Charles Michel aura peaufiné son discours jusque tard dans la soirée et rebelotte ce matin, selon les confidences de sa compagne rencontrée de manière informelle la veille au consulat général où était organisée une petite réception en l'honneur de la communauté belge de New York. En atteste cette photo postée sur Instagram au petit-déjeuner.
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Charles Michel aura peaufiné son discours jusque tard dans la soirée et rebelotte ce matin, selon les confidences de sa compagne rencontrée de manière informelle la veille au consulat général où était organisée une petite réception en l'honneur de la communauté belge de New York. En atteste cette photo postée sur Instagram au petit-déjeuner.A l'intérieur de l'antre de la diplomatie internationale, où l'on a été escorté, il n'est pas étonnant de remarquer que les rangs sont beaucoup plus clairsemés qu'un peu plus tôt dans la semaine lors de l'allocution de Donald Trump dont les diatribes sont toujours très attendues, voire redoutées, à l'ONU. Le président des Etats-Unis avait fait salle comble.Les rangées, en hauteur, où sont installés les différents médias internationaux sont, par contre, plus peuplées. Un téléphone sonne à gauche, une journaliste change de chaussures à droite, papote un peu fort avec son voisin. Un homme, plus à l'avant, règle son oreillette de traduction simultanée au maximum. 15 minutes, c'est le temps de parole imparti pour chaque chef d'Etat. Autant dire qu'il faut aller "to the point", "droit au but" en VF. Cependant, de nombreux Chefs d'Etat ne respectent pas cette règle tenant le crachoir plus longtemps qu'autorisé. Sur papier, le texte envoyé aux journalistes une petit heure avant l'intervention du Premier belge à la tribune onusienne, tient sur une vingtaine de pages.La Belgique est dixième à prendre la parole aujourd'hui. Charles Michel est programmé dans la même session matinale que le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou. Alors que bien souvent, notre petit Royaume intervient en fin de semaine devant une salle presque vide, voilà une belle opportunité de capter toute l'attention des délégués à l'Assemblée générale.A 12h57 précises, heure de New York, le Premier ministre belge s'avance, confiant, devant l'imposant pupitre sur fond marbré vert foncé. Il entame son discours, sous les regards concentrés de Didier Reynders, Maggie de Block et des autres membres de la délégation belge. Top chrono. Posément, avec ce langage des mains qui lui est familier et qui l'aide à bien appuyer ses propos, il énumère ses grands thèmes sans grande surprise. Le maître-mot: le multiculturalisme cher à la diplomatie belge, même si selon lui, il demande "des efforts et de la patience". En défendant un ordre mondial multilatéral et reposant sur des règles, Charles Michel prend le contre-pied total de Donald Trump. Il en vient aussi à déplorer qu'"en quelques mois, l'accord nucléaire avec l'Iran, des accords commerciaux ou encore l'accord de Paris sur le climat ont été rompus par une partie signataire", et cela, sans jamais nommer les Etats-Unis. Autre point important au coeur de toute cette semaine diplomatique: le mandat de deux ans de la Belgique en tant que membre non permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU. A ce sujet, Charles Michel assure que cette dernière "sera à la hauteur de cette marque de confiance.Il ajoute: "Nous veillerons à multiplier les dialogues avec l'ensemble des acteurs. Nous voulons nourrir un débat respectueux et transparent afin de nourrir l'esprit de confiance entre nous." Il énumère dans la foulée plusieurs des priorités de la diplomatie belge, à savoir, la prévention des conflits, la protection des civils dans les conflits armés et la lutte contre l'impunité. Il déplore ensuite que le processus de paix au Moyen-Orient soit au point mort et rappelle le soutien des Européens en faveur de la solution à deux Etats indépendants "vivant en paix, côté-à-côte, avec Jérusalem comme capitale partagée". Il lance, par ailleurs, un appel vibrant pour une alliance sacrée Afrique Europe et se dit favorable à une meilleure gestion des flux migratoires.13h19, brefs applaudissements polis de l'Assemblée, le speech est plié, il aura duré 22 minutes. Mission accomplie sans accroc. "Next" comme on scande sans ambages aux Etats-Unis, place au prochain orateur et à la réunion suivante pour le Premier belge.Caroline Lallemand, au siège des Nations Unies à New York