La première vague de contaminations au coronavirus a été déclenchée au retour des vacances de carnaval principalement par des personnes infectées dans le nord de l'Italie. Une deuxième vague de contamination directe nous attend. De Morgen a fait le point sur les informations, jusqu'ici, assez floues sur les Belges infectés alors qu'un premier décès, une dame de 90 ans, vient d'être annoncé par la Ministre de la Santé Maggie De Block.
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La première vague de contaminations au coronavirus a été déclenchée au retour des vacances de carnaval principalement par des personnes infectées dans le nord de l'Italie. Une deuxième vague de contamination directe nous attend. De Morgen a fait le point sur les informations, jusqu'ici, assez floues sur les Belges infectés alors qu'un premier décès, une dame de 90 ans, vient d'être annoncé par la Ministre de la Santé Maggie De Block. Le bilan dépasse ce mercredi les 300 cas. 47 cas supplémentaires se sont ajoutés ce mercredi au décompte officiel anoncé au jour le jour par Sciensano. Sur ces 47 nouveaux cas, 29 proviennent de Flandre, 11 de Wallonie et 7 de Bruxelles.La majorité de ces 314 patients vivent en Flandre (60 %), suivie de la Wallonie (27 %) et de Bruxelles (13 %). Il y a actuellement un peu plus de femmes infectées que d'hommes, soit un ratio d'un homme pour 1,6 femme. L'âge des personnes infectées varie entre 6 et 91 ans, avec un âge moyen de 44 ans. Le groupe le plus important a entre 30 et 50 ans. Un premier mort, une personne de 90 ans, vient d'être annoncé par Maggie De Block. Un homme de 74 ans est dans un état critique. La plupart des autres personnes contaminées étaient en assez bonne santé avant d'être infectées. La grande majorité d'entre elles n'ont que de légers symptômes de rhume. Une petite minorité a été admise à l'hôpital avec des plaintes plus graves. Des critiques s'élèvent sur les données succinctes données par les autorités du pays, rapporte De Morgen, en faisant la comparaison avec la situation aux Pays-Bas. Chez nos voisins, le RIVM (Rijksinstituut voor Volksgezondheid en Milieu) l'Institut national pour la santé publique et l'environnement, diffuse des chiffres très détaillés sur le nombre d'infections. En Belgique, il n'y a aucun détail sur la répartition des cas, par âge ou par région. "Comment la courbe de l'épidémie évolue-t-elle dans le temps, quel est le taux d'hospitalisation par âge ? Il nous est très difficile d'avoir une bonne idée de ce qui se passe. J'ai plus de détails sur la situation italienne que sur la nôtre", déplore dans le quotidien flamand l'épidémiologue Pierre Van Damme de L'UAntwerpen.Ces chiffres ne donnent pas l'état précis de la situation dans notre pays. Parce que tout le monde n'est pas testé, loin de là. Il a été décidé de donner la priorité aux personnes qui sont malades et qui ont été dans une région infectée ou qui ont été en contact avec une personne officiellement infectée. Mais ceux qui sont revenus d'un voyage de ski dans le Tyrol du Sud, par exemple, et qui ne sont pas malades, n'ont pas été testés. Selon le virologiste Marc Van Ranst, il se pourrait bien que le nombre réel d'infections au coronavirus dans notre pays soit dix fois plus élevé.Le professeur de microbiologie Herman Goossens (UZA), entre autres, a déjà préconisé un dépistage plus large. Mais selon Steven Van Gucht, directeur du centre de recherche Sciensano, il n'est pas possible en l'état des choses de tester toute personne suspectes. Selon Van Gucht, il y a une pénurie mondiale de réactifs, le dépistage est donc adapté aux moyens. Bien qu'il souligne que les laboratoires pourront effectuer tous les tests prioritaires.Van Ranst et Van Gucht soulignent tous deux que les personnes infectées inconnues ne doivent pas poser de problème. Selon eux, le test lui-même n'a plus beaucoup de valeur à ce stade de l'épidémie. Le message qu'ils répètent depuis plus d'une semaine est le suivant : "restez chez vous dès que vous avez des symptômes, peu importe que vous ayez été testé ou non." Selon Van Gucht. "Les personnes qui ne toussent ou n'éternuent pas encore peuvent être contagieuses, mais de façon très limitée".Une telle mesure, à savoir l'isolement, pourrait être utile, mais est difficile à appliquer, selon l'épidémiologiste Van Damme. "Qui veille à ce que ces personnes respectent leur isolement ? Ce n'est pas si simple. Une mesure aussi drastique exige beaucoup de responsabilités de la part de la société".