Les entrées et sorties d'une vaste zone dans le nord de l'Italie, allant de Milan, capitale économique du pays, à Venise, haut lieu du tourisme mondial, sont désormais étroitement limitées, selon un décret publié sur le site du gouvernement. Cette mesure drastique, prise dans le pays d'Europe le plus durement touché par l'épidémie, s'apparente à celle mise en place dans la province chinoise du Hubei d'où l'épidémie est partie en décembre (56 millions d'habitants en quarantaine).

Des mesures saluées par l'OMS

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a salué dimanche les mesures "courageuses" prises par les Italiens pour endiguer la propagation du virus, les qualifiant de "véritables sacrifices".

"Le gouvernement et les gens d'Italie prennent des mesures audacieuses et courageuses visant à ralentir la propagation du coronavirus et à protéger leur pays et le monde. Ils font de véritables sacrifices", a indiqué le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un tweet.

Dans la région de Lombardie et dans quatorze provinces italiennes, toutes les manifestations culturelles, sportives ou religieuses sont interdites, et les discothèques, pubs, écoles de danse et autres lieux similaires devront également fermer leurs portes jusqu'au 3 avril, selon le décret. Signe de la gravité de la situation, les musées, théâtres, cinémas et autres salles de spectacles doivent également fermer dans tout le pays.

La propagation accélérée du virus est jugée "très préoccupante" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS): au total, 94 pays sont désormais touchés par le Covid-19, qui a fait plus de 3.500 morts à travers le globe.

En Italie, plus 1.247 cas ont été répertoriés au cours des dernières 24 heures ainsi que 36 nouveaux décès, portant le nombre de morts à 233. Le gouvernement italien a décidé l'envoi de 20.000 personnes en renfort dans ses hôpitaux, ce qui permettra de porter de 5.000 à 7.500 le nombre de lits en soins intensifs.

Avant l'Italie, des précédents ?

Auparavant, les mesures de limitation de mouvements ont été prises à Wuhan, métropole de 11 millions d'habitants du centre de la Chine et chef-lieu de la province de Hubei affectent la vie quotidienne de quelque 50 millions de Chinois. "Ces quarantaines sont à l'échelle de la population chinoise. Hors le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003, il n'y a rien qui puisse approcher le gabarit de cette opération. Sauf peut-être la quarantaine de Bombay frappé par la peste en 1898", explique à l'AFP Patrick Zylberman, spécialiste d'histoire de la santé à l'École des hautes études en santé publique (EHESP).

Plus récemment, lors de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest (2013-2016), des mesures de fermeture de frontières, de confinement et de quarantaine ont été imposées à plusieurs reprises. Ainsi, les six millions de Sierra-Léonais ont été contraints de rester chez eux pendant trois jours en septembre 2014 puis à nouveau en mars 2015. Ce "confinement général" visait à stopper l'épidémie.

Quarantaine ou cordon sanitaire ?

Une quarantaine est un isolement provisoire imposé à des personnes, navires ou animaux provenant d'un pays infecté par une maladie contagieuse, selon la définition du dictionnaire Larousse.

Wuhan, déserte., Belga
Wuhan, déserte. © Belga

Le cordon sanitaire correspond, lui, à des postes de surveillance pour contrôler et bloquer les entrées ou sorties d'une zone atteinte par une épidémie. Dans le cas de l'épidémie chinoise, c'est l'équivalent d'un immense cordon sanitaire qui est installé autour la région de Wuhan.

Efficacité en question

Les mesures de restriction des mouvements peuvent s'avérer "contre-productives", engendrant panique et incitant des personnes à fuir coûte que coûte. Elles peuvent aussi conduire à des troubles sociaux graves comme ce fut le cas à Bombay lors de l'épidémie de peste à la fin du 19e siècle en raison d'hospitalisations forcées d'hommes et de femmes sans distinction de caste.

