Comme on peut le constater, partout, ou presque en Europe on renforce à nouveau les mesures. Rien de tel en Belgique, où on remarque pourtant aussi une augmentation des chiffres de l'épidémie. Le Conseil national de sécurité a plutôt proposé un certain nombre d'assouplissements. Des mesures qui ont suscité l'étonnement dans les médias internationaux comme sur Euronews, le Deutsche Welle ou encore The Independent et The Times.

En Belgique aussi cela a suscité l'ire de nombreux observateurs.

Ainsi, Van Ranst s'étonne. "Les mesures sont en contraste flagrant avec la réalité", dit-il. "L'intention de ce Conseil de sécurité était en effet d'assouplir les mesures, mais nous avons été dépassés par la réalité. Quand vous voyez les chiffres, ce n'est pas le moment". Si Van Ranst comprend un certain nombre de mesures -il est en effet ridicule que les gens aient dû porter un masque partout, même dans des endroits où presque personne ne venait. Il était également difficile de maintenir la bulle des cinq au sein d'une famille. Mais j'espère que tout le monde ne verra pas cinq personnes maintenant, parce qu'alors ce sera difficile",il s'attend aussi à ce que les chiffres augmentent encore plus dans la période à venir.

"Il n'est pas nécessaire d'être un grand virologiste pour cela, aucunes des mesures ne va ralentir la propagation du virus. Je m'attends à de plus gros problèmes dans quelques semaines si nous ne faisons rien". Le virologue pense également que c'est une occasion manquée qu'il n'y ait pas eu de système clair de codes de couleur ou de baromètre. "Il faut juste avoir le courage de le faire", conclut M. Van Ranst.

D'autres ont critiqué le manque de charisme de Wilmès. Ainsi selon le sociologue Ignace Glorieux de la VUB, Wilmès n'a pas le charisme nécessaire pour délivrer délivrer son message. "Cette conférence de presse a encore une fois pris beaucoup trop de temps et le message devrait être délivré par quelqu'un qui a du charisme, ce qui fait défaut à Mme Wilmès", dit le sociologue.

Car la fonction la plus importante de cette conférence de presse était de motiver les gens. Nombreux sont ceux qui indiquent que c'est ça le plus gros problème c'est que les gens en ont marre. Du corona et des politiques. Surtout après les hauts et les bas de ces derniers jours".

Pour Marc Moens de l'Association belge des syndicats de médecins (BVAS) l'ajustement d'hier est un trop grand assouplissement tout en ne réduisant pas la charge des médecins généralistes. "Mon impression générale est que les gens "laissent trop aller". La détente est trop grande. Je sais que c'est un exercice très difficile, mais le virus n'est pas parti et il est imprévisible. La prudence reste de mise", déclare M. Moens.

L'économiste et faiseur d'opinions Geert Noels n'est pas non plus tendre pour la dernière conférence de presse.

"Génial:un chiffre de référence de 5 au lieu d'une bulle de 5. On peut entendre les acclamations de Louvain à Gand. Il n'y a pas de politique belge autour du Covid19. On s'emmêle les pinceaux jusqu'à ce que ce soit la catastrophe , puis on confinera à nouveau avec toute la douleur qui l'accompagne", écrit-il. "Comme il sied au pays du surréalisme, les règles sont assouplies lorsque l'épidémie de Corona augmente de façon exponentielle", explique encore l'économiste Paul De Grauwe.

"Déconcertant. Carrément déconcertant", répond le recteur de l'UGent Rik Van de Walle sur Twitter. Un son similaire avec Dirk Devroey, doyen de la faculté de médecine et de pharmacie de la VUB.

L'UE appelle les Etats à durcir leurs mesures face à la deuxième vague

L'Union européenne appelle les Etats membres à durcir leurs mesures de contrôles "immédiatement" face aux nouveaux foyers d'épidémie de Covid-19 pour contrer la deuxième vague, a indiqué jeudi la commissaire à la Santé Stella Kyriakides.

De tests et traçages accrus en passant par une surveillance sanitaire renforcée et des capacités hospitalières suffisantes, "tous les Etats doivent déployer immédiatement et à temps des mesures aux premiers signes de nouveaux foyers potentiels", a-t-elle averti lors d'une conférence de presse.

