La barre des 2.000 décès en Europe a été franchie. Et la situation dans les différents pays (Italie, France, Espagne, mais aussi Belgique) s'aggrave de jour en jour. Aujourd'hui, il est impossible de savoir quand aura lieu le pic mondial, avertit l'Organisation mondiale de la Santé. "Nous espérons que ce sera plus tôt que plus tard" mais "cela dépendra de la réaction des pays face à leur premier cas" et de leur "approche agressive" ou non, a affirmé l'une des responsables de la réponse de l'OMS au Covid-19, Maria Van Kerkhove. Selon l'OMS, le nombre des nouveaux cas recensés chaque jour dans le monde est désormais plus élevé que ceux signalés par la Chine au plus fort de l'épidémie.

Les nombre de cas de coronavirus à travers le monde, par continent., Sciensano
Les nombre de cas de coronavirus à travers le monde, par continent. © Sciensano

L'Italie, laboratoire de l'Europe

Dans chaque pays européen désormais infecté, les premiers cas provenaient du nord de l'Italie, où la contamination est vite devenue incontrôlable. Pour comprendre ce qui se passe en Europe, c'est d'abord l'Italie que nous devons regarder. Car en plus d'être l'épicentre européen de la pandémie, l'Italie a aussi un taux de mortalité plus élevé. Si le taux mondial de mortalité est estimé à moins de 4%, il est légèrement plus élevé en Europe. En Italie, cela dépasse les 6%.

Pourquoi l'épidémie en Italie est-elle différente ? Si le taux de mortalité est probablement surestimé - le nombre de cas, notamment asymptomatiques, est plus élevé que les bilans officiels -, on peut l'expliquer par l'âge moyen de la population. L'Italie a la population médiane la plus âgée d'Europe (46,3 ans). Sur l'ensemble du continent, l'âge médian est de 43,1 ans. Il y a donc davantage de personnes âgées, ayant des maladies préexistantes, susceptibles de succomber à la maladie.

Courbe de létalité, Sciensano
Courbe de létalité © Sciensano

La question-clé des tests

En Italie, le nombre d'infections a augmenté très rapidement, ce qui a vite rendu la propagation et le traitement des malades incontrôlables. Les autorités ont alors, à plusieurs reprises, pris des mesures. Trop tard ? Au début, l'épidémie dans le nord de l'Italie semblait sous contrôle, mais ce n'était pas le cas. On ne sait toujours pas aujourd'hui qui a apporté le virus dans la région, mais il y a plusieurs pistes : la région est l'épicentre économique du pays et regorge de sites touristiques, elle accueille de nombreux visiteurs internationaux. Selon les experts, une pareille situation aurait pu se produire n'importe où. Mais il y a eu aussi des malentendus qui ont donné au virus le temps de continuer de se propager. Le gouvernement et les hôpitaux notamment ne s'accordaient pas sur les critères pour être testé ou non.

C'est le cas du fameux "Patient 1" italien. L'homme de 38 ans, malade, avait consulté son médecin, avant de se rendre à plusieurs reprises à l'hôpital de la région. Il n'a pas été testé pour le coronavirus car il ne revenait pas de Chine. Entretemps, il a infecté plusieurs personnes avant d'être isolé. Les cas non testés ou non soupçonnés représentent un danger, car un patient infecté le transmet à environ 3 autres personnes. Avec une réaction en chaine (3x3x3x3...). Plus le nombre de cas est élevé, plus l'épidémie devient difficile à contrôler.

Les mesures prises notamment par la Chine, la Corée du Sud et Singapour, en combinant une politique quasi systématique de détection des cas grâce aux tests, de traçage des contacts, de distanciation sociale et de mobilisation des populations ont finalement permis d'enrayer la propagation du virus.

Des mesures au compte-goutte et insuffisantes ?

C'est pourquoi les pays touchés, dont la Belgique, s'efforcent de prendre des mesures de distanciation sociale. Mais ces mesures sont souvent prises au compte-goutte : on ferme d'abord les écoles, puis on ferme les commerces non essentiels en tout en en partie, avant de déclarer finalement le confinement généralisé.

Et si on perdait un temps précieux ? C'est en tout cas l'avis du patron de l'OMS, qui appelle le monde, et en particulier l'Europe, à traquer le coronavirus de manière plus agressive et non pas avec des demi-mesures: "On ne peut pas combattre un virus si on ne sait pas où il se trouve. Trouvez, isolez, testez et traitez chaque cas, pour briser les chaînes de transmission du Covid-19." Il a également demandé que la riposte mise en place par les pays ne soit pas uniquement fondée sur des mesures de distanciation sociale, mais sur une approche globale, impliquant également de tester tous les porteurs du virus, de rechercher leurs contacts et de les placer en quarantaine.

., Capture d'écran Université Johns Hopkins
. © Capture d'écran Université Johns Hopkins

L'Europe en ordre dispersé

Il faut dire que l'Europe est un cas particulier. Les pays sont proches et extrêmement connectés entre eux notamment grâce à la libre circulation des biens et des personnes. Si certains ferment les écoles et les commerces, d'autres renforcent les contrôles à leurs frontières. Chaque nation prend ses propres mesures, ou n'en prend pas, indépendamment de ce que font ses voisins. Certes, les pays, notamment membres de l'Union européenne, sont en contact quotidiennement pour échanger sur la crise du coronavirus. Mais ne faudrait-il pas, pour enrayer la pandémie au niveau du continent, des mesures communes ?

Plusieurs semaines après le début de l'épidémie européenne, il semblerait que l'UE ait décidé de prendre les choses en main. Des mesures concertées ont été discutées. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a notamment annoncévouloir restreindre les voyages non-essentiels à destination de l'UE.

