Vie nocturne, restauration, événementiel... Plusieurs secteurs se retrouvent directement impactés par les dernières mesures prises par le gouvernement. La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) demande dès lors aux autorités de prolonger le régime flexible de chômage temporaire jusqu'à la fin mars 2022. Le patronat dit comprendre les mesures annoncées au cours du Comité de concertation mais estime qu'elles doivent s'accompagner de mesures (régionales) ciblées destinées à soutenir les entreprises immédiatement concernées.

"Les mesures adoptées par le Comité de concertation laissent un goût particulièrement amer auprès des entreprises concernées, entre autres dans les secteurs de la nuit, de l'horeca et de l'événementiel", commente Pieter Timmermans, CEO de la FEB. Une intervention aujourd'hui constitue à ses yeux "le seul moyen d'éviter d'avoir à fermer par la suite d'autres secteurs de l'économie".

Une mesure en particulier touche le secteur de la nuit, qui venait à peine de rouvrir ses portes après des mois d'arrêt. Les boites de nuit devront rester portes closes pendant au moins trois semaines.

Pourquoi refermer les discothèques, malgré le test négatif obligatoire?

La semaine dernière, le Codeco s'était réuni pour prendre de nouvelles mesures en vue de ralentir la progression du virus. Parmi celles-ci, les autorités avaient instauré une nouvelle règle pour les discothèques et boîtes de nuit: en plus de la présentation du Covid Safe Ticket (CST), il fallait donc désormais se soumettre également à un test sur place. De quoi limiter les risques au maximum et éviter la refermeture du secteur.

Pourtant, une semaine à peine après cette annonce, les autorités changent de ton: les boîtes de nuit doivent fermer leurs portes pour trois semaines. Une décision que les autorités s'empressent de justifier: "C'est un message vraiment dur, nous le reconnaissons", admet le Premier ministre. "Je pense qu'au moment où la situation est pire que tous les scénarios envisagés par les experts, on doit intervenir. Particulièrement dans les endroits où les gens sont très près les uns des autres. Nous savons que le vaccin est une couche de protection, le masque et le test négatif aussi. Mais il n'y a aucune protection aujourd'hui qui est absolue. Dans une situation comme celle d'aujourd'hui, on doit intervenir avec des mesures [plus fortes], que j'espère temporaires".

La "gueule de bois" pour le monde de la nuit

La fermeture des discothèques et boites de nuit annoncée par le Comité de concertation (Codeco) est reçue comme une "vraie claque" et suscite "une incompréhension totale" pour tout le secteur du monde de la nuit qui prévoit le "retour des soirées clandestines sans aucun contrôle", se désole Lorenzo Serra, porte-parole de Brussels By Night Federation.

Le Comité de concertation a décidé vendredi de fermer les discothèques et dancings pour une période de trois semaines, jusqu'au 15 décembre prochain minimum, soit la date de la prochaine réunion interministérielle entre entités fédérales et fédérées. La nouvelle mesure entre en vigueur dès demain/samedi.

C'est bien évidemment là un coup dur pour le monde de la nuit qui n'avait pu rouvrir que le 1er octobre dernier, après 19 mois de fermeture.

"Nous avions demandé aux autorités de ne pas jouer au yoyo, et elles n'ont pas tenu leurs promesses. Avec le Codeco de la semaine passée (obligation, en plus de la possession du CST, du port du masque ou d'exiger un autotest sur place, NDLR), nous avions déjà investi beaucoup d'argent pour payer des caisses entières d'autotests. Nous étions devenus l'un des secteurs les plus 'safe' de Belgique avec ce CST+. Cette décision maintenant, c'est vraiment très dur à comprendre", renchérit M. Serra.

"Mentalement, et financièrement, c'est difficile. Le secteur va se réveiller avec une vraie gueule de bois, et au vu des timings, on sait qu'on ne va pas commencer à préparer les festivités de fin d'année, période la plus rentable pour nous."

