Faire campagne en politique, de nos jours, c'est aussi et surtout savoir maîtriser et promouvoir son image sur les réseaux sociaux. Via des publications sponsorisées, et donc payées par le parti au réseau social, le politique peut ainsi diffuser son image et cibler une audience bien précise, avec un budget qu'il définit lui-même. Ce sont les fameuses "publications suggérées", que vous voyez passer sur votre fil d'actualité.
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Faire campagne en politique, de nos jours, c'est aussi et surtout savoir maîtriser et promouvoir son image sur les réseaux sociaux. Via des publications sponsorisées, et donc payées par le parti au réseau social, le politique peut ainsi diffuser son image et cibler une audience bien précise, avec un budget qu'il définit lui-même. Ce sont les fameuses "publications suggérées", que vous voyez passer sur votre fil d'actualité. En Belgique, ce budget dédié à la publicité sur les réseaux sociaux se révèle être, plus que jamais, une partie importante dans la promotion du parti politique. Les Belges, et surtout les Flamands, sont même champions d'Europe incontestés dans le domaine.Selon des données répertoriées par AdLens, décryptées par le quotidien flamand De Standaard, ce sont les Flamands qui font le plus de publicité sur Facebook parmi tous les partis et politiciens européens, même sans élections. Chaque année, ils versent des dizaines de millions d'euros au réseau social américain.Et à ce petit jeu-là, un parti caracole en tête : la N-VA. Le parti nationaliste flamand a dépensé plus d'un quart de millions d'euros sur les réseaux sociaux durant les sept premiers mois de 2021. Un budget presque intégralement consacré à la promotion de la page Facebook et Instagram de son président de parti, Bart De Wever. Ce qui fait de ce dernier... le plus gros dépensier de tous les politiciens européens, note De Standaard.Plus interpellant encore, Bart De Wever est loin d'être le seul politique belge présent dans ce classement européen. Le top cinq se compose de quatre politiciens flamands. Trois autres dirigeants belges composent le top dix. Viennent (légèrement) perturber la suprématie belge, deux hommes politiques des Pays-Bas (où des élections ont eu lieu cette année), ainsi que le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. Toujours selon le Standaard, il s'agit de chiffres absolus. En d'autres termes, la petite Belgique bat des pays européens beaucoup plus grands et plus peuplés."L'exploit" est notable, et montre à quel point les partis politiques belges, et surtout flamands, dépensent en publicité sur Facebook. Instagram ne représente que 10 à 20% du budget, pour l'instant. De tous les partis européens, c'est la N-VA qui dépense le plus pour 1.000 habitants. Le Vlaams Belang grimpe à la 3e place du podium, le PTB se place à une belle 7e place.En chiffres absolus, la N-VA ne pourrait céder la place qu'au parti chrétien-démocrate néerlandais. Les grands partis européens comme la CDU et le SPD allemands, les conservateurs et travaillistes britanniques et Podemos (Espagne) suivent à bonne distance. Il est aussi frappant de constater que d'autres partis en Europe dépensent beaucoup moins par publicité. De janvier à juillet de cette année, la CDA (Pays-Bas) a dépensé 509.166 euros pour 9.562 annonces. La N-VA a quant à elle payé 372.925 euros pour... 590 annonces seulement. A titre de comparaison, durant le mois de mai, les partis néerlandais ont dépensé 17.000 euros sur Facebook. Les Belges, pas moins de 377.000. Alors qu'il n'y a pas eu d'élections en Belgique depuis 2019.Et si l'on compare les dépenses publicitaires des partis politiques à certaines ONG, la page de la N-VA débourse plus que, par exemple, Greenpeace en Allemagne. La page de De Wever : plus qu'Amnesty International aux Pays-Bas ou que l'Unicef en Allemagne. Edifiant.Le Standaard rappelle que c'est le Vlaams Belang qui a découvert le pouvoir de Facebook à l'approche des élections en mai 2019. La stratégie s'est révélée payante pour le parti d'extrême droite flamand. Les autres partis ont suivi plus tard, notamment la N-VA et le PTB.