Lorsqu'on pense aux causes du changement climatique, on pointe du doigt les transports, les secteurs de l'industrie et de l'énergie, les différentes sources de pollution de l'air, la production de plastiques... Si on parle moins du gaspillage alimentaire, ce dernier y contribue pourtant largement, durant toutes les étapes de la chaine alimentaire, allant de la production à la consommation.
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Lorsqu'on pense aux causes du changement climatique, on pointe du doigt les transports, les secteurs de l'industrie et de l'énergie, les différentes sources de pollution de l'air, la production de plastiques... Si on parle moins du gaspillage alimentaire, ce dernier y contribue pourtant largement, durant toutes les étapes de la chaine alimentaire, allant de la production à la consommation. Jeter les restes non consommés peut sembler anodin, tellement le geste est rapide et souvent familier. Mais un rapport du World Resources Institute (WRI), un think tank américain, indique que le gaspillage alimentaire est responsable de 8% des émissions annuelles de gaz à effet de serre. Une quantité importante d'eau et de terres sont utilisées pour produire des aliments qui ne sont finalement pas consommés. Si on le compare à un pays, selon WRI, le gaspillage et la perte de nourriture libéreraient plus de gaz à effet de serre dans l'atmosphère que tout autre pays, à l'exception des États-Unis et de la Chine. En outre, lorsque les aliments pourrissent dans les sites d'enfouissement, ils produisent également du méthane, l'un des gaz à effet de serre qui contribuent le plus au réchauffement climatique. La perte d'aliments parfaitement bons contribue également à l'insécurité alimentaire et nutritionnelle, car les aliments frais et sains sont généralement ceux qui sont le plus gaspillés, laissant au consommateur le choix, plus facile, de produits transformés non périssables.Pourtant, réduire le gaspillage alimentaire pourrait aider l'environnement de plusieurs manières. Cela permettrait d'économiser les ressources et l'énergie nécessaires à la production d'aliments inutiles, et ce à toutes les étapes de la chaîne. Le nouveau rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) souligne lui aussi l'importance de réduire le gaspillage alimentaire. Selon le Giec, c'est notre système alimentaire qui est en cause. Les habitudes alimentaires ont aussi évolué au cours du demi-siècle écoulé: l'approvisionnement en viande par habitant a plus que doublé en moyenne depuis 1961, alors même que 820 millions de personnes souffrent de la faim. Dans le même temps, deux milliards d'adultes sont en surpoids ou obèses et "25 à 30% de la production totale de nourriture est gaspillée". En d'autres termes : environ 1,3 milliard de tonnes de nourriture produite annuellement pour la consommation humaine sont perdues ou gaspillées. Ce chiffre est en hausse de 40% depuis 1970. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO), cette perte coûte près de 1.000 milliards de dollars chaque année. Ce phénomène de grande ampleur concerne aussi bien les pays pauvres que les pays développés. Mais le gâchis n'est pas le même partout, compte tenu des disparités entre les systèmes de production dans les différents pays. Ainsi, on estime que les consommateurs des pays riches mettent à la poubelle chaque année 222 millions de tonnes de nourriture au total, soit presque l'équivalent de la production de l'Afrique subsaharienne (230 millions de tonnes).