"Nous devons éviter une situation où les gouvernements n'auraient d'autre choix que d'imposer des confinements généralisés, ce qui se ferait au détriment de notre santé mentale, de nos économies et du bien-être de nos enfants", a martelé Mme Kyriakides.

"Dans certains Etats, la situation est désormais pire qu'au pic (de l'épidémie) en mars. C'est une cause de préoccupation: ce que cela signifie, c'est que les mesures de contrôle ne sont simplement pas assez efficaces, ou mises en oeuvre comme elles devraient l'être (...) Ce n'est pas suffisant", a tancé la commissaire.

Elle s'appuyait sur une évaluation du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) montrant que les taux de contamination avaient "fortement" progressé et que les mesures prises par les autorités "n'avaient pas toujours été suffisantes pour réduire ou contrôler" l'épidémie.

"La vulnérabilité de la population aux contaminations demeure élevée, car les données disponibles (...) suggèrent que le taux d'immunité est inférieur à 15% dans la plupart des régions de l'UE et du Royaume-Uni", a précisé l'ECDC dans un communiqué distinct publié jeudi.

Pour l'autorité, "la situation épidémiologique de nombreux pays est préoccupante car elle pose un risque accru de contamination pour les personnes vulnérables (...) et elle nécessite des actions de santé publique ciblées et immédiates".

Alors que la grippe saisonnière menace de se superposer aux cas de Covid à l'approche de l'hiver, "nous ne pouvons pas baisser la garde (...) C'est peut-être notre dernière chance d'éviter que se répète la situation du printemps dernier", a encore averti Stella Kyriakides, appelant à renforcer également les campagnes de vaccination contre la grippe.

Reconnaissant une "lassitude" des citoyens, susceptible de nourrir un "mépris des règles", la commissaire appelle les Etats membres à faire preuve de pédagogie, notamment "auprès des jeunes", et à "combattre la désinformation".

En France on durcit le ton et 11 villes passent en état d'alerte.

Le gouvernement français a annoncé mercredi de nouvelles mesures draconiennes contre le Covid-19 qui ont provoqué stupeur et colère dans la région de Marseille. En effet la métropole d'Aix-Marseille (sud-est) et l'île de la Guadeloupe sont placées en "zone d'alerte maximale" et les bars et restaurants vont y être totalement fermés à partir de samedi. Ces mesures ont suscité l'incompréhension et la colère chez de nombreux élus et responsables économiques.

., Getty Images
. © Getty Images

Les autres "établissements recevant du public" vont aussi être fermés, sauf ceux qui ont un "protocole sanitaire strict", comme les théâtres, les musées ou les cinémas. Onze autres métropoles, dont Paris, ont été placées en "zone d'alerte renforcée", ce qui implique notamment une fermeture des bars à partir de 22 heures et la limitation des ventes d'alcool. Les rassemblements vont également être limités à 1.000 personnes, contre 5.000 actuellement. Cette mesure devrait concerner le tournoi de tennis de Roland-Garros, qui commence dimanche, avec quatre mois de retard.

Même mouvement au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le pays le plus lourdement touché du continent européen, les nouvelles restrictions annoncées il y a deux jours par le Premier ministre Boris Johnson entrent en vigueur jeudi: les pubs et les restaurants, dans lesquels seul le service à table sera autorisé, fermeront dès 22 heures en Angleterre, et le télétravail sera à nouveau encouragé. En pleine résurgence de l'épidémie, le gouvernement britannique lance jeudi en Angleterre et au Pays de Galles son application de traçage des cas de nouveau coronavirus, quatre mois après la date initialement prévue.

Italie

Le port du masque sera désormais obligatoire 24 heures sur 24 dans le centre historique de Gênes, le grand port du nord-est de l'Italie. Néanmoins là aussi on assouplit, un peu quelques règles, puisque le ministre italien des Sports Vincenzo Spadafora a déclaré mercredi que les plans de réouverture progressive des stades en Italie étaient prêts à être approuvés, près de sept mois après le début de la pandémie de nouveau coronavirus.

