La sécurité des abords du siège de l'ONU situé dans l'est de Manhattan et déjà transformé en forteresse avec son armada de policiers et d'agents de sécurité à chaque coin de rue a été renforcée d'un cran ce mardi. Des bateaux vedette de la US Coast Guard patrouillent dans l'East River juste en contrebas du bâtiment labyrinthique où plus d'un journaliste couvrant l'événement s'est déjà fourvoyé, même guidé par des habitués des lieux (on parle d'expérience). La pluie battante et cinglante, comme elle peut très bien gratifier la Grosse Pomme n'arrange pas les affaires de la horde de diplomates reconnaissables à leur badge bleu. Vêtus de leur plus beau costume, leurs élégantes chaussures étaient déjà complètement détrempées de grand matin. Certaines, optimistes, ont même osé les escarpins ouverts.
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La sécurité des abords du siège de l'ONU situé dans l'est de Manhattan et déjà transformé en forteresse avec son armada de policiers et d'agents de sécurité à chaque coin de rue a été renforcée d'un cran ce mardi. Des bateaux vedette de la US Coast Guard patrouillent dans l'East River juste en contrebas du bâtiment labyrinthique où plus d'un journaliste couvrant l'événement s'est déjà fourvoyé, même guidé par des habitués des lieux (on parle d'expérience). La pluie battante et cinglante, comme elle peut très bien gratifier la Grosse Pomme n'arrange pas les affaires de la horde de diplomates reconnaissables à leur badge bleu. Vêtus de leur plus beau costume, leurs élégantes chaussures étaient déjà complètement détrempées de grand matin. Certaines, optimistes, ont même osé les escarpins ouverts. Après une fouille drastique des sacs dès l'entrée dans le quartier onusien, pour accéder à la salle de l'Assemblée générale où les débats ont lieu et pour entendre la diatribe de Trump, il fallait se lever tôt, très tôt. Toutes les places étaient déjà "sold out" dès 6 heures du matin, selon a responsable de l'attribution des billets, dans la logique du "first come, first served" ("le premier venu, le premier servi") mis à toutes les sauces dans la jungle urbaine new yorkaise. Et même si, merci au jetlag, on était debout dès 4h du matin, on n'a pas réussi à choper l'un des sésames d'accès à l'antre de la haute diplomatie internationale. De nombreux journalistes de la presse écrite et télévisée se rabattent dès lors sur l'écran (on ne le qualifiera pas de "géant") disposé à l'entrée de l'hémicycle (ou sur la retransmission LIVE sur la chaine officielle de l'ONU). Et s'installent dans les coins et recoins de la salle de presse qui donne accès à l'Assemblée.Vers 10h40, Trump monte à la tribune. Après la Corée du Nord en 2017, sa cible cette année est bien l'Iran, comme on s'y attendait. Si Donald Trump a eu le don dans un premier temps de faire pouffer une partie des dignitaires présents dans la salle en affirmant que son administration avait, en moins de deux ans, fait plus de choses que toutes les autres dans l'histoire de son pays - se sentant de devoir préciser "c'est vrai" et déclenchant l'hilarité générale - les choses plus sérieuses n'ont pas tardé. Après la Corée du Nord en 2017, sa cible cette année est bien l'Iran, comme pressenti. Donald Trump a lancé, avec l'aplomb qui le caractérise, un appel à la communauté internationale à "isoler le régime iranien", dénonçant la "dictature corrompue" au pouvoir selon lui à Téhéran. "Nous ne pouvons pas permettre au principal soutien du terrorisme dans le monde de posséder les armes les plus dangereuses de la planète", de "menacer l'Amérique" ou Israël, a-t-il martelé. "Nous demandons à toutes les nations d'isoler le régime iranien tant que son agression se poursuit" et "de soutenir le peuple iranien", a-t-il ajouté. Le locataire de la Maison blanche a promis "une réponse" américaine en cas de nouvelle utilisation d'armes chimiques en Syrie, dénonçant le "chaos" semé dans le pays par ses dirigeants. Ils "pillent les ressources de leur nation", a-t-il ajouté. Une autre attaque du président a visé la Cour pénale internationale qui selon lui, n'a "aucune légitimité". Le président américain a par ailleurs appelé mardi les pays membres de l'Opep à cesser de faire monter les prix du pétrole. "Nous défendons nombre de ces nations pour rien et elles en profitent pour nous imposer des prix plus élevés du pétrole. Ce n'est pas bien. Nous voulons qu'elles cessent de faire monter les prix (...) et qu'elles commencent à les faire baisser", a-t-il déclaré à la tribune de l'ONU.Lire ici la réponse de Rohani à TrumpUn peu plus tôt dans la matinée, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a ouvert le débat sur un ton peu joyeux, en déplorant un "monde de plus en plus chaotique", regrettant que "le multilatéralisme soit autant critiqué au moment où il est le plus nécessaire". "Aujourd'hui, l'ordre mondial est de plus en plus chaotique, les relations de pouvoir sont moins claires, les valeurs universelles s'érodent", a égrené Antonio Guterres d'un ton fort pessimiste. Et d'évoquer "les principes démocratiques attaqués, l'Etat de droit sapé, l'impunité en développement". "Plus le monde est connecté et plus les sociétés sont fragmentées", a aussi déploré le Portugais. "Parmi les pays, la coopération est moins certaine et plus difficile. Les divisions au sein du Conseil de sécurité sont graves", a-t-il résumé, le visage grave, en donnant le coup d'envoi de six jours de discours des 193 pays formant les Nations unies. "Le peuple Rohingya est exilé", "les Palestiniens et les Israéliens demeurent dans un conflit sans fin, avec une solution à deux Etats qui s'éloigne", s'est aussi insurgé Antonio Guterres. Lire aussi la réaction du Premier Ministre Charles Michel suite au discours de Donald TrumpLe secrétaire général a enfin estimé que les efforts pour limiter le réchauffement de la planète -"une menace directe pour notre existence"- étaient largement insuffisants. "Nous devons être plus ambitieux et faire preuve d'une plus grande urgence", a-t-il demandé. Voilà qui lancent les festivités de la semaine dans une ambiance plutôt morose.Caroline Lallemand, au siège des Nations Unies, à New York