Les dirigeants européens vont poursuivre leurs discussions lundi après-midi dans l'espoir de trouver un accord sur un plan de relance post-coronavirus, au quatrième jour d'un sommet laborieux, marqué par de profondes dissensions et des ambitions revues à la baisse.

Ce n'est "pas terminé, mais difficile", a lâché le président français Emmanuel Macron en sortant de la réunion. "Un accord est possible et un accord est nécessaire", a déclaré son ministre de l'Economie Bruno Le Maire depuis Paris.

Pour le ministre allemand aux Affaires étrangères Heiko Maas, la poursuite des discussions "montre que tout le monde veut une solution, plutôt que de remettre le problème à plus tard".

Après une journée complète de discussions dimanche, puis une longue nuit d'échanges, la session entre les 27 dirigeants de l'UE a été suspendue à 06H00 (04H00 GMT). Elle doit reprendre à 16H00 (14H00 GMT). Le sommet, qui a commencé vendredi matin, est le plus long depuis celui de Nice en décembre 2000.

- "Plus optimiste" -

Il s'agit d'un nouveau pas en direction des pays dits "frugaux" (Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche) et de la Finlande, qui bloquent tout accord depuis le début du sommet vendredi.Ces derniers préfèrent les prêts aux subventions et qui prônent une diminution du volume global du plan.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz s'est dit à la levée de la séance "satisfait du résultat" obtenu jusqu'ici, et son collègue des Pays-Bas Mark Rutte, le plus difficile à convaincre à ce sommet, a reconnu que des progrès avaient été faits.

"Des négociations difficiles viennent de s'achever et nous pouvons être très satisfaits du résultat d'aujourd'hui", a twitté le chancelier autrichien Sebastian Kurz à la levée de la séance. Photo à l'appui, il a montré qu'il coordonnait sa position avec ses homologues danois, finlandais, néerlandais et suédois.

"Nous n'avons pas encore trouvé d'issue, cela peut encore échouer. Mais je suis plus optimiste que je ne l'étais cette nuit à un moment donné, où je me suis dit: c'est fini", a-t-il expliqué.

Selon une source française, "le couple franco-allemand a tout fait pour amener les plus réticents autour de 400 milliards" d'euros de subventions, qui constituaient jusqu'alors leur ligne rouge.

- "Passe très dure" -

La journée de dimanche a été marquée par la prise de parole, au dîner, du président français Emmanuel Macron, qui a haussé le ton pour dénoncer la mauvaise volonté et les "incohérences" des frugaux, selon des sources concordantes.

Il a fustigé le comportement de Sebastian Kurz et comparé Mark Rutte à l'ex-Premier ministre britannique David Cameron, adepte lui aussi d'une ligne dure lors des sommets européens, soulignant que "ce genre de positionnement finissait mal", en référence au Brexit. "Il y a eu une passe très dure. Le Président suivi par la chancelière (allemande Angela Merkel) a tapé du poing sur la table", a-t-on indiqué de source française.

Au moment où une récession historique frappe l'Europe, les réticences des frugaux menacent de faire capoter un plan massif de soutien à l'économie, qui profiterait avant tout aux pays du Sud comme l'Italie et l'Espagne, les plus touchés par l'épidémie.

Du montant global du plan à l'équilibre entre prêts et dons, en passant par le contrôle des fonds versés ou un mécanisme liant les subventions au respect de l'Etat de droit dans les pays bénéficiaires, les points de dissension ont fait l'objet d'intensenses tractations entre Européens. Et malgré les efforts répétés du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union, aucune fumée blanche ne s'est, encore, officiellement, échappée entre les dirigeants européens.

Néanmoins, "il y a désormais une piste d'accord", a commenté une source diplomatique. Le président du Conseil européen, Charles Michel, médiateur du sommet, va présenter un nouveau projet de compromis aux capitales, moins ambitieux que le projet initial. De sources concordantes, il devrait proposer de revoir à la baisse la part de subventions dans le plan de relance à 750 milliards d'euros: 390 milliards, contre 500 milliards dans la proposition initiale. Le reste serait constitué de prêts.

Lire aussi: Sommet européen : Viktor Orban va-t-il faire plier Charles Michel et Angela Merkel ?

Pour rappel, le dernier projet prévoit toujours un plan de 750 milliards d'euros, mais désormais composé de 300 milliards de prêts et 450 milliards de subventions -- qui n'auront pas à être remboursés par les bénéficiaires -- contre 250 milliards de prêts et 500 milliards de subventions initialement.

