La saison automnale vient renforcer le coronavirus. Si sa recrudescence est bien visible en Europe, mais aussi aux États-Unis, l'Asie n'est pas non plus épargnée. Tous les pays et villes qui avaient jusqu'à présent réussi à contrôler la circulation du virus constatent une augmentation du nombre d'infections.
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La saison automnale vient renforcer le coronavirus. Si sa recrudescence est bien visible en Europe, mais aussi aux États-Unis, l'Asie n'est pas non plus épargnée. Tous les pays et villes qui avaient jusqu'à présent réussi à contrôler la circulation du virus constatent une augmentation du nombre d'infections. La semaine dernière, le nombre de cas quotidiens au Japon a atteint son plus haut niveau depuis le début de la pandémie, dépassant les 2.000 cas pendant cinq jours consécutifs. Hong Kong déclare de son côté faire face à une "quatrième vague", après l'apparition de multiples foyers isolés. Le nombre de cas quotidiens - encore à un chiffre début novembre - a explosé au cours de la semaine dernière pour atteindre 80 mardi.La Corée du Sud a fait état la semaine dernière de près de 600 nouveaux cas de coronavirus sur une journée, soit le nombre de contaminations le plus élevé depuis mars, un regain qui fait craindre une troisième vague dans le pays. Les autorités recensaient ces dernières semaines entre 100 et 300 nouveaux cas en moyenne par jour, liés principalement à des foyers de contamination dans des entreprises, des écoles, des salles de sport et des petits rassemblements à Séoul et dans sa région. La Chine a largement endigué l'épidémie depuis le printemps, grâce à des tests, des confinements, des quarantaines et au suivi très strict des déplacements. La vie a repris un cours quasi-normal. Mais même en Chine continentale, des cas sporadiques ont surgi dans de nombreuses villes, du centre financier de Shanghai et de la ville portuaire de Tianjin aux prairies de la Mongolie intérieure.Si la Belgique et ses voisins ont longtemps tergiversés avant de prendre de nouvelles mesures, pendant que les cas continuaient de grimper, les pays asiatiques ont décidé de réagir immédiatement. En Chine, la réponse a été particulièrement rapide et drastique. Dimanche soir, l'aéroport international de Shanghai Pudong a procédé à un test de dépistage soudain dans un parking sur plus de 17.000 membres du personnel, à la suite de quelques cas parmi les ouvriers de fret. À Tianjin, les autorités ont testé 2,6 millions de résidents en trois jours après avoir signalé cinq cas transmis localement. Et en Mongolie intérieure, une ville frontalière avec la Russie a été partiellement fermée et tous ses habitants ont été testés sur seulement deux infections locales.En raison de la multiplication des cas à Hong Kong, la très attendue "bulle aérienne" Hong Kong-Singapour a été reportée, moins de 24 heures avant son lancement. Ce plan aurait permis de supprimer la quarantaine imposées suite aux vols entre les deux, afin de stimuler les voyages d'affaires et le tourisme. La Corée du Sud a déclaré une "période d'urgence" à Séoul jusqu'à la fin de l'année. La capacité des transports publics a été réduite de 20% après 22h et les rassemblements de plus de 10 personnes ont été interdits. La ville procédera également à des tests réguliers de dépistage sur quelque 40.000 travailleurs et usagers des hôpitaux et des crèches. Ces mesures font suite à une série de nouvelles restrictions annoncées, notamment le port obligatoire d'un masque à l'intérieur et la fermeture des lieux de divertissement. La Corée du Sud avait été l'un des premiers pays fortement touchés après l'apparition du virus en Chine. Mais le gouvernement sud-coréen était parvenu à reprendre le contrôle de la situation grâce à une stratégie agressive de test et de traçage des contacts des personnes contaminées, et ce sans jamais imposer le genre de confinement strict mis en place dans d'autres pays. Aux États-Unis et en Europe, où le nombre de cas quotidiens augmente par dizaines de milliers, le suivi de contacts est plus compliqué. Le virus est tellement répandu que les gouvernements n'ont plus guère d'autres outils pour lutter contre les épidémies, si ce n'est la réimposition de mesures de confinement, qui ont suscité réactions et protestations. Si la résurgence du virus fait la une des journaux locaux et entraîne un renforcement des restrictions à l'approche des fêtes de fin d'année, la hausse des cas en Asie semble plutôt constituer une ondulation par rapport à la deuxième vague que connaissent les États-Unis et l'Europe. Malgré l'augmentation relativement minime du nombre d'infections, les gouvernements asiatiques ne prennent aucun risque dans leurs efforts pour endiguer les épidémies. Mais ce ne sont pas seulement les mesures qui sont introduites aujourd'hui qui font la différence. Le succès de l'Asie dans la lutte contre le coronavirus est le résultat de plusieurs mois de politiques cohérentes, de mise en oeuvre minutieuse et de coopération publique. Pendant le répit des infections en été, les pays d'Asie ont gardé leurs frontières fermées et, dans de nombreux endroits, les citoyens ont continué à porter des masques et à maintenir une distance sociale.En Europe, après des mois de fermeture, les restrictions ont été assouplies et les touristes ont afflué pour les vacances d'été. Ces visiteurs ont été accusés à la fois d'avoir provoqué une recrudescence dans des pays plutôt épargnés par la première vague, comme la Grèce et la Croatie, et d'avoir ramené le virus dans leur propre pays. David Nabarro, un envoyé spécial de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le Covid-19, a déclaré que, contrairement à l'Europe, l'Asie n'avait pas assoupli les restrictions prématurément. "Les gens sont pleinement engagés, ils adoptent des comportements qui entravent le virus. Ils maintiennent leurs distances, portent des masques, s'isolent quand ils sont malades, lavent leurs mains et les surfaces (NDLR, sur lesquelles le virus peut se déposer). Ils protègent les groupes les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans une interview accordée aux journaux suisses. Pour lui, la réaction de l'Europe est "incomplète". Il craint que les pays européens puissent encore connaître une troisième vague d'infections au début de 2021, si les gouvernements répètent leurs erreurs. "Ils n'ont pas mis en place l'infrastructure nécessaire pendant les mois d'été, après avoir maîtrisé la première vague. Aujourd'hui, nous avons une deuxième vague. S'ils ne construisent pas l'infrastructure nécessaire, nous aurons une troisième vague au début de l'année prochaine".