L'Allemagne a augmenté le nombre des dépistages du Covid-19 à 500.000 par semaine, cette détection précoce aidant en partie à maintenir le nombre des morts à un niveau relativement bas, a déclaré un virologue allemand jeudi.

Beaucoup de dépistage, faible taux de décès

"La raison pour laquelle l'Allemagne compte si peu de décès par rapport au nombre des personnes infectées peut s'expliquer par le fait que nous faisons beaucoup de diagnostics en laboratoire", a expliqué au cours d'une conférence de presse Christian Drosten, un virologue de l'hôpital de la Charité à Berlin. "Nous effectuons un demi-million de tests chaque semaine en Allemagne", a-t-il précisé.

L'Allemagne, pourtant fortement touchée par la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus avec actuellement officiellement 46.580 cas répertoriés, ne compte en revanche que 284 morts de la maladie. 6.658 personnes ne sont plus infectées. De fait, ce pays connaît l'un des taux de mortalité des personnes souffrant du Covid-19 le plus faible au monde avec 0,5% alors qu'il atteint 5,2% en France et 7% en Espagne par exemple. Le directeur de la Charité, Heyo Kroemer, a quant à lui ajouté que l'Allemagne avait également commencé à effectuer des tests plus tôt que les autres pays touchés par la pandémie.

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M. Drosten a en outre expliqué que l'important maillage de laboratoires sur tout le territoire allemand avait aussi facilité la prise de conscience rapide face au virus et la nécessité d'effectuer des tests de manière massive et le plus rapidement possible.

Le ministère allemand de la Recherche a déclaré vouloir débloquer une enveloppe de 150 millions d'euros pour soutenir la mise en place d'un réseau permettant d'améliorer davantage les échanges entre laboratoires et hôpitaux universitaires. Ce réseau aura aussi pour mission de compiler des données sur tous les patients atteints du Covid-19 afin d'avoir une vue d'ensemble de leurs antécédents médicaux et de leur constitution et d'aider à concevoir un vaccin.

Une stratégie de dépistage similaire à celle réalisée à Séoul

Début de semaine, 64 nouvelles infections ont été signalées, le plus petit nombre depuis le 25 février. Ces nouvelles contaminations portent le nombre total de cas à 8.961 dans le pays asiatique, longtemps considéré comme le plus infecté après la Chine, avant que l'épidémie ne se déclare dramatiquement en Italie.

Sept nouvelles personnes ont aussi succombé au virus en Corée du Sud au cours des derniers jours, portant le bilan fatal à 111, dont principalement des personnes âgées et présentant d'autres pathologies.

Si la Corée a longtemps été considérée comme le pays le plus infecté après la Chine, en misant sur une campagne massive de dépistage, isolement des personnes infectées et traçage technologie pour retrouver puis tester les gens avec qui elles ont été en contact, cela a freiné l'épidémie et permis à ces pays d'éviter les mesures extrêmes de confinement aujourd'hui adoptées par de nombreux autres, avec de lourdes conséquences sociales et économiques.

Le dépistage massif : la clé ?

L'OMS avertit les états en martelant "test, test, test" pour endiguer la propagation de coronavirus.

L'épidémiologique américain, Marc Lipsitch, tempère : "La meilleure stratégie dépend étroitement du stade de l'épidémie auquel on se trouve et de la disponibilité des tests". Et la difficulté de transposer le modèle coréen ne concerne pas que des pays pauvres. En France ou en Espagne, les tests ont été faits de manière beaucoup plus restreinte. "Pour des pays comme la France ou la Suisse, le problème ces derniers jours était davantage celui de la disponibilité des réactifs que des machines ou des ressources humaines", dit M. Flahault, directeur de l'Institut de santé global à l'Université de Genève. Selon lui, "de très nombreux pays demandent actuellement à pouvoir faire des tests de RT-PCR et on se trouve face à un engorgement de la demande et des difficultés d'approvisionnement en réactifs".

"Les tests massifs c'est fantastique en théorie, mais les laboratoires spécialisés ne poussent pas sur les arbres", a toutefois nuancé sur Twitter un spécialiste philippin des maladies infectieuses, Edsel Salvana. Il a même jugé "criminelle" la consigne de l'OMS ("Testez, testez, testez"), qui ne tient pas compte du "contexte" de chaque pays: "J'admire ce qu'a fait la Corée du Sud et je le ferais si nous avions autant d'argent et de ressources. Ce n'est pas le cas, mes collègues portent des sacs-poubelle en guise d'équipement de protection".

