Vers un "no deal"...

Les étapes suivantes avaient déjà été prévues en cas de second rejet de l'accord. Des motions vont être proposées à la Chambre des Communes ce mercredi pour voir si les députés britanniques veulent exclure un départ sans accord. En cas de "no deal", le Royaume-Uni mettrait fin du jour au lendemain à son appartenance à l'UE. Elle quitterait, de facto, le marché unique et l'union douanière, et ce sans période de transition. Ce scénario est redouté par les milieux économiques. De nombreux députés s'élèvent contre une telle issue, mais certains fervents défenseurs du Brexit jugent "qu'une absence d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord". Si les parlementaires valident le "no deal", 87% des importations ne seraient pas soumises à des droits de douane et ...

Les étapes suivantes avaient déjà été prévues en cas de second rejet de l'accord. Des motions vont être proposées à la Chambre des Communes ce mercredi pour voir si les députés britanniques veulent exclure un départ sans accord. En cas de "no deal", le Royaume-Uni mettrait fin du jour au lendemain à son appartenance à l'UE. Elle quitterait, de facto, le marché unique et l'union douanière, et ce sans période de transition. Ce scénario est redouté par les milieux économiques. De nombreux députés s'élèvent contre une telle issue, mais certains fervents défenseurs du Brexit jugent "qu'une absence d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord". Si les parlementaires valident le "no deal", 87% des importations ne seraient pas soumises à des droits de douane et le Royaume-Uni ne procédera pas à des contrôles douaniers à sa frontière avec l'Irlande pour éviter une frontière physique. Si l'option du "no deal" est à son tour rejetée ce mercredi soir, les parlementaires devront dire, jeudi, s'ils souhaitent prolonger l'article 50, article du traité qui permet le mécanisme de retrait volontaire de la part d'un État membre, déclenché par le Royaume-Uni suite au référendum. Le processus du Brexit serait alors reporté, idéalement "pour une période limitée". Cela dépend, entre autres, de l'avis des députés vis-à-vis de ce scénario. Mais Theresa May reste catégorique à ce sujet : s'il y a une prolongation du processus, il doit être bref et ne pas exiger que le Royaume-Uni participe aux prochaines élections européennes fin mai. Les États membres de l'Union européenne sont contre un "no deal", mais s'y préparent le cas échéant. Après le vote d'hier, les leaders européens favorisent plutôt un (court) report du Brexit. Pour Angela Merkel, il serait "facile" d'obtenir l'accord de l'UE sur un report jusque fin juin, soit un délai de trois mois maximum. Les chefs d'États et de gouvernement discuteront des conditions d'un report lors d'un prochain sommet, si la Chambre des Communes mandate Theresa May d'en faire la demande. Il faudra cependant que cette demande soit motivée, avec une "raison crédible", rappelle le président du Conseil européen Donald Tusk. Mais ici encore, l'incertitude quant à la position du Royaume-Uni sème le doute : "la grande crainte des dirigeants des 27, c'est d'approuver une prolongation qui au final ne servirait qu'à repousser juste avant l'été le Brexit dur", selon un haut responsable européen. Les différentes étapes du Brexit ont mis Theresa May, à de nombreuses reprises, en très mauvaise posture. Mais elle tient bon... pour l'instant. Perdre deux votes à la Chambre des Communes sur une politique phare du gouvernement, longuement et péniblement négociée, est un revers sans précédent dans la politique britannique moderne. Va-t-on pour autant la démettre de ses fonctions ? Sa position est en tout cas grandement affaiblie et les défis sont encore nombreux. Elle refuse cependant d'envisager une nouvelle consultation des Britanniques, ce qui signifie qu'il faudrait un report du Brexit couplé à un changement de gouvernement ou à de nouvelles élections pour qu'elle ait lieu. Si un second référendum fait toujours partie des revendications officielles du parti travailliste britannique, c'est bien d'élections générales anticipées dont a fait part hier le leader du Labour Jeremy Corbyn. Il juge que "la Première ministre a dépassé le temps qui lui était imparti" et souhaite que les citoyens "puissent choisir qui devrait être leur gouvernement". Cependant, le parti n'a pas l'intention immédiate de demander une motion de censure, qui pourrait précipiter un nouveau scrutin.