Plus proche de nous, l'épidémie de Sras en Chine a engendré en 2003, émeutes et manifestations violentes dans les régions de Nankin et Shanghai (est) à la suite de quarantaines brutales, indique cet historien dans son essai "Tempêtes microbiennes". Un haut responsable chinois a laissé entendre vendredi que la province du Hubei (centre), au coeur de l'épidémie de Covid-19, pourrait bientôt être rouverte, après plus d'un mois de fermeture pour endiguer la maladie.

Les entrées et sorties d'une vaste zone dans le nord de l'Italie, allant de Milan, capitale économique du pays, à Venise, haut lieu du tourisme mondial, sont désormais étroitement limitées, selon un décret publié sur le site du gouvernement. Cette mesure drastique, prise dans le pays d'Europe le plus durement touché par l'épidémie, s'apparente à celle mise en place dans la province chinoise du Hubei d'où l'épidémie est partie en décembre (56 millions d'habitants en quarantaine).Dans la région de Lombardie et dans quatorze provinces italiennes, toutes les manifestations culturelles, sportives ou religieuses sont interdites, et les discothèques, pubs, écoles de danse et autres lieux similaires devront également fermer leurs portes jusqu'au 3 avril, selon le décret. Signe de la gravité de la situation, les musées, théâtres, cinémas et autres salles de spectacles doivent également fermer dans tout le pays.La propagation accélérée du virus est jugée "très préoccupante" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS): au total, 94 pays sont désormais touchés par le Covid-19, qui a fait plus de 3.500 morts à travers le globe.En Italie, plus 1.247 cas ont été répertoriés au cours des dernières 24 heures ainsi que 36 nouveaux décès, portant le nombre de morts à 233. Le gouvernement italien a décidé l'envoi de 20.000 personnes en renfort dans ses hôpitaux, ce qui permettra de porter de 5.000 à 7.500 le nombre de lits en soins intensifs.Auparavant, les mesures de limitation de mouvements ont été prises à Wuhan, métropole de 11 millions d'habitants du centre de la Chine et chef-lieu de la province de Hubei affectent la vie quotidienne de quelque 50 millions de Chinois. "Ces quarantaines sont à l'échelle de la population chinoise. Hors le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003, il n'y a rien qui puisse approcher le gabarit de cette opération. Sauf peut-être la quarantaine de Bombay frappé par la peste en 1898", explique à l'AFP Patrick Zylberman, spécialiste d'histoire de la santé à l'École des hautes études en santé publique (EHESP).Plus récemment, lors de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest (2013-2016), des mesures de fermeture de frontières, de confinement et de quarantaine ont été imposées à plusieurs reprises. Ainsi, les six millions de Sierra-Léonais ont été contraints de rester chez eux pendant trois jours en septembre 2014 puis à nouveau en mars 2015. Ce "confinement général" visait à stopper l'épidémie.Une quarantaine est un isolement provisoire imposé à des personnes, navires ou animaux provenant d'un pays infecté par une maladie contagieuse, selon la définition du dictionnaire Larousse. Le cordon sanitaire correspond, lui, à des postes de surveillance pour contrôler et bloquer les entrées ou sorties d'une zone atteinte par une épidémie. Dans le cas de l'épidémie chinoise, c'est l'équivalent d'un immense cordon sanitaire qui est installé autour la région de Wuhan.Les mesures de restriction des mouvements peuvent s'avérer "contre-productives", engendrant panique et incitant des personnes à fuir coûte que coûte. Elles peuvent aussi conduire à des troubles sociaux graves comme ce fut le cas à Bombay lors de l'épidémie de peste à la fin du 19e siècle en raison d'hospitalisations forcées d'hommes et de femmes sans distinction de caste.Plus proche de nous, l'épidémie de Sras en Chine a engendré en 2003, émeutes et manifestations violentes dans les régions de Nankin et Shanghai (est) à la suite de quarantaines brutales, indique cet historien dans son essai "Tempêtes microbiennes". Un haut responsable chinois a laissé entendre vendredi que la province du Hubei (centre), au coeur de l'épidémie de Covid-19, pourrait bientôt être rouverte, après plus d'un mois de fermeture pour endiguer la maladie.