Allemagne

Considérée comme un modèle dans sa gestion de la pandémie de Covid-19 en Europe, l'Allemagne est elle aussi sur le qui-vive face à une résurgence des nouvelles infections ces dernières semaines. La Bavière est particulièrement touchée, et le Land a décidé de durcir ses restrictions à Munich, où le port du masque dans une partie du centre-ville sera obligatoire à partir de jeudi. Le droit de se réunir sera de nouveau limité à un cercle de deux familles ou de cinq personnes sans lien de parenté, a indiqué le maire de Munich, Dieter Reiter. Par ailleurs, l'Allemagne a étendu mercredi sa liste de régions à risque dans onze pays européens y compris la France.

Espagne

En Espagne, près d'un million d'habitants de la capitale Madrid et de sa périphérie ont interdiction depuis lundi de quitter leur quartier, sauf pour des raisons bien précises comme aller travailler ou étudier.

Plus de cinq millions de cas en Europe

Les mesures prises par plusieurs pays européens reflètent l'inquiétude des autorités devant l'augmentation du nombre des cas de contamination. La pandémie provoquée par le nouveau coronavirus a contaminé officiellement plus de 31,6 millions de personnes dans le monde, dont plus de cinq millions en Europe, depuis l'apparition des premiers cas en décembre, selon un bilan réalisé mercredi par l'AFP à partir de sources officielles.

L'Europe est la 4e zone la plus touchée dans le monde en nombre de cas déclarés, derrière l'Amérique latine et les Caraïbes (8.870.807 cas), l'Asie (7.467.107), les Etats-Unis et le Canada (7.043.878), mais devant le Moyen-Orient (1.840.080), l'Afrique (1.423.382) et l'Océanie (31.260). Au total, plus de 971.670 personnes sont mortes, dont 227.130 sur le continent européen.

