En Belgique, certains suggèrent d'apprendre "à vivre avec le virus". Une mauvaise idée selon le virologue Marc Van Ranst, qui prend un exemple frappant. "Savez-vous où l'on vit avec le virus? Au Brésil. Et ça n'a pas l'air de marcher très bien là-bas", déclare-t-il à Knack. La situation dans le pays d'Amérique du Sud est effectivement hors de contrôle.
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En Belgique, certains suggèrent d'apprendre "à vivre avec le virus". Une mauvaise idée selon le virologue Marc Van Ranst, qui prend un exemple frappant. "Savez-vous où l'on vit avec le virus? Au Brésil. Et ça n'a pas l'air de marcher très bien là-bas", déclare-t-il à Knack. La situation dans le pays d'Amérique du Sud est effectivement hors de contrôle. Le Brésil a enregistré un peu plus de 497.000 cas, avec une tendance à la hausse de 10% par rapport à la semaine précédente. Le nombre des patients atteints du Covid-19 qui se retrouvent en soins intensifs sans avoir eu d'autres maladies a atteint en mars près d'un tiers du total (30,3%), selon l'étude, tandis que le nombre des malades du Covid-19 en réanimation a atteint le pourcentage record de 58,1%.Le Brésil est de loin le pays d'Amérique latine où le nombre de décès est le plus élevé. Au cours des dernières semaines, il a été à l'origine d'environ un quart des décès dus au Covid dans le monde. Il reste derrière le Pérou et le Mexique en termes de proportion de la population globale, mais les décès quotidiens augmentent rapidement au Brésil. Le pays a enregistré 66.500 morts dues au Covid-19 au mois de mars, soit plus du double que le précédent record de juillet 2020. Plus de 351.000 personnes ont péri en un peu plus d'un an au total du fait de cette maladie au Brésil, qui compte 212 millions d'habitants, un bilan seulement dépassé par les Etats-Unis. Le Brésil avait enregistré jeudi dernier 4.249 nouveaux au cours des dernières 24 heures, le deuxième jour consécutif que ce bilan quotidien dépasse les 4.000 morts. Selon une estimation récente de l'Université de Washington, le Brésil pourrait connaître un total de plus de 500 000 décès d'ici juillet.Mais si les chiffres indiquent bel et bien que le virus circule, c'est également le profil des personnes touchées qui inquiète. Dans de nombreux États du pays, les lits de soins intensifs des hôpitaux sont pleins ou proches de leur capacité. La majorité des Brésiliens souffrant du Covid en soins intensifs ont désormais moins de 40 ans, a révélé le coordinateur d'une étude de l'Association brésilienne des soins intensifs (AMIB). Désormais au nombre de plus de 11.000, ils sont devenus majoritaires (52,2%) au mois de mars, alors qu'ils étaient 14,6% au début de la pandémie il y a un an, puis 45% entre septembre et février, selon la même étude. "Cette population ne contractait auparavant qu'une forme moins grave de la maladie et n'avait pas besoin de soins intensifs", a expliqué le Dr Rezende. "Une telle hausse pour ce groupe d'âge est très significative". Comment l'expliquer ? Les 80+, qui ne constituent plus que 7,8% des personnes en soins intensifs, sont désormais pour la plupart vaccinées. Les personnes plus jeunes sont également davantage exposées au virus, soit parce qu'elles doivent travailler, soit parce qu'elles se croient moins vulnérables, selon l'étude de l'AMIB.Le variant dite brésilien du virus, nommé P.1, est selon les experts la principale cause de la hausse spectaculaire du nombre des morts au mois de mars. "Les malades plus jeunes, sans avoir eu d'autres maladies, présentent à leur arrivée aux soins intensifs des cas plus graves", a fait valoir le Dr Rezende. Elle est devenue une source d'inquiétude car elle est considérée comme beaucoup plus contagieuse que la souche originale et s'est répandue en Amérique latine et dans le monde.Les scientifiques pensent que les vaccins actuels devraient encore fonctionner contre le variant brésilien, bien que peut-être moins bien, et que de nouveaux variants pourraient apparaître à l'avenir, encore différentes. L'institut brésilien de santé publique Fiocruz affirme pour sa part avoir détecté 92 variants du coronavirus dans le pays, indique BBC.Les dirigeants régionaux affirment que les messages contradictoires et la résistance aux fermetures au niveau national ont rendu les restrictions locales plus difficiles à appliquer. Le président Jair Bolsonaro s'est montré très sceptique quant à la nécessité de prendre des mesures décisives pour lutter contre la pandémie. Et y est allé de ses petits commentaires, parfois non sans ironie. Le Sénat brésilien devrait d'ailleurs ouvrir prochainement une enquête sur la gestion de la pandémie. L'enquête devra porter notamment sur les actions et omissions du gouvernement fédéral, en particulier face à l'aggravation de la crise sanitaire dans l'Etat d'Amazonas, après le manque d'oxygène pour les patients hospitalisés.Le président se concentre désormais sur la campagne de vaccination nationale qui, selon ses détracteurs, arrive beaucoup trop tard. Le Brésil a néanmoins obtenu de bons résultats dans la conduite de campagnes de vaccination et, comparé à de nombreux autres pays d'Amérique latine, il dispose d'une infrastructure de soins de santé bien établie. Mais ses efforts de vaccination sont restés en retrait par rapport à ceux du Chili et de l'Uruguay, qui sont en tête de liste dans la région. La confiance du public dans les vaccins au Brésil est l'une des plus élevées au monde, mais l'approvisionnement a été lent.