Pour ce porte-parole, cette décision est un aveu d'échec pour une politique sanitaire basée sur le long terme. "Le CST lié à l'autotest était une preuve d'une volonté de 'vivre avec le virus' comme l'ont souvent rappelé les politiques. Et ici, on retombe dans une recette qui n'a déjà pas marché l'année passée. Et on sacrifie à nouveau notre secteur alors qu'aucun chiffre ne vient prouver que nous sommes plus responsables que d'autres de la propagation du virus."

Dans une boîte de nuit emblématique de Bruxelles, on s'inquiète encore plus de la prolongation potentielle de cette fermeture. "On est reparti pour refermer. Et vous savez comme moi qu'il risque de s'agir d'une fermeture à rallonge comme nous avons déjà pu le connaître durant un an et demi depuis le début de la crise", se désole Evelyne Devroye, patronne d'une célèbre boîte de nuit à Bruxelles. "C'est un vrai retour à la case départ".

Fermeture de l'Horeca: une mesure qui divise

À l'annonce des nouvelles mesures, le virologue Marc Van Ranst a tenu à réagir. S'il estime que cela va dans le bon sens, il pointe un élément en particulier : la fermeture à 23 heures de l'Horeca. "Le seul commentaire que je ferais concerne la fermeture à 23 heures pour le secteur de l'horeca, d'autant plus que les Pays-Bas vont faire les choses différemment", a-t-il déclaré à la VRT. "Cela va provoquer du trafic frontalier."

Chez nos voisins, les mesures ne sont pas tout à fait les mêmes, puisqu'il est recommandé de fermer le secteur de la restauration dès 17 heures. L'expert redoute donc que les citoyens fassent de rapides allers-retours entre les Pays-Bas et la Belgique, afin qu'ils puissent profiter de l'ouverture plus tardive des restaurants belges.

De son côté, l'Union wallonne des entreprises (UWE) demande un soutien spécial aux secteurs de l'horeca et de l'événementiel, qui figurent parmi ceux "qui se sont vus imposer le plus de contraintes en termes de conditions d'accès et d'équipements, avec des investissements lourds à la clé". "Comme nous le faisons depuis le début de la crise, nous allons continuer d'intervenir auprès des différents gouvernements pour obtenir des mesures de soutien à ces secteurs touchés, que ce soit celui des traiteurs, des organisateurs d'événement, du monde de la nuit et autres. Il est indispensable de prolonger ou de réactiver ces mesures pour éviter des drames", affirme le directeur général de l'UWE, Olivier de Wasseige.

Pour Maxence Van Crombrugge, président de la Fédération Horeca Wallonie, ces nouvelles mesures témoignent d'une "gestion de crise lamentable". Il déplore que son secteur soit à nouveau mis à contribution alors qu'il a déjà consenti à de lourds efforts cette année, avec, notamment, cinq mois de fermeture. "Ce sont des mesures qui vont surtout porter atteinte aux cafés. L'ambiance commence généralement à monter vers 22 heures et les fêtes patronales qui approchent sont également très importantes pour les cafetiers. Sans oublier que certains comptaient sur leur proximité avec les marchés de Noël pour remonter la pente", explique-t-il à Belga.

Le président de la Fédération horeca dit ne pas comprendre la limitation à six personnes par tables dans les restaurants. "En soi, ça ne modifie pas la capacité des restaurants. Il y aura donc autant de monde qu'avant mais pas à la même table. Ça va à nouveau casser l'élan festif qui commençait à reprendre."

Télétravail: les charges administratives pèsent sur les sociétés

Quant à la prolongation du télétravail, quatre jours par semaine jusqu'au 19 décembre au moins, le responsable de l'UWE rappelle que "le monde des entreprises a organisé le télétravail partout où cela était possible, et l'a renforcé à chaque fois que le Codeco l'a exigé". Fort de ce constat, il invite les autorités à ne pas faire peser de charge administrative sur les sociétés dans la mise en oeuvre de ce télétravail. "Dans de nombreuses entreprises, gérer et monitorer au jour le jour ces obligations administratives est un casse-tête dont elles se seraient bien passé. Les obligations administratives imposées sont inapplicables."