Charles Michel exhorte les dirigeants à l'"unité"

Un peu plus tôt dans la soirée le président du Conseil européen Charles Michel avait pressé les dirigeants de l'UE de ne pas présenter "le visage d'une Europe faible" et de s'entendre sur le plan de relance post-coronavirus. "La question est la suivante: les 27 leaders, responsables devant les peuples européens sont-ils capables de bâtir de l'unité européenne, de la confiance? Ou bien, à travers une déchirure, présenterons-nous le visage d'une Europe faible, minée par la défiance?", a-t-il lancé lors du dîner aux chefs d'Etat et de gouvernement européens, qui se déchirent depuis vendredi en sommet à Bruxelles.

Belga
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Selon des propos rapportés par une source proche des discussions, il a formulé le "souhait" que les Européens parviennent "à un accord et que les journaux européens titrent demain sur le fait que l'UE a réussi une mission impossible". Dans son discours aux chefs d'Etat, M. Michel a listé l'ensemble des modifications apportées au plan depuis le début des négociations: réduction du montant des subventions à deux reprises, changement de la méthode de répartition des fonds, mise en place de conditions plus strictes pour le versement de l'argent, etc. "Dans le calme, nous avons fait preuve d'une écoute active pour se rapprocher de ceux qui avaient des difficultés", a-t-il assuré aux dirigeants de l'UE, avant de les appeler à leur responsabilité.

Cap des 600.000 morts franchi

Un plan de relance post-coronavirus jugé crucial à l'heure où le cap des 600.000 morts a été franchi dans le monde. Face à une progression continue du virus et à la crainte d'une deuxième vague, de nombreux pays ont décidé de renforcer les mesures sanitaires. A Hong Kong, où la cheffe de l'exécutif Carrie Lam a fait état dimanche d'une situation "critique" avec un record de plus de 100 contaminations en 24 heures, de nouvelles mesures ont été annoncées, dont celle de rendre obligatoire le port du masque dans les espaces publics clos ou encore l'obligation de travailler depuis la maison pour le personnel non essentiel de la fonction publique.

Apparu en Chine en décembre, le Covid-19, qui a contaminé plus de 14 millions de personnes dans le monde, continue de se propager ou reprend dans de très nombreux pays. La pandémie a fait au moins 601.822 morts depuis fin décembre, selon un bilan établi dimanche par l'AFP. Le nombre de décès a doublé en un peu plus de deux mois et plus de 100.000 morts ont été enregistrés en 21 jours, depuis le 28 juin.

Les Etats-Unis restent le pays le plus touché tant en nombre de morts que de contaminations confirmées (140.120 décès pour 3,7 millions de cas), et connaissent depuis plusieurs semaines une flambée des infections dans le sud et l'ouest.Viennent ensuite le Brésil (79.488 morts), le Royaume-Uni (45.273), le Mexique (38.888) et l'Italie (35.042).

Mais en proportion de la population, hors micro-Etats, c'est en Belgique que la mortalité est la plus élevée (846 morts par million d'habitants), devant le Royaume-Uni (667), l'Espagne (608), l'Italie (580) et la Suède (556).

- Mesure de "dissuasion nucléaire" -

En France, où l'épidémie montre aussi des signes de reprise deux mois après la sortie du confinement, le Premier ministre Jean Castex a indiqué "surveiller de très près" la situation sanitaire en Catalogne et n'a pas exclu une nouvelle fermeture des frontières avec l'Espagne. En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson a prévenu qu'il n'utiliserait qu'en dernier ressort la carte du reconfinement et comparé une telle solution à une mesure de "dissuasion nucléaire", dans une interview dimanche au Daily Telegraph. Il espère un retour à la normale "pour Noël" malgré de vives craintes sur une deuxième vague. Un risque que le conseiller scientifique de son gouvernement, Patrick Vallance, a jugé "élevé".

Le virus continue aussi ses ravages en Amérique centrale, où les hôpitaux sont au bord de l'effondrement et les protestations de soignants se multiplient: "Je suis médecin, pas martyr" proclament, devant le plus grand hôpital de Panama, des pancartes brandies par des médecins épuisés. Aux Etats-Unis, la flambée du nombre d'infections n'a pas entamé la confiance et l'optimisme de Donald Trump qui a une nouvelle fois assuré que la maladie finirait par "disparaître" et s'est dit opposé à l'idée d'imposer le port du masque au niveau national.

"J'aurai raison au final. Vous savez, j'ai dit: +ça va disparaître+. Je le dirai encore", a déclaré le président américain dans une interview à Fox News Sunday, diffusée dimanche.

