Make America Great Again. Tel était, en juin 2015, le slogan de campagne choisi par un homme d'affaires que personne, pas même lui-même, n'imaginait devenir président de la première puissance mondiale un an et demi plus tard. Fustigeant des politiciens "corrompus", "inaptes", et "à la solde d'intérêts particuliers", le milliardaire se présentait au public en candidat antisystème, défenseur des "...

Make America Great Again. Tel était, en juin 2015, le slogan de campagne choisi par un homme d'affaires que personne, pas même lui-même, n'imaginait devenir président de la première puissance mondiale un an et demi plus tard. Fustigeant des politiciens "corrompus", "inaptes", et "à la solde d'intérêts particuliers", le milliardaire se présentait au public en candidat antisystème, défenseur des "véritables" intérêts du peuple américain. Au départ largement méprisé par ses concurrents à l'investiture républicaine, Donald Trump a su faire son chemin, largement à cause d'une double imprudence de ces derniers: ne pas avoir pris la menace au sérieux, et ne pas avoir proposé un programme intelligible au plus grand nombre. Dans un monde en mutation accélérée et aux repères brouillés, Donald Trump a su jouer lors de la campagne présidentielle de 2016 sur les fragilités de ses compatriotes pour élaborer son propre programme: conservatisme identitaire, politique fiscale agressive et retour à l'unilatéralisme, le tout avec des relents xénophobes à peine voilés. Quatre ans plus tard, force est de constater que le 45e président des Etats-Unis a pu transformer la majorité de ses promesses en réalités tangibles. Il y a même fort à parier que, sans les effets dévastateurs de la crise du coronavirus sur l'économie américaine dont il a largement sous-estimé l'ampleur, le président aurait eu de grandes chances d'être reconduit dans ses fonctions. Mais les électeurs américains étant avant tout soucieux de performances économiques, Donald Trump sera-t-il, au soir du 3 novembre ou un peu plus tard, le premier président américain depuis Bush père à devoir se retirer après un seul mandat?