Belgique
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La tendance est à la hausse en Belgique depuis plusieurs semaines déjà, mais ces derniers jours, elle se marque davantage, et dans toutes les régions. Le nombre moyen de contaminations au coronavirus par jour a atteint 680,6 cas entre le 4 et le 10 septembre, soit une hausse de 42% par rapport à la semaine précédente.Ce lundi 14 septembre, 977 nouvelles contaminations au coronavirus ont été enregistrées. Une donnée qui rejoint celles enregistrées les 8, 9 et 10 septembre (910, 896 et 939 nouveaux cas). Ces taux de contaminations sont les plus haut enregistrés depuis le 23 avril. Le signe d'une augmentation des tests ? Il est important de noter que le nombre de tests effectués en Belgique a lui aussi augmenté ces derniers jours. Selon Philippe de Backer, la Belgique réalise plus de 30.000 tests par jour. Davantage de tests, qui sont aussi effectués de manière différente par rapport au début de la crise : "Nous testons maintenant beaucoup plus de personnes qui présentent peu de symptômes. Ce sont des tranches d'âge complètement différentes. Lors de la première vague, ce sont souvent les seniors, souvent fragiles, qui tombaient malades. Aujourd'hui, ce sont les jeunes qui, lorsqu'ils tombent malades, tombent moins gravement malades et ne se retrouvent pas à l'hôpital", explique le virologue Marc Van Ranst, au micro de VRT. Qui dit plus de tests, dit également plus de résultats potentiellement positifs.MAIS la seule multiplication des tests ne suffit pas à expliquer le phénomène. Et pour cause, les admissions à l'hôpital ont elles aussi augmenté : entre le 7 et le 13 septembre, la moyenne des admissions grimpe ainsi à 30 nouvelles hospitalisations par jour, contre 17 la semaine précédente, soit une augmentation de 78% ! Et le taux de reproduction (qui estime le nombre de personnes qu'un patient positif contamine à son tour) continue lui aussi de grimper : il s'élève désormais à 1,463 alors qu'il était descendu à 0,67 à la fin août. Selon Yves Van Laethen, épidémiologiste et porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, la Belgique serait au seuil d'une seconde vaguelette causée notamment par les vacances d'été. "On a réussi à juguler la première et à l'empêcher de devenir une vague. On devra oeuvrer pour faire la même chose cette fois-ci", a-t-il ainsi expliqué sur le plateau de la RTBF.La Belgique n'est néanmoins pas le seul pays aux portes d'une potentielle seconde vague. La France, l'Espagne et le Royaume-Uni sont également touchés ces dernières semaines.La France aussi connaît un véritable rebond épidémique, avec 7 183 nouveaux cas et 6 décès enregistrés ce dimanche 13 septembre. 42 départements sont désormais classés en zone rouge car la situation du virus y est active et l'évolution de l'épidémie défavorable. La circulation du virus progresse dans toutes les tranches d'âge, notamment chez les jeunes adultes, a indiqué Santé Publique France. Ce rebond serait du à un respect moins important des gestes barrière : "C'est la même vague qui reprend parce qu'on a perdu les mesures de distanciation sociale", a ainsi indiqué le professeur Jean-François Delfraissy, Président du Conseil scientifique.D'autres estiment qu'il y a un manque de gestion plus localisée. "Il faut différencier deux aspects bien distincts. La stratégie sanitaire doit être nationale, elle est décidée par le gouvernement et transmise aux autorités locales à travers le pays. En revanche, son application doit être faite en concertation avec les professionnels du terrain", a ainsi expliqué Jan-Cédric Hansen, médecin et membre de la Société Française de Médecine de Catastrophe, à France 24.Avec plus de 9000 nouveaux cas positifs en moyenne par jour, soit près de 200 par million d'habitants, l'Espagne est le pays européen le plus touché par le rebond de l'épidémie de Covid-19. L'Espagne a même terminé la semaine dernière avec les pires chiffres (jusqu'à présent) de la seconde vague de l'épidémie de coronavirus, avec 12 183 cas signalés en 24 heures. Une équipe de chercheurs de Catalogne a pointé trois pistes d'explication principales : • la levée (trop) rapide des restrictions de déplacement, • un respect moins important des gestes barrière (port du masque, distanciation...) par la population, • ainsi que des failles dans le système de surveillance épidémiologique.Dès le mois de juin, les autorités ont ainsi progressivement autorisé les déplacements entre les différentes régions du pays. Mais à cette époque, le nombre de contaminations était encore élevé - des scientifiques ont estimé que le taux de nouveaux cas pourrait avoir été 3 fois plus élevé que ce qui a réellement été détecté. Cette réouverture du pays aurait ainsi été la cause de la circulation du virus.Lire aussi: Autre raison, plus problématique sans doute, est la difficulté de mettre en place un système de tracing efficace et de faire en sorte que les contacts respectent la période d'isolement recommandée par l'État. Certaines régions seraient à ce point débordées que les autorités sont dans l'obligation de choisir entre le tracing et l'isolement. De nombreux contacts de cas positifs ne feraient ainsi pas l'objet d'une enquête.Le virus est toujours à des niveaux beaucoup plus bas que lors du pic d'avril, mais une étude réalisée sur des milliers de personnes en Angleterre a révélé que les nouveaux cas de coronavirus doublaient tous les sept à huit jours. Ce dimanche, 3 330 cas positifs ont ainsi été enregistrés au Royaume-Uni - c'est le troisième jour consécutif avec plus de 3000 nouveaux cas. Le taux de reproduction a même augmenté au-delà de 1 pour la première fois depuis mars et oscille désormais entre 1 et 1,2. Mais malgré la flambée des cas, la présence du virus est beaucoup plus faible maintenant qu'elle ne l'était en mars - on estime qu'environ 3 000 personnes sont infectées chaque jour cette semaine contre 100 000 il y a six mois. Les autorités pointent du doigt les jeunes de 17 à 29 ans, qui affluent vers les pubs, bars et restaurants et ne respectent parfois pas les mesures de distanciation sociale.