"Vous nous avez laissé tomber. Les jeunes commencent à comprendre que vous les avez trahis. Si vous décidez d'échouer, nous ne vous le pardonnerons jamais." Cette menace de Greta Thunberg, lancée d'une voix chevrotante mais déterminée face à l'Assemblée générale de l'ONU en 2019, résonne encore deux ans plus tard, à la veille de la COP 26 qui se tiendra à Glasgow, à partir du 1er novembre. Les attentes restent énormes. Pourtant, les grands barnums internationaux que sont les COP (Conférences des parties) nous ont habitués, jusqu'ici, à des issues capricieuses, sous forme d'accords timides obtenus au forceps, dont la mise en oeuvre dépend de la bonne volonté de chaque Etat, en particulier des grandes puissances.
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"Vous nous avez laissé tomber. Les jeunes commencent à comprendre que vous les avez trahis. Si vous décidez d'échouer, nous ne vous le pardonnerons jamais." Cette menace de Greta Thunberg, lancée d'une voix chevrotante mais déterminée face à l'Assemblée générale de l'ONU en 2019, résonne encore deux ans plus tard, à la veille de la COP 26 qui se tiendra à Glasgow, à partir du 1er novembre. Les attentes restent énormes. Pourtant, les grands barnums internationaux que sont les COP (Conférences des parties) nous ont habitués, jusqu'ici, à des issues capricieuses, sous forme d'accords timides obtenus au forceps, dont la mise en oeuvre dépend de la bonne volonté de chaque Etat, en particulier des grandes puissances. Longtemps, les gouvernements ont vu le changement climatique comme un problème à long terme. Cette intuition-là est révolue, d'autant que les catastrophes climatiques se multiplient, y compris près de chez nous, dans les pays riches. Les promesses et les objectifs flous ne sont plus acceptables. Le temps de l'action décisive est venu. Mais, les solutions - qui sont connues - sont difficiles à mettre en place, car les politiques comprennent de plus en plus que la transition énergétique nécessite une mutation économique. Et là, les résistances sont fortes, les lobbys nombreux et contrariants, les risques de voir les inégalités se creuser inquiétants, l'émergence du populisme paralysante. Mais le changement ne doit pas venir que d'en haut. Dans un livre éclairant (1), Christiana Figueres, la "Madame climat" de l'ONU, qui a été l'une des chevilles ouvrières de l'accord de Paris en 2015, explique que la lutte contre le réchauffement nécessite à la fois une transformation systémique et un changement d'attitude individuel. Faire l'autruche n'est pas l'apanage des politiques. "La crise climatique impose de modifier radicalement notre façon de penser", écrit-elle. A tous les niveaux: élus, chefs d'entreprise, investisseurs, consommateurs... D'autant que la science ne permettra pas, à elle seule, de régler le problème. Elle n'en aura pas le temps. Les politiques étant toujours sensibles à l'opinion publique, chaque citoyen est un moteur du changement. Dans ses habitudes quotidiennes et dans ses engagements. Le sentiment d'impuissance face à l'ampleur du défi climatique n'est plus acceptable non plus. La transition ne se fera pas grâce à une main invisible, mais elle dépend de chaque cerveau. Révélateur: en boostant les achats locaux, la crise sanitaire a montré qu'il est possible d'adapter ses modes de consommation. Même si cette évolution est encore modeste, c'est encourageant. Une autre piste pour ne pas rester la tête dans le sable est de s'investir à tous les niveaux politiques. Via les villes en transition, par exemple. Ou en demandant des comptes aux gouvernants, comme le fait l'Affaire Climat - 60 000 signataires - qui a récemment obtenu la condamnation de l'Etat belge pour son indolence climatique. Ou en participant à des mouvements pacifiques de protestation, voire de désobéissance civile, pour accentuer la pression sur les décideurs. En s'informant objectivement surtout, ce qui n'est guère évident à l'ère de la "postvérité", des fake news et des réseaux sociaux, bien que les climatologues aient de moins en moins de contradicteurs. Dans ce dossier, Le Vif aborde dix moyens d'action essentiels, en examinant ce qui bouge déjà et ce qui doit encore bouger. La liste n'est, bien sûr, pas exhaustive, mais elle concerne tous les échelons de la société. Plus personne n'a d'excuse pour échapper au changement.