Le nombre d'infections et d'hospitalisations stagne en Belgique. Ces deux facteurs sont bloqués à un niveau deux à trois fois plus élevé que les seuils de 800 infections et 75 admissions par jour. "Ce n'est pas un phénomène purement belge. On le constate aussi dans différents pays européens, où les courbes s'aplatissent aussi ou éventuellement augmