a indiqué le ministre de l'Education Gavin Williamson, plutôt que par un algorithme, très décrié, qui avait conduit l'été dernier à un vaste déclassement des évaluations, avant que l'exécutif ne renonce à y recourir.L'Allemagne, elle aussi, a décidé de prolonger et renforcer son confinement partiel jusqu'au 31 janvier. La plupart des commerces - à l'exception des magasins d'alimentation -, les restaurants, bars et lieux culturels et sportifs garderont portes closes dans les semaines à venir. Les écoles et crèches n'ont pas échappé à ces nouvelles mesures.Dans ce cas-ci, la décision de fermer les écoles n'a pas été vue comme une nécessité absolue pour ralentir la progression du covid, mais davantage comme une participation à l'effort commun. Les ministres de l'Education se sont résolus, par pragmatisme, à ce que les enfants payent aussi leur tribut à l'effort national contre la pandémie.Comme en Belgique, la scolarisation est considérée comme essentielle par les autoritésallemande, et la pandémie mondiale ne doit absolument pas constituer un frein à l'éducation des plus jeunes. "La suspension de la fréquentation obligatoire de l'école pendant une période plus longue n'est pas sans conséquences négatives pour les parcours éducatifs et la participation sociale des enfants et des jeunes", soulignent les ministres.Les écoles devraient donc être les premières bénéficiaires d'assouplissements des mesures. Les autorités préconisent dans cette logique un retour à une scolarisation normale par étapes, selon la situation sanitaire de chaque région.La décision de fermer les écoles enSuisseau printemps 2020 a été l'une des mesures les plus efficaces pour réduire la transmission du Covid-19, selon une étude dévoilée dimanche. Et pour cause : si les établissements scolaires ferment, les parents ne doivent plus conduire leurs enfants à l'école et la mobilité diminue.Une équipe de chercheurs suisses a analysé 1,5 milliards de mouvements, entre le 10 février et le 26 avril 2020, à l'aide de données des opérateurs mobiles helvétiques afin d'évaluer l'impact des mesures contre le Covid-19 sur la mobilité. "La fermeture des écoles a réduit la mobilité de 21,6%", a précisé à l'AFP Stefan Feuerriegel, professeur d'informatique et gestion à l'École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), qui a dirigé l'étude. "Notre analyse confirme que la fermeture des écoles est une mesure qui permet de réduire la vitesse de circulation du virus par la réduction des déplacements", ajoute-t-il.Les 26 cantons suisses avaient, chacun de leur côté, mis en place des mesures de restrictions avant que le gouvernement fédéral n'impose un confinement partiel incluant la fermeture des écoles, le 16 mars. Toutes les écoles sont restées fermées environ deux mois avant d'ouvrir progressivement. "Si les écoles sont fermées, on peut espérer un grand changement dans les comportements", développe Stefan Feuerriegel, qui se dit peu surpris de l'impact des écoles. "Non seulement les enfants restent à la maison, mais ça implique aussi parfois un changement pour les parents ".Outre la fermeture des écoles, le premier facteur de réduction des mouvements a été l'interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes, qui a réduit de 24,9% la mobilité selon l'étude - qui n'a pas été relue par des pairs. Le deuxième est la fermeture des bars, restaurants et autres commerces non-essentiels, avec une baisse de 22,3%.Avec AFP