Comme on peut le constater, partout, ou presque en Europe on renforce à nouveau les mesures. Rien de tel en Belgique, où on remarque pourtant aussi une augmentation des chiffres de l'épidémie. Le Conseil national de sécurité a plutôt proposé un certain nombre d'assouplissements. Des mesures qui ont suscité l'étonnement dans les médias internationaux comme sur Euronews, le Deutsche Welle ou encore The Independent et The Times.En Belgique aussi cela a suscité l'ire de nombreux observateurs. Ainsi, Van Ranst s'étonne. "Les mesures sont en contraste flagrant avec la réalité", dit-il. "L'intention de ce Conseil de sécurité était en effet d'assouplir les mesures, mais nous avons été dépassés par la réalité. Quand vous voyez les chiffres, ce n'est pas le moment". Si Van Ranst comprend un certain nombre de mesures -il est en effet ridicule que les gens aient dû porter un masque partout, même dans des endroits où presque personne ne venait. Il était également difficile de maintenir la bulle des cinq au sein d'une famille. Mais j'espère que tout le monde ne verra pas cinq personnes maintenant, parce qu'alors ce sera difficile",il s'attend aussi à ce que les chiffres augmentent encore plus dans la période à venir. "Il n'est pas nécessaire d'être un grand virologiste pour cela, aucunes des mesures ne va ralentir la propagation du virus. Je m'attends à de plus gros problèmes dans quelques semaines si nous ne faisons rien". Le virologue pense également que c'est une occasion manquée qu'il n'y ait pas eu de système clair de codes de couleur ou de baromètre. "Il faut juste avoir le courage de le faire", conclut M. Van Ranst. D'autres ont critiqué le manque de charisme de Wilmès. Ainsi selon le sociologue Ignace Glorieux de la VUB, Wilmès n'a pas le charisme nécessaire pour délivrer délivrer son message. "Cette conférence de presse a encore une fois pris beaucoup trop de temps et le message devrait être délivré par quelqu'un qui a du charisme, ce qui fait défaut à Mme Wilmès", dit le sociologue.Car la fonction la plus importante de cette conférence de presse était de motiver les gens. Nombreux sont ceux qui indiquent que c'est ça le plus gros problème c'est que les gens en ont marre. Du corona et des politiques. Surtout après les hauts et les bas de ces derniers jours".Pour Marc Moens de l'Association belge des syndicats de médecins (BVAS) l'ajustement d'hier est un trop grand assouplissement tout en ne réduisant pas la charge des médecins généralistes. "Mon impression générale est que les gens "laissent trop aller". La détente est trop grande. Je sais que c'est un exercice très difficile, mais le virus n'est pas parti et il est imprévisible. La prudence reste de mise", déclare M. Moens. L'économiste et faiseur d'opinions Geert Noels n'est pas non plus tendre pour la dernière conférence de presse. "Génial:un chiffre de référence de 5 au lieu d'une bulle de 5. On peut entendre les acclamations de Louvain à Gand. Il n'y a pas de politique belge autour du Covid19. On s'emmêle les pinceaux jusqu'à ce que ce soit la catastrophe , puis on confinera à nouveau avec toute la douleur qui l'accompagne", écrit-il. "Comme il sied au pays du surréalisme, les règles sont assouplies lorsque l'épidémie de Corona augmente de façon exponentielle", explique encore l'économiste Paul De Grauwe. "Déconcertant. Carrément déconcertant", répond le recteur de l'UGent Rik Van de Walle sur Twitter. Un son similaire avec Dirk Devroey, doyen de la faculté de médecine et de pharmacie de la VUB. Le gouvernement français a annoncé mercredi de nouvelles mesures draconiennes contre le Covid-19 qui ont provoqué stupeur et colère dans la région de Marseille. En effet la métropole d'Aix-Marseille (sud-est) et l'île de la Guadeloupe sont placées en "zone d'alerte maximale" et les bars et restaurants vont y être totalement fermés à partir de samedi. Ces mesures ont suscité l'incompréhension et la colère chez de nombreux élus et responsables économiques.Les autres "établissements recevant du public" vont aussi être fermés, sauf ceux qui ont un "protocole sanitaire strict", comme les théâtres, les musées ou les cinémas. Onze autres métropoles, dont Paris, ont été placées en "zone d'alerte renforcée", ce qui implique notamment une fermeture des bars à partir de 22 heures et la limitation des ventes d'alcool. Les rassemblements vont également être limités à 1.000 personnes, contre 5.000 actuellement. Cette mesure devrait concerner le tournoi de tennis de Roland-Garros, qui commence dimanche, avec quatre mois de retard.Au Royaume-Uni, le pays le plus lourdement touché du continent européen, les nouvelles restrictions annoncées il y a deux jours par le Premier ministre Boris Johnson entrent en vigueur jeudi: les pubs et les restaurants, dans lesquels seul le service à table sera autorisé, fermeront dès 22 heures en Angleterre, et le télétravail sera à nouveau encouragé. En pleine résurgence de l'épidémie, le gouvernement britannique lance jeudi en Angleterre et au Pays de Galles son application de traçage des cas de nouveau coronavirus, quatre mois après la date initialement prévue. Le port du masque sera désormais obligatoire 24 heures sur 24 dans le centre historique de Gênes, le grand port du nord-est de l'Italie. Néanmoins là aussi on assouplit, un peu quelques règles, puisque le ministre italien des Sports Vincenzo Spadafora a déclaré mercredi que les plans de réouverture progressive des stades en Italie étaient prêts à être approuvés, près de sept mois après le début de la pandémie de nouveau coronavirus.Considérée comme un modèle dans sa gestion de la pandémie de Covid-19 en Europe, l'Allemagne est elle aussi sur le qui-vive face à une résurgence des nouvelles infections ces dernières semaines. La Bavière est particulièrement touchée, et le Land a décidé de durcir ses restrictions à Munich, où le port du masque dans une partie du centre-ville sera obligatoire à partir de jeudi. Le droit de se réunir sera de nouveau limité à un cercle de deux familles ou de cinq personnes sans lien de parenté, a indiqué le maire de Munich, Dieter Reiter. Par ailleurs, l'Allemagne a étendu mercredi sa liste de régions à risque dans onze pays européens y compris la France.En Espagne, près d'un million d'habitants de la capitale Madrid et de sa périphérie ont interdiction depuis lundi de quitter leur quartier, sauf pour des raisons bien précises comme aller travailler ou étudier.