"Nous avons appris à contenir la première épidémie avec le variant normal, même si c'était avec des hauts et des bas. (...) Mais depuis, des variants sont entrés sur notre territoire et les cas se multiplient sous la surface. Les indicateurs dans les laboratoires montrent que leur part augmente", explique le virologue. Van Ranst estime que l'interdiction de voyages non essentiels, qui entre en vigueur mercredi, ne suffit pas et arrive trop tard. Pour lui, elle devrait aussi s'appliquer aux voyages d'affaires qui ne nécessitent pas une présence physique.
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"Nous avons appris à contenir la première épidémie avec le variant normal, même si c'était avec des hauts et des bas. (...) Mais depuis, des variants sont entrés sur notre territoire et les cas se multiplient sous la surface. Les indicateurs dans les laboratoires montrent que leur part augmente", explique le virologue. Van Ranst estime que l'interdiction de voyages non essentiels, qui entre en vigueur mercredi, ne suffit pas et arrive trop tard. Pour lui, elle devrait aussi s'appliquer aux voyages d'affaires qui ne nécessitent pas une présence physique. La pire vague Van Ranst n'est pas le seul spécialiste à être inquiet. Piet Maes, virologue à la KuLeuven, partage son avis. "J'espère que nous pourrons encore inverser la tendance, mais en tout cas les chiffres ne sont pas favorables. Et si cette troisième vague est causée par la variante britannique, alors nous ne sommes pas sortis de l'auberge. Cela pourrait être la pire des trois vagues, car le mutant britannique est beaucoup plus contagieux et peut donc toucher beaucoup plus de personnes beaucoup plus rapidement. Je crains que nous ayons de réels problèmes aux soins intensifs et que les gens ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin". Dirk Devroey, professeur en médecine généraliste (VUB), estime que la Belgique doit prendre des mesures plus strictes. Pour lui, il est essentiel de limiter les contacts. "Il faudra faire un choix : nous ne pouvons pas garder les écoles et les magasins ouverts. J'aurais préféré qu'on ait fermé les frontières il y a trois semaines, mais nous sommes toujours en retard", déclare-t-il à notre confère de Knack.D'après lui, les politiciens belges réagissent d'ailleurs toujours trop tard. "Ma plus grande crainte, ce n'est pas seulement le virus et les morts, mais aussi l'économie et la santé mentale. Cela dure depuis trop longtemps. Nous n'allons plus contenir les mutants, mais si nous laissons traîner les choses, nous allons voir des pics plus élevés que lors de la deuxième vague, qui était déjà grave. Le train est parti, mais il ne roule pas encore à toute allure. Si vous ne le freinez pas maintenant, on ne pourra plus l'arrêter", ajoute-t-il. Multiples foyers secondaires Le microbiologiste Emmanuel André (KuLeuven) est également inquiet. "La Belgique n'a pas réussi à éviter l'introduction de nombreux variants importés durant la période de vacances, et les stratégies actuelles de dépistage, recherche de contacts et d'isolation/quarantaine n'ont pas empêché l'émergence de multiples foyers secondaires", tweete-t-il.La semaine dernière, le microbiologiste Herman Goossens mettait lui aussi en garde contre la menace gigantesque que représente le variant britannique. "Nous n'avons toujours pas réalisé ce qu'il se passait : si nous n'intervenons pas rapidement, nous risquons une nouvelle pandémie avec ce variant".