L'Allemagne a augmenté le nombre des dépistages du Covid-19 à 500.000 par semaine, cette détection précoce aidant en partie à maintenir le nombre des morts à un niveau relativement bas, a déclaré un virologue allemand jeudi."La raison pour laquelle l'Allemagne compte si peu de décès par rapport au nombre des personnes infectées peut s'expliquer par le fait que nous faisons beaucoup de diagnostics en laboratoire", a expliqué au cours d'une conférence de presse Christian Drosten, un virologue de l'hôpital de la Charité à Berlin. "Nous effectuons un demi-million de tests chaque semaine en Allemagne", a-t-il précisé. L'Allemagne, pourtant fortement touchée par la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus avec actuellement officiellement 46.580 cas répertoriés, ne compte en revanche que 284 morts de la maladie. 6.658 personnes ne sont plus infectées. De fait, ce pays connaît l'un des taux de mortalité des personnes souffrant du Covid-19 le plus faible au monde avec 0,5% alors qu'il atteint 5,2% en France et 7% en Espagne par exemple. Le directeur de la Charité, Heyo Kroemer, a quant à lui ajouté que l'Allemagne avait également commencé à effectuer des tests plus tôt que les autres pays touchés par la pandémie.M. Drosten a en outre expliqué que l'important maillage de laboratoires sur tout le territoire allemand avait aussi facilité la prise de conscience rapide face au virus et la nécessité d'effectuer des tests de manière massive et le plus rapidement possible. Le ministère allemand de la Recherche a déclaré vouloir débloquer une enveloppe de 150 millions d'euros pour soutenir la mise en place d'un réseau permettant d'améliorer davantage les échanges entre laboratoires et hôpitaux universitaires. Ce réseau aura aussi pour mission de compiler des données sur tous les patients atteints du Covid-19 afin d'avoir une vue d'ensemble de leurs antécédents médicaux et de leur constitution et d'aider à concevoir un vaccin.Début de semaine, 64 nouvelles infections ont été signalées, le plus petit nombre depuis le 25 février. Ces nouvelles contaminations portent le nombre total de cas à 8.961 dans le pays asiatique, longtemps considéré comme le plus infecté après la Chine, avant que l'épidémie ne se déclare dramatiquement en Italie.Sept nouvelles personnes ont aussi succombé au virus en Corée du Sud au cours des derniers jours, portant le bilan fatal à 111, dont principalement des personnes âgées et présentant d'autres pathologies.Si la Corée a longtemps été considérée comme le pays le plus infecté après la Chine, en misant sur une campagne massive de dépistage, isolement des personnes infectées et traçage technologie pour retrouver puis tester les gens avec qui elles ont été en contact, cela a freiné l'épidémie et permis à ces pays d'éviter les mesures extrêmes de confinement aujourd'hui adoptées par de nombreux autres, avec de lourdes conséquences sociales et économiques. L'OMS avertit les états en martelant "test, test, test" pour endiguer la propagation de coronavirus. L'épidémiologique américain, Marc Lipsitch, tempère : "La meilleure stratégie dépend étroitement du stade de l'épidémie auquel on se trouve et de la disponibilité des tests". Et la difficulté de transposer le modèle coréen ne concerne pas que des pays pauvres. En France ou en Espagne, les tests ont été faits de manière beaucoup plus restreinte. "Pour des pays comme la France ou la Suisse, le problème ces derniers jours était davantage celui de la disponibilité des réactifs que des machines ou des ressources humaines", dit M. Flahault, directeur de l'Institut de santé global à l'Université de Genève. Selon lui, "de très nombreux pays demandent actuellement à pouvoir faire des tests de RT-PCR et on se trouve face à un engorgement de la demande et des difficultés d'approvisionnement en réactifs". "Les tests massifs c'est fantastique en théorie, mais les laboratoires spécialisés ne poussent pas sur les arbres", a toutefois nuancé sur Twitter un spécialiste philippin des maladies infectieuses, Edsel Salvana. Il a même jugé "criminelle" la consigne de l'OMS ("Testez, testez, testez"), qui ne tient pas compte du "contexte" de chaque pays: "J'admire ce qu'a fait la Corée du Sud et je le ferais si nous avions autant d'argent et de ressources. Ce n'est pas le cas, mes collègues portent des sacs-poubelle en guise d'équipement de protection".