La campagne de vaccination belge tourne à plein régime : ce lundi, la Wallonie entame la phase 2 de la vaccination, destinée au grand public. La Flandre devrait également envoyer des invitations aux moins de 65 ans dans le courant de la semaine. À Bruxelles, certaines communes ont déjà commencé la vaccination des plus de 41 ans. Au total, 42,3% de la population adulte belge a reçu à ce jour une première dose, c'est-à-dire 3.889.089 personnes. Les autorités envisagent pourtant une nouvelle étape à cette campagne.
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La campagne de vaccination belge tourne à plein régime : ce lundi, la Wallonie entame la phase 2 de la vaccination, destinée au grand public. La Flandre devrait également envoyer des invitations aux moins de 65 ans dans le courant de la semaine. À Bruxelles, certaines communes ont déjà commencé la vaccination des plus de 41 ans. Au total, 42,3% de la population adulte belge a reçu à ce jour une première dose, c'est-à-dire 3.889.089 personnes. Les autorités envisagent pourtant une nouvelle étape à cette campagne.D'ici le mois de décembre prochain, les citoyens belges devraient en effet recevoir une troisième dose de vaccin contre le covid. Une annonce de la Task Force Vaccination qui fait écho aux récentes recommandations de la firme Pfizer, qui préconise une troisième injection de son vaccin d'ici six mois à un an, puis sans doute une piqûre de rappel annuel pour être correctement protégé."La Task Force vaccination suit tous les développements scientifiques. Elle examine aussi la possibilité d'une troisième dose ", confirme le porte-parole du ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit). L'objectif ? Booster l'immunité de la première série de vaccins.Mais quels sont les arguments qui plaident en faveur de cette troisième dose ?Premièrement, l'efficacité du vaccin sur le long terme n'est pas garantie. Parmi les incertitudes qui pèsent sur la "fin" de l'épidémie et un possible "retour à la normale", la durée de l'immunité reste le gros inconnu de la lutte contre le covid, quel que soit le vaccin injecté. Des études ont néanmoins montré que le vaccin AstraZeneca produisait une réponse immunitaire plus complète chez les personnes âgées que le vaccin Pfizer."Nous étudions la durée de la réponse des anticorps", a précisé le Dr David Kessler, à la tête de la cellule de crise américaine. "Elle semble forte mais elle connaît une certaine baisse et les variants sont un défi." Pour Sophie Lucas, immunologiste à l'Université catholique de Louvain, on s'oriente vers un virus qui a une forme de saisonnalité avec une émergence régulière de variants. Une piqûre de rappel annuelle pourrait donc s'avérer nécessaire, comme pour la grippe.Deuxièmement, " on sait que les variants sont plus contagieux et peuvent entraîner une forme de résistance à certains vaccins", explique Jean-Michel Dogné, expert auprès de l'OMS et de l'Agence fédérale des Médicaments, sur le plateau de la RTBF. "Il faut anticiper dès maintenant la possibilité d'avoir une troisième dose de vaccin déjà existant, ou certainement des vaccins qui sont adaptés ".D'autant que le nombre de variants ne cesse de se multiplier. Une réalité qui inquiète les experts, à l'approche des vacances d'été et des départs dans des pays potentiellement contaminés par ces nouvelles souches."À l'avenir, avec l'ouverture des frontières, on sera probablement insuffisamment protégés. Cette troisième dose aura une formulation modifiée pour tenir compte des différentes souches en circulation", explique Sabine Stordeur, coresponsable de la task force vaccination.Si des études sont encore en cours à ce sujet, la Task Force envisage une vaccination par étapes, à l'image de la campagne actuelle. "Peut-être que ce sera seulement pour les groupes à haut risque, mais nous tenons toujours compte du fait que ce sera pour tout le monde", précise le professeur Dirk Ramaekers qui travaille actuellement sur les détails pratiques de cette troisième injection.Le tout sera de déterminer, dans un premier temps, la nécessité de cette troisième dose : l'ensemble de la population belge en aura-t-elle besoin ou devra-t-on la réserver aux plus fragiles et ceux qui ont peu répondu du point de vue immunitaire ? "L'objectif est de pouvoir l'offrir à tout le monde. Mais suivant l'approvisionnement, elle sera injectée en priorité aux personnes à risque, c'est-à-dire qui sont susceptibles de moins bien répondre aux vaccins : globalement, les plus de 65 ans, les patients immunodéprimés ou avec un facteur de risque", détaille le professeur Jean-Michel Dogné.Les autorités vont lancer un projet pilote afin de voir comment attribuer cette troisième dose de façon plus décentralisée et ainsi réduire le nombre de centres de vaccination. Les 150 centres de vaccination du pays seraient donc amenés à disparaître: il n'en resterait qu'un ou deux par province. Cette troisième dose pourrait alors être confiée aux médecins généralistes, aux infirmières à domicile ou encore aux pharmaciens."Ce sont des pistes qu'on explore en organisant aussi des réunions avec les pays voisins", explique Sabine Stordeur, dans des propos repris par Le Soir. "On prend les devants déjà maintenant car cela implique de modifier le cadre légal. Un vaccin actuellement ne peut pas être administré par un pharmacien. Il faut donc préparer le terrain juridique."Actuellement, les conditions de la campagne de vaccination empêchent l'implication des cabinets des médecins généralistes. Les vaccins sont en effet contenus dans des flacons à doses multiples, ils doivent être conservés dans des conditions particulières et il n'est pas possible de livrer tous les cabinets.Quant à savoir quels vaccins seront administrés une troisième fois, tout est encore possible. On peut par exemple envisager d'injecter une troisième dose de vaccins déjà existants, tels que le Pfizer. L'AstraZeneca n'est pour l'instant pas inclus dans cette stratégie, étant donné que l'Union européenne n'a pas renouvelé son contrat de livraisons.Mais la possibilité d'injecter une dose d'un nouveau vaccin est tout à fait probable. "On est en train de développer des vaccins qui sont adaptés à certains variants, notamment des vaccins à ARN mais pas uniquement", explique le professeur Jean-Michel Dogné. "Si un vaccin adapté est présent à ce moment-là, et qu'il est plus efficace, on utilisera celui-là."