La date est soigneusement choisie. Le canal de communication (TikTok, application la plus téléchargée chez les jeunes), aussi. Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang a allumé la mèche ce 1er septembre, jour de la rentrée scolaire, et la toile s'est embrasée autour du leader d'extrême droite.
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La date est soigneusement choisie. Le canal de communication (TikTok, application la plus téléchargée chez les jeunes), aussi. Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang a allumé la mèche ce 1er septembre, jour de la rentrée scolaire, et la toile s'est embrasée autour du leader d'extrême droite. Et pour cause, dans une vidéo TikTok où il se filme en selfie, et en t-shirt, pour plus de proximité et de 'sympathie' (ce qui n'est pas sans rappeler la posture adoptée par Emmanuel Macron, il y a de ça quelques semaines), le président du VB promet de "présenter le projet de loi aux enseignants gauchistes en 2024". Et d'ajouter : "Mon dégoût a été exacerbé par les enseignants et les professeurs de gauche qui essaient d'incorporer leurs absurdités multiculturelles dans leurs cours en permanence." Dans la courte vidéo, Van Grieken tente aussi d'amadouer les jeunes, en leur souhaitant bonne chance pour leur premier jour d'école, tout en précisant que lui-même n'a jamais attendu le 1er septembre avec impatience parce qu'il détestait l'école.Faire parler de la "marque" Vlaams Belang n'est pas une stratégie nouvelle. Des milliers d'euros sont d'ailleurs dépensés par le parti d'extrême droite en publicités sponsorisées sur Facebook (ce n'est pas le seul parti belge à miser là-dessus...). La rentrée scolaire est en tout cas là pour nous rappeler que les nouveaux médias deviennent plus que jamais les nouvelles armes des partis politiques pour promouvoir leur image. Suite à ces déclarations, les réactions fusent sur les réseaux sociaux. C'était évidemment l'effet recherché par l'élu d'extrême droite : faire parler, et accroitre sa visibilité. Dans le domaine de l'enseignement, la sortie scandalise. Rik Van De Walle, recteur de l'Université de Gand, appelle à ne pas se laisser intimider. "Nous ne nous laisserons pas menacer par vous, M. Van Grieken", écrit-il. Luc Sels, recteur de la KU Leuven, a également réagi sur Twitter. Il qualifie les déclarations de Van Grieken d'"improbables".Orhan Ag?rdag, maître de conférences à la KU Leuven, a fustigé sur Twitter les propos du président du Vlaams Belang : "Ces personnes intimident nos enseignants et notre avenir. Les gens ne devraient pas être menacés sur la base de leur orientation politique. Ce n'est pas normal. On ne menace pas les enseignants en raison de leurs origines politiques. On n'est pas en Iran ou en Corée du Nord."La classe politique flamande reste relativement calme face à la polémique. Certains ont tout de même haussé le ton. Egbert Lachaert, président de l'Open VLD, accuse Van Grieken de semer la division en faisant des enseignants 'des farceurs suspects de gauche'. "C'est comme ça qu'on détruit une société au lieu de laisser les gens vivre ensemble", écrit-il. Le ministre flamand des Médias Benjamin Dalle (CD&V) s'est également fait entendre : "Menacer les gens à cause de l'orientation politique n'est pas le genre de société que nous voulons. Respect pour tous les enseignants qui aujourd'hui encore défendent nos enfants et nos jeunes !".Tom Van Grieken trouve que les réactions à la vidéo sont exagérées. Il s'explique à la VRT : "C'était simplement un appel aux enseignants à ne pas imposer leur opinion aux élèves", tente-t-il de justifier. Le Vlaams Belang pourrait-il aller jusqu'à demander des mesures politiques contre les enseignants 'de gauche' ? "Évidemment, nous ne prônons pas une interdiction professionnelle", souligne Van Grieken à la chaîne publique flamande. "Les partis de droite ne font jamais cela, vous n'entendez de telles choses qu'avec les partis de gauche."Pour l'homme d'extrême droite, les agitations sur les réseaux sociaux sont "des grands processus intentionnels". Il insiste : "J'espère que les enseignants de gauche sont sur leurs gardes. J'ai un problème fondamental avec les enseignants qui essaient d'imposer leur opinion. Un enseignant doit être neutre."