Tout a commencé avec un tweet de Lara Trump, le 28 septembre 2019. Durant cette période, la Chambre des représentants se préparait à des audiences de destitution contre Donald Trump. Moment choisi par Lara Trump pour publier une carte électorale de 2016. Cette dernière donne l'illusion d'une marée rouge sur tous les Etats-Unis et insinue que l'Amérique elle-même est républicaine: "Essayez d'accuser ceci", ajoutait Lara Trump en légende de son Tweet.

Le designer belge Karim Douïeb - qui dirige sa propre société de visualisation de données, baptisée Jetpack - est tombé sur le Tweet. Et ça l'a visiblement dérangé. Parce que, comme tant de cartes électorales, l'infographie représentait des milliers de kilomètres carrés de terres vides d'habitants en faveur de Trump.

"Je me suis dit que c'était complètement faux en termes de visualisation des données", explique Karim à Fast Company, un magazine d'affaires américain. "Je ne suis pas vraiment en politique, mais je voulais corriger cette erreur visuelle."

Après avoir travaillé une nuit, le Belge a sorti une réplique, raconte Fast Company.

"Défi accepté". Le 8 octobre 2019, Karim publie une 'correction parfaite'. Le GIF affiche, au début, la carte électorale de 2016 publiée par Lara Trump. Avant de se transformer en une illustration plus précise, qui représente le décompte des votes rouges et bleus à travers le pays avec des cercles dont la taille est proportionnelle au nombre de votes.

La vision est tout autre et reflète un portrait plus exact des habitudes de vote aux USA. Exit la marée rouge, qui se transforme en un pays à pois, où les électeurs bleus sont tellement plus importants que les rouges.

"Le lendemain, c'est devenu fou", raconte le designer belge à Fast Company. "Mon téléphone bourdonnait de notifications."

Karim ne s'attendait pas non plus à ce qui va suivre, raconte le magazine américain. Un an après que le Belge ait publié sa correction, les versions de sa carte sont devenues de plus en plus virales sur le web.

Au cours de la semaine dernière, son infographie a recueilli des centaines de milliers de likes sur Twitter, et est devenue, par la force des réseaux sociaux, le portrait incontournable d'une Amérique divisée. Et une réplique parfaite utilisée par les Démocrates. Ils s'en servent maintenant pour justifier que cette élection n'est pas volée pour Biden.

Les cartes électorales 'basiques' sont un fléau pour les experts en données, note Fast Company, qui invite ses lecteurs à "simplement aller au New York Times ou au FiveThirtyEight" afin d'observer les solutions qu'ils mettent en place pour représenter les États-Unis, en tenant compte à la fois de l'échelle et de la géographie du vote.

"La clé, ici, était de partir de la carte originale et de faire la transition. C'est comme un contre-argument, où vous commencez par l'argument de l'adversaire et vous l'attaquez tout de suite", explique Karim.

Le visuel a du succès car il n'a besoin d'aucune explication. Il n'y a pas de légendes à côté ni de gadgets à déconstruire. "La transition d'une façon de penser à une autre est si frappante qu'elle est presque étrange. Cela vous oblige à redémarrer votre cerveau et à conceptualiser le vote différemment", analyse Fast Company.

Le défi de la représentation des votes rouges et bleus agace toujours le designer belge. Il a d'ailleurs créé un site Web complet qui parcourt différentes visualisations alternatives des données électorales de 2016. "Au lieu de représenter les comtés sous forme de cercles rouges ou bleus - avec une mentalité de Winner takes all (le gagnant emporte tout, NDLR.), il a divisé tous les cercles en parties rouges et bleues", détaille Fast Company.

©Karim Douïeb, .
©Karim Douïeb © .

On peut donc se rendre compte que des villes comme New York ou Chicago ne sont pas 100% bleues mais comptent aussi une base conservatrice. C'est à la fois plus juste et plus précis encore que sa réplique d'origine.

"Le GIF montre qu'il ne s'agit pas seulement d'un système, il s'agit de personnes. C'est ce qui est le plus important", conclut Karim.