Trop d'incertitudes dans le secteur du mariage

De nombreuses incertitudes demeurent, constate Isabelle Ghosez de la Fédération belge des prestataires de mariage. Les mariages et enterrements ont été épargnés par le Codeco, contrairement aux autres fêtes privées. "C'est une bonne nouvelle pour les cérémonies prévues ce week-end, mais nous devons encore prendre connaissance des détails concernant les mesures en vigueur", réagit Mme Ghosez.

Les mariages peuvent être organisés avec CST à partir de 50 personnes en intérieur et 100 en extérieur. Il est également permis de danser avec le masque. Mais pour la fédération, d'autres questions demeurent. "Nous attendons l'arrêté ministériel. Tant que les noces peuvent avoir lieu sans trop de limitations, nous sommes satisfaits en tant que fournisseurs. Heureusement, la fin d'année n'est pas la période la plus chargée pour nous, même si elle l'est davantage cette année à la suite de nombreux reports", conclut Isabelle Ghosez.

Les acteurs du secteur culturel divisés sur les mesures du Codeco

Les acteurs du secteur culturel se sont montrés divisés sur les mesures du dernier Comité de concertation (Codeco), réuni vendredi, afin de freiner la propagation du coronavirus. Si pour les uns, la décision de n'autoriser que les places assises lors d'événements publics à l'intérieur relève du "bon sens", pour d'autres il s'agit d'un nouveau coup dur pour un secteur "à bout de nerf".

Les salles de concerts espèrent des compensations financières à la hauteur.

Face à la reprise de l'épidémie de Covid-19 et afin de limiter la transmission des cas, les autorités ont annoncé vendredi que seules les places assises lors d'événements publics à l'intérieur seraient encore autorisées à partir de lundi, en combinaison avec le Covid Safe Ticket (CST) et le port du masque obligatoire.

Au lieu de fermer tout un secteur, "le gouvernement montre avec cette mesure qu'il prend enfin en considération la gestion du risque de transmission du virus. Avec les places assises et la ventilation des salles, il est tout à fait légitime que les activités culturelles puissent se poursuivre", se félicite la secrétaire générale de la Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS), Françoise Havelange.

Si la FEAS compte une majorité de salles de théâtre et de cinéma parmi ses membres, elle représente également quelques salles de concerts. "Pour nos membres qui ne peuvent offrir de places assises aux spectateurs, nous attendons de voir quelles seront les compensations financières pour les pertes occasionnées", ajoute Françoise Havelange.

Le groupe Sportpaleis, à la tête de la plus grande salle de spectacles du pays, regrette, lui, un "nouvel écueil" pour le secteur, déjà durement touché par les mesures de précaution sanitaire. S'il est possible pour le Sportpaleis, "malgré les contraintes organisationnelles", d'offrir des places assises pour un spectacle initialement prévu "debout", ce n'est pas le cas pour d'autres salles, à l'infrastructure plus limitée.

Le directeur de Depot à Louvain regrette ainsi une décision "dramatique". "Nous allons de nouveau devoir reporter ou annuler presque tous nos concerts", se désole Mike Naert, dans l'espoir de compensations financières suffisantes.

"Nous encaissons par solidarité pour le personnel soignant, mais nous sommes épuisés", ajoute le mouvement "Sound of Silence", qui défend le secteur de l'événementiel. Ce dernier, qui se dit à "bout de nerf" attend "des mesures structurelles" pour soutenir durablement le secteur et l'aider à se relever.

L'obligation vaccinale ne doit pas être limitée aux soignants

Les militants CSC du personnel soignant ont mené diverses actions de mécontentement ces derniers jours. Notamment dans les provinces de Liège, Namur, Brabant wallon, Hainaut mais aussi à Bruxelles. Leur objectif? Protester contre l'obligation du seul secteur de la santé de se faire vacciner contre le covid. Pourquoi limiter cette mesure, considérée comme l'une, si pas la meilleure "protection" possible contre la pandémie. "La protection du vaccin est très très bonne, même si elle n'est pas absolue", explique le Premier ministre lors du Codeco de ce vendredi 26 novembre.

À partir du 1er janvier, le personnel soignant sera obligé de se faire vacciner, sous peine de sanctions. Ainsi, en cas de non-respect de l'obligation vaccinale, la personne aura un avertissement par le directeur général Soins de santé de l'administration de la Santé, avec un droit de défense et d'explications du côté du professionnel. Mais sans justification valable, il ne pourra plus exercer : il sera privé de son visa ou enregistrement.