Le président français Emmanuel Macron en était l'un des premiers demandeurs, appelant à "intensifier la coordination européenne et acter rapidement des mesures efficaces et concertées, notamment concernant les frontières de l'UE". Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a lui aussi appelé à une "coordination européenne" dans la santé et l'économie.

La barre des 2.000 décès en Europe a été franchie. Et la situation dans les différents pays (Italie, France, Espagne, mais aussi Belgique) s'aggrave de jour en jour. Aujourd'hui, il est impossible de savoir quand aura lieu le pic mondial, avertit l'Organisation mondiale de la Santé. "Nous espérons que ce sera plus tôt que plus tard" mais "cela dépendra de la réaction des pays face à leur premier cas" et de leur "approche agressive" ou non, a affirmé l'une des responsables de la réponse de l'OMS au Covid-19, Maria Van Kerkhove. Selon l'OMS, le nombre des nouveaux cas recensés chaque jour dans le monde est désormais plus élevé que ceux signalés par la Chine au plus fort de l'épidémie.Dans chaque pays européen désormais infecté, les premiers cas provenaient du nord de l'Italie, où la contamination est vite devenue incontrôlable. Pour comprendre ce qui se passe en Europe, c'est d'abord l'Italie que nous devons regarder. Car en plus d'être l'épicentre européen de la pandémie, l'Italie a aussi un taux de mortalité plus élevé. Si le taux mondial de mortalité est estimé à moins de 4%, il est légèrement plus élevé en Europe. En Italie, cela dépasse les 6%. Pourquoi l'épidémie en Italie est-elle différente ? Si le taux de mortalité est probablement surestimé - le nombre de cas, notamment asymptomatiques, est plus élevé que les bilans officiels -, on peut l'expliquer par l'âge moyen de la population. L'Italie a la population médiane la plus âgée d'Europe (46,3 ans). Sur l'ensemble du continent, l'âge médian est de 43,1 ans. Il y a donc davantage de personnes âgées, ayant des maladies préexistantes, susceptibles de succomber à la maladie. En Italie, le nombre d'infections a augmenté très rapidement, ce qui a vite rendu la propagation et le traitement des malades incontrôlables. Les autorités ont alors, à plusieurs reprises, pris des mesures. Trop tard ? Au début, l'épidémie dans le nord de l'Italie semblait sous contrôle, mais ce n'était pas le cas. On ne sait toujours pas aujourd'hui qui a apporté le virus dans la région, mais il y a plusieurs pistes : la région est l'épicentre économique du pays et regorge de sites touristiques, elle accueille de nombreux visiteurs internationaux. Selon les experts, une pareille situation aurait pu se produire n'importe où. Mais il y a eu aussi des malentendus qui ont donné au virus le temps de continuer de se propager. Le gouvernement et les hôpitaux notamment ne s'accordaient pas sur les critères pour être testé ou non. C'est le cas du fameux "Patient 1" italien. L'homme de 38 ans, malade, avait consulté son médecin, avant de se rendre à plusieurs reprises à l'hôpital de la région. Il n'a pas été testé pour le coronavirus car il ne revenait pas de Chine. Entretemps, il a infecté plusieurs personnes avant d'être isolé. Les cas non testés ou non soupçonnés représentent un danger, car un patient infecté le transmet à environ 3 autres personnes. Avec une réaction en chaine (3x3x3x3...). Plus le nombre de cas est élevé, plus l'épidémie devient difficile à contrôler. Les mesures prises notamment par la Chine, la Corée du Sud et Singapour, en combinant une politique quasi systématique de détection des cas grâce aux tests, de traçage des contacts, de distanciation sociale et de mobilisation des populations ont finalement permis d'enrayer la propagation du virus. C'est pourquoi les pays touchés, dont la Belgique, s'efforcent de prendre des mesures de distanciation sociale. Mais ces mesures sont souvent prises au compte-goutte : on ferme d'abord les écoles, puis on ferme les commerces non essentiels en tout en en partie, avant de déclarer finalement le confinement généralisé. Et si on perdait un temps précieux ? C'est en tout cas l'avis du patron de l'OMS, qui appelle le monde, et en particulier l'Europe, à traquer le coronavirus de manière plus agressive et non pas avec des demi-mesures: "On ne peut pas combattre un virus si on ne sait pas où il se trouve. Trouvez, isolez, testez et traitez chaque cas, pour briser les chaînes de transmission du Covid-19." Il a également demandé que la riposte mise en place par les pays ne soit pas uniquement fondée sur des mesures de distanciation sociale, mais sur une approche globale, impliquant également de tester tous les porteurs du virus, de rechercher leurs contacts et de les placer en quarantaine. Il faut dire que l'Europe est un cas particulier. Les pays sont proches et extrêmement connectés entre eux notamment grâce à la libre circulation des biens et des personnes. Si certains ferment les écoles et les commerces, d'autres renforcent les contrôles à leurs frontières. Chaque nation prend ses propres mesures, ou n'en prend pas, indépendamment de ce que font ses voisins. Certes, les pays, notamment membres de l'Union européenne, sont en contact quotidiennement pour échanger sur la crise du coronavirus. Mais ne faudrait-il pas, pour enrayer la pandémie au niveau du continent, des mesures communes ? Plusieurs semaines après le début de l'épidémie européenne, il semblerait que l'UE ait décidé de prendre les choses en main. Des mesures concertées ont été discutées. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a notamment annoncévouloir restreindre les voyages non-essentiels à destination de l'UE.Le président français Emmanuel Macron en était l'un des premiers demandeurs, appelant à "intensifier la coordination européenne et acter rapidement des mesures efficaces et concertées, notamment concernant les frontières de l'UE". Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a lui aussi appelé à une "coordination européenne" dans la santé et l'économie.