Tout a commencé avec un tweet de Lara Trump, le 28 septembre 2019. Durant cette période, la Chambre des représentants se préparait à des audiences de destitution contre Donald Trump. Moment choisi par Lara Trump pour publier une carte électorale de 2016. Cette dernière donne l'illusion d'une marée rouge sur tous les Etats-Unis et insinue que l'Amérique elle-même est républicaine: "Essayez d'accuser ceci", ajoutait Lara Trump en légende de son Tweet. Le designer belge Karim Douïeb - qui dirige sa propre société de visualisation de données, baptisée Jetpack - est tombé sur le Tweet. Et ça l'a visiblement dérangé. Parce que, comme tant de cartes électorales, l'infographie représentait des milliers de kilomètres carrés de terres vides d'habitants en faveur de Trump. "Je me suis dit que c'était complètement faux en termes de visualisation des données", explique Karim à Fast Company, un magazine d'affaires américain. "Je ne suis pas vraiment en politique, mais je voulais corriger cette erreur visuelle."Après avoir travaillé une nuit, le Belge a sorti une réplique, raconte Fast Company. "Défi accepté". Le 8 octobre 2019, Karim publie une 'correction parfaite'. Le GIF affiche, au début, la carte électorale de 2016 publiée par Lara Trump. Avant de se transformer en une illustration plus précise, qui représente le décompte des votes rouges et bleus à travers le pays avec des cercles dont la taille est proportionnelle au nombre de votes. La vision est tout autre et reflète un portrait plus exact des habitudes de vote aux USA. Exit la marée rouge, qui se transforme en un pays à pois, où les électeurs bleus sont tellement plus importants que les rouges."Le lendemain, c'est devenu fou", raconte le designer belge à Fast Company. "Mon téléphone bourdonnait de notifications."Karim ne s'attendait pas non plus à ce qui va suivre, raconte le magazine américain. Un an après que le Belge ait publié sa correction, les versions de sa carte sont devenues de plus en plus virales sur le web. Au cours de la semaine dernière, son infographie a recueilli des centaines de milliers de likes sur Twitter, et est devenue, par la force des réseaux sociaux, le portrait incontournable d'une Amérique divisée. Et une réplique parfaite utilisée par les Démocrates. Ils s'en servent maintenant pour justifier que cette élection n'est pas volée pour Biden.Les cartes électorales 'basiques' sont un fléau pour les experts en données, note Fast Company, qui invite ses lecteurs à "simplement aller au New York Times ou au FiveThirtyEight" afin d'observer les solutions qu'ils mettent en place pour représenter les États-Unis, en tenant compte à la fois de l'échelle et de la géographie du vote."La clé, ici, était de partir de la carte originale et de faire la transition. C'est comme un contre-argument, où vous commencez par l'argument de l'adversaire et vous l'attaquez tout de suite", explique Karim.Le visuel a du succès car il n'a besoin d'aucune explication. Il n'y a pas de légendes à côté ni de gadgets à déconstruire. "La transition d'une façon de penser à une autre est si frappante qu'elle est presque étrange. Cela vous oblige à redémarrer votre cerveau et à conceptualiser le vote différemment", analyse Fast Company.Le défi de la représentation des votes rouges et bleus agace toujours le designer belge. Il a d'ailleurs créé un site Web complet qui parcourt différentes visualisations alternatives des données électorales de 2016. "Au lieu de représenter les comtés sous forme de cercles rouges ou bleus - avec une mentalité de Winner takes all (le gagnant emporte tout, NDLR.), il a divisé tous les cercles en parties rouges et bleues", détaille Fast Company.On peut donc se rendre compte que des villes comme New York ou Chicago ne sont pas 100% bleues mais comptent aussi une base conservatrice. C'est à la fois plus juste et plus précis encore que sa réplique d'origine."Le GIF montre qu'il ne s'agit pas seulement d'un système, il s'agit de personnes. C'est ce qui est le plus important", conclut Karim.