"Il y a une très grande peur chez les travailleurs de savoir ce qui se passera à partir du 1er janvier. On subit des pressions pour être vacciné, on va perdre notre travail", a indiqué Véronique Sabel, secrétaire national à la CSC Services publics. "Des travailleurs nous disent que c'est leur choix de pas se faire vacciner. D'autres veulent changer de secteur, ce qui aggraverait la pénurie dans les hôpitaux, alors que nous revendiquons depuis de nombreuses années un refinancement de notre secteur."

Le sentiment des travailleurs est, selon la représentante de la CSC, l'incompréhension et l'injustice "alors que nos travailleurs ont été sur le pont de manière indéfectible." L'obligation vaccinale ne doit pas être limitée aux secteurs des soins de santé, car le virus circule dans toute la société. "Si la circulation du virus doit être stoppée, c'est au niveau de tous les secteurs", estime la CSC. "L'enjeu est de taille: comment limiter la propagation de ce virus déjà mutant? Certainement pas en ciblant les travailleurs des soins."

Vie nocturne, restauration, événementiel... Plusieurs secteurs se retrouvent directement impactés par les dernières mesures prises par le gouvernement. La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) demande dès lors aux autorités de prolonger le régime flexible de chômage temporaire jusqu'à la fin mars 2022. Le patronat dit comprendre les mesures annoncées au cours du Comité de concertation mais estime qu'elles doivent s'accompagner de mesures (régionales) ciblées destinées à soutenir les entreprises immédiatement concernées."Les mesures adoptées par le Comité de concertation laissent un goût particulièrement amer auprès des entreprises concernées, entre autres dans les secteurs de la nuit, de l'horeca et de l'événementiel", commente Pieter Timmermans, CEO de la FEB. Une intervention aujourd'hui constitue à ses yeux "le seul moyen d'éviter d'avoir à fermer par la suite d'autres secteurs de l'économie". Une mesure en particulier touche le secteur de la nuit, qui venait à peine de rouvrir ses portes après des mois d'arrêt. Les boites de nuit devront rester portes closes pendant au moins trois semaines.La semaine dernière, le Codeco s'était réuni pour prendre de nouvelles mesures en vue de ralentir la progression du virus. Parmi celles-ci, les autorités avaient instauré une nouvelle règle pour les discothèques et boîtes de nuit: en plus de la présentation du Covid Safe Ticket (CST), il fallait donc désormais se soumettre également à un test sur place. De quoi limiter les risques au maximum et éviter la refermeture du secteur.Pourtant, une semaine à peine après cette annonce, les autorités changent de ton: les boîtes de nuit doivent fermer leurs portes pour trois semaines. Une décision que les autorités s'empressent de justifier: "C'est un message vraiment dur, nous le reconnaissons", admet le Premier ministre. "Je pense qu'au moment où la situation est pire que tous les scénarios envisagés par les experts, on doit intervenir. Particulièrement dans les endroits où les gens sont très près les uns des autres. Nous savons que le vaccin est une couche de protection, le masque et le test négatif aussi. Mais il n'y a aucune protection aujourd'hui qui est absolue. Dans une situation comme celle d'aujourd'hui, on doit intervenir avec des mesures [plus fortes], que j'espère temporaires". La "gueule de bois" pour le monde de la nuit La fermeture des discothèques et boites de nuit annoncée par le Comité de concertation (Codeco) est reçue comme une "vraie claque" et suscite "une incompréhension totale" pour tout le secteur du monde de la nuit qui prévoit le "retour des soirées clandestines sans aucun contrôle", se désole Lorenzo Serra, porte-parole de Brussels By Night Federation.Le Comité de concertation a décidé vendredi de fermer les discothèques et dancings pour une période de trois semaines, jusqu'au 15 décembre prochain minimum, soit la date de la prochaine réunion interministérielle entre entités fédérales et fédérées. La nouvelle mesure entre en vigueur dès demain/samedi. C'est bien évidemment là un coup dur pour le monde de la nuit qui