Autre farouche détracteur du confinement ayant minimisé ces quatre derniers mois la gravité de la pandémie, le président brésilien Jair Bolsonaro, qui a contracté le coronavirus, a quant à lui reçu le soutien de centaines de personnes rassemblées dimanche à Brasilia. Au Brésil, 23.529 nouveaux cas ont été confirmés dimanche, pour un total de plus de 2 millions, et près de 80.000 morts. Des chiffres officiels sans doute inférieurs à la réalité.

Les dirigeants européens vont poursuivre leurs discussions lundi après-midi dans l'espoir de trouver un accord sur un plan de relance post-coronavirus, au quatrième jour d'un sommet laborieux, marqué par de profondes dissensions et des ambitions revues à la baisse.Ce n'est "pas terminé, mais difficile", a lâché le président français Emmanuel Macron en sortant de la réunion. "Un accord est possible et un accord est nécessaire", a déclaré son ministre de l'Economie Bruno Le Maire depuis Paris.Pour le ministre allemand aux Affaires étrangères Heiko Maas, la poursuite des discussions "montre que tout le monde veut une solution, plutôt que de remettre le problème à plus tard". Après une journée complète de discussions dimanche, puis une longue nuit d'échanges, la session entre les 27 dirigeants de l'UE a été suspendue à 06H00 (04H00 GMT). Elle doit reprendre à 16H00 (14H00 GMT). Le sommet, qui a commencé vendredi matin, est le plus long depuis celui de Nice en décembre 2000.Il s'agit d'un nouveau pas en direction des pays dits "frugaux" (Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche) et de la Finlande, qui bloquent tout accord depuis le début du sommet vendredi.Ces derniers préfèrent les prêts aux subventions et qui prônent une diminution du volume global du plan.Le chancelier autrichien Sebastian Kurz s'est dit à la levée de la séance "satisfait du résultat" obtenu jusqu'ici, et son collègue des Pays-Bas Mark Rutte, le plus difficile à convaincre à ce sommet, a reconnu que des progrès avaient été faits."Des négociations difficiles viennent de s'achever et nous pouvons être très satisfaits du résultat d'aujourd'hui", a twitté le chancelier autrichien Sebastian Kurz à la levée de la séance. Photo à l'appui, il a montré qu'il coordonnait sa position avec ses homologues danois, finlandais, néerlandais et suédois."Nous n'avons pas encore trouvé d'issue, cela peut encore échouer. Mais je suis plus optimiste que je ne l'étais cette nuit à un moment donné, où je me suis dit: c'est fini", a-t-il expliqué.Selon une source française, "le couple franco-allemand a tout fait pour amener les plus réticents autour de 400 milliards" d'euros de subventions, qui constituaient jusqu'alors leur ligne rouge.La journée de dimanche a été marquée par la prise de parole, au dîner, du président français Emmanuel Macron, qui a haussé le ton pour dénoncer la mauvaise volonté et les "incohérences" des frugaux, selon des sources concordantes.Il a fustigé le comportement de Sebastian Kurz et comparé Mark Rutte à l'ex-Premier ministre britannique David Cameron, adepte lui aussi d'une ligne dure lors des sommets européens, soulignant que "ce genre de positionnement finissait mal", en référence au Brexit. "Il y a eu une passe très dure. Le Président suivi par la chancelière (allemande Angela Merkel) a tapé du poing sur la table", a-t-on indiqué de source française.Au moment où une récession historique frappe l'Europe, les réticences des frugaux menacent de faire capoter un plan massif de soutien à l'économie, qui profiterait avant tout aux pays du Sud comme l'Italie et l'Espagne, les plus touchés par l'épidémie.Du montant global du plan à l'équilibre entre prêts et dons, en passant par le contrôle des fonds versés ou un mécanisme liant les subventions au respect de l'Etat de droit dans les pays bénéficiaires, les points de dissension ont fait l'objet d'intensenses tractations entre Européens. Et malgré les efforts répétés du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays assure la présidence tournante de l'Union, aucune fumée blanche ne s'est, encore, officiellement, échappée entre les dirigeants européens.Néanmoins, "il y a désormais une piste d'accord", a commenté une source diplomatique. Le président du Conseil européen, Charles Michel, médiateur du sommet, va présenter un nouveau projet de compromis aux capitales, moins ambitieux que le projet initial. De sources concordantes, il devrait proposer de revoir à la baisse la part de subventions dans le plan de relance à 750 milliards d'euros: 390 milliards, contre 500 milliards dans la proposition initiale. Le reste serait constitué de prêts. Un peu plus tôt dans la soirée le président du Conseil européen Charles Michel avait pressé les dirigeants de l'UE de ne pas présenter "le visage d'une Europe faible" et de s'entendre sur le plan de relance post-coronavirus. "La question est la suivante: les 27 leaders, responsables devant les peuples européens sont-ils capables de bâtir de l'unité européenne, de la confiance? Ou bien, à travers une déchirure, présenterons-nous le visage d'une Europe faible, minée par la défiance?", a-t-il lancé lors du dîner aux chefs d'Etat et de gouvernement européens, qui se déchirent depuis vendredi en sommet à Bruxelles.Selon des propos rapportés par une source proche des discussions, il a formulé le "souhait" que les Européens parviennent "à un accord et que les journaux européens titrent demain sur le fait que l'UE a réussi une mission impossible". Dans son discours aux chefs d'Etat, M. Michel a listé l'ensemble des modifications apportées au plan depuis le début des négociations: réduction du montant des subventions à deux reprises, changement de la méthode de répartition des fonds, mise en place de conditions plus strictes pour le versement de l'argent, etc. "Dans le calme, nous avons fait preuve d'une écoute active pour se rapprocher de ceux qui avaient des difficultés", a-t-il assuré aux dirigeants de l'UE, avant de les appeler à leur responsabilité.Un plan de relance post-coronavirus jugé crucial à l'heure où le cap des 600.000 morts a été franchi dans le monde. Face à une progression continue du virus et à la crainte d'une deuxième vague, de nombreux pays ont décidé de renforcer les mesures sanitaires. A Hong Kong, où la cheffe de l'exécutif Carrie Lam a fait état dimanche d'une situation "critique" avec un record de plus de 100 contaminations en 24 heures, de nouvelles mesures ont été annoncées, dont celle de rendre obligatoire le port du masque dans les espaces publics clos ou encore l'obligation de travailler depuis la maison pour le personnel non essentiel de la fonction publique.Apparu en Chine en décembre, le Covid-19, qui a contaminé plus de 14 millions de personnes dans le monde, continue de se propager ou reprend dans de très nombreux pays. La pandémie a fait au moins 601.822 morts depuis fin décembre, selon un bilan établi dimanche par l'AFP. Le nombre de décès a doublé en un peu plus de deux mois et plus de 100.000 morts ont été enregistrés en 21 jours, depuis le 28 juin.Les Etats-Unis restent le pays le plus touché tant en nombre de morts que de contaminations confirmées (140.120 décès pour 3,7 millions de cas), et connaissent depuis plusieurs semaines une flambée des infections dans le sud et l'ouest.Viennent ensuite le Brésil (79.488 morts), le Royaume-Uni (45.273), le Mexique (38.888) et l'Italie (35.042). Mais en proportion de la population, hors micro-Etats, c'est en Belgique que la mortalité est la plus élevée (846 morts par million d'habitants), devant le Royaume-Uni (667), l'Espagne (608), l'Italie (580) et la Suède (556).En France, où l'épidémie montre aussi des signes de reprise deux mois après la sortie du confinement, le Premier ministre Jean Castex a indiqué "surveiller de très près" la situation sanitaire en Catalogne et n'a pas exclu une nouvelle fermeture des frontières avec l'Espagne. En Grande-Bretagne, le Premier ministre Boris Johnson a prévenu qu'il n'utiliserait qu'en dernier ressort la carte du reconfinement et comparé une telle solution à une mesure de "dissuasion nucléaire", dans une interview dimanche au Daily Telegraph. Il espère un retour à la normale "pour Noël" malgré de vives craintes sur une deuxième vague. Un risque que le conseiller scientifique de son gouvernement, Patrick Vallance, a jugé "élevé".Le virus continue aussi ses ravages en Amérique centrale, où les hôpitaux sont au bord de l'effondrement et les protestations de soignants se multiplient: "Je suis médecin, pas martyr" proclament, devant le plus grand hôpital de Panama, des pancartes brandies par des médecins épuisés. Aux Etats-Unis, la flambée du nombre d'infections n'a pas entamé la confiance et l'optimisme de Donald Trump qui a une nouvelle fois assuré que la maladie finirait par "disparaître" et s'est dit opposé à l'idée d'imposer le port du masque au niveau national."J'aurai raison au final. Vous savez, j'ai dit: +ça va disparaître+. Je le dirai encore", a déclaré le président américain dans une interview à Fox News Sunday, diffusée dimanche.Autre farouche détracteur du confinement ayant minimisé ces quatre derniers mois la gravité de la pandémie, le président brésilien Jair Bolsonaro, qui a contracté le coronavirus, a quant à lui reçu le soutien de centaines de personnes rassemblées dimanche à Brasilia. Au Brésil, 23.529 nouveaux cas ont été confirmés dimanche, pour un total de plus de 2 millions, et près de 80.000 morts. Des chiffres officiels sans doute inférieurs à la réalité.