n'avait pu rouvrir que le 1er octobre dernier, après 19 mois de fermeture. "Nous avions demandé aux autorités de ne pas jouer au yoyo, et elles n'ont pas tenu leurs promesses. Avec le Codeco de la semaine passée (obligation, en plus de la possession du CST, du port du masque ou d'exiger un autotest sur place, NDLR), nous avions déjà investi beaucoup d'argent pour payer des caisses entières d'autotests. Nous étions devenus l'un des secteurs les plus 'safe' de Belgique avec ce CST+. Cette décision maintenant, c'est vraiment très dur à comprendre", renchérit M. Serra. "Mentalement, et financièrement, c'est difficile. Le secteur va se réveiller avec une vraie gueule de bois, et au vu des timings, on sait qu'on ne va pas commencer à préparer les festivités de fin d'année, période la plus rentable pour nous." Pour ce porte-parole, cette décision est un aveu d'échec pour une politique sanitaire basée sur le long terme. "Le CST lié à l'autotest était une preuve d'une volonté de 'vivre avec le virus' comme l'ont souvent rappelé les politiques. Et ici, on retombe dans une recette qui n'a déjà pas marché l'année passée. Et on sacrifie à nouveau notre secteur alors qu'aucun chiffre ne vient prouver que nous sommes plus responsables que d'autres de la propagation du virus." Dans une boîte de nuit emblématique de Bruxelles, on s'inquiète encore plus de la prolongation potentielle de cette fermeture. "On est reparti pour refermer. Et vous savez comme moi qu'il risque de s'agir d'une fermeture à rallonge comme nous avons déjà pu le connaître durant un an et demi depuis le début de la crise", se désole Evelyne Devroye, patronne d'une célèbre boîte de nuit à Bruxelles. "C'est un vrai retour à la case départ".À l'annonce des nouvelles mesures, le virologue Marc Van Ranst a tenu à réagir. S'il estime que cela va dans le bon sens, il pointe un élément en particulier : la fermeture à 23 heures de l'Horeca. "Le seul commentaire que je ferais concerne la fermeture à 23 heures pour le secteur de l'horeca, d'autant plus que les Pays-Bas vont faire les choses différemment", a-t-il déclaré à la VRT. "Cela va provoquer du trafic frontalier." Chez nos voisins, les mesures ne sont pas tout à fait les mêmes, puisqu'il est recommandé de fermer le secteur de la restauration dès 17 heures. L'expert redoute donc que les citoyens fassent de rapides allers-retours entre les Pays-Bas et la Belgique, afin qu'ils puissent profiter de l'ouverture plus tardive des restaurants belges.De son côté, l'Union wallonne des entreprises (UWE) demande un soutien spécial aux secteurs de l'horeca et de l'événementiel, qui figurent parmi ceux "qui se sont vus imposer le plus de contraintes en termes de conditions d'accès et d'équipements, avec des investissements lourds à la clé". "Comme nous le faisons depuis le début de la crise, nous allons continuer d'intervenir auprès des différents gouvernements pour obtenir des mesures de soutien à ces secteurs touchés, que ce soit celui des traiteurs, des organisateurs d'événement, du monde de la nuit et autres. Il est indispensable de prolonger ou de réactiver ces mesures pour éviter des drames", affirme le directeur général de l'UWE, Olivier de Wasseige. Pour Maxence Van Crombrugge, président de la Fédération Horeca Wallonie, ces nouvelles mesures témoignent d'une "gestion de crise lamentable". Il déplore que son secteur soit à nouveau mis à contribution alors qu'il a déjà consenti à de lourds efforts cette année, avec, notamment, cinq mois de fermeture. "Ce sont des mesures qui vont surtout porter atteinte aux cafés. L'ambiance commence généralement à monter vers 22 heures et les fêtes patronales qui approchent sont également très importantes pour les cafetiers. Sans oublier que certains comptaient sur leur proximité avec les marchés de Noël pour remonter la pente", explique-t-il à Belga. Le président de la Fédération horeca dit ne pas comprendre la limitation à six personnes par tables dans les restaurants. "En soi, ça ne modifie pas la capacité des restaurants. Il y aura donc autant de monde qu'avant mais pas à la même table. Ça va à nouveau casser l'élan festif qui commençait à reprendre." Quant à la prolongation du télétravail, quatre jours par semaine jusqu'au 19 décembre au moins, le responsable de l'UWE rappelle que "le monde des entreprises a organisé le télétravail partout où cela était possible, et l'a renforcé à chaque fois que le Codeco l'a exigé". Fort de ce constat, il invite les autorités à ne pas faire peser de charge administrative sur les sociétés dans la mise en oeuvre de ce télétravail. "Dans de nombreuses entreprises, gérer et monitorer au jour le jour ces obligations administratives est un casse-tête dont elles se seraient bien passé. Les obligations administratives imposées sont inapplicables." De nombreuses incertitudes demeurent, constate Isabelle Ghosez de la Fédération belge des prestataires de mariage. Les mariages et enterrements ont été épargnés par le Codeco, contrairement aux autres fêtes privées. "C'est une bonne nouvelle pour les cérémonies prévues ce week-end, mais nous devons encore prendre connaissance des détails concernant les mesures en vigueur", réagit Mme Ghosez. Les mariages peuvent être organisés avec CST à partir de 50 personnes en intérieur et 100 en extérieur. Il est également permis de danser avec le masque. Mais pour la fédération, d'autres questions demeurent. "Nous attendons l'arrêté ministériel. Tant que les noces peuvent avoir lieu sans trop de limitations, nous sommes satisfaits en tant que fournisseurs. Heureusement, la fin d'année n'est pas la période la plus chargée pour nous, même si elle l'est davantage cette année à la suite de nombreux reports", conclut Isabelle Ghosez.Les acteurs du secteur culturel divisés sur les mesures du CodecoLes acteurs du secteur culturel se sont montrés divisés sur les mesures du dernier Comité de concertation (Codeco), réuni vendredi, afin de freiner la propagation du coronavirus. Si pour les uns, la décision de n'autoriser que les places assises lors d'événements publics à l'intérieur relève du "bon sens", pour d'autres il s'agit d'un nouveau coup dur pour un secteur "à bout de nerf". Les salles de concerts espèrent des compensations financières à la hauteur.Face à la reprise de l'épidémie de Covid-19 et afin de limiter la transmission des cas, les autorités ont annoncé vendredi que seules les places assises lors d'événements publics à l'intérieur seraient encore autorisées à partir de lundi, en combinaison avec le Covid Safe Ticket (CST) et le port du masque obligatoire. Au lieu de fermer tout un secteur, "le gouvernement montre avec cette mesure qu'il prend enfin en considération la gestion du risque de transmission du virus. Avec les places assises et la ventilation des salles, il est tout à fait légitime que les activités culturelles puissent se poursuivre", se félicite la secrétaire générale de la Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS), Françoise Havelange. Si la FEAS compte une majorité de salles de théâtre et de cinéma parmi ses membres, elle représente également quelques salles de concerts. "Pour nos membres qui ne peuvent offrir de places assises aux spectateurs, nous attendons de voir quelles seront les compensations financières pour les pertes occasionnées", ajoute Françoise Havelange. Le groupe Sportpaleis, à la tête de la plus grande salle de spectacles du pays, regrette, lui, un "nouvel écueil" pour le secteur, déjà durement touché par les mesures de précaution sanitaire. S'il est possible pour le Sportpaleis, "malgré les contraintes organisationnelles", d'offrir des places assises pour un spectacle initialement prévu "debout", ce n'est pas le cas pour d'autres salles, à l'infrastructure plus limitée. Le directeur de Depot à Louvain regrette ainsi une décision "dramatique". "Nous allons de nouveau devoir reporter ou annuler presque tous nos concerts", se désole Mike Naert, dans l'espoir de compensations financières suffisantes. "Nous encaissons par solidarité pour le personnel soignant, mais nous sommes épuisés", ajoute le mouvement "Sound of Silence", qui défend le secteur de l'événementiel. Ce dernier, qui se dit à "bout de nerf" attend "des mesures structurelles" pour soutenir durablement le secteur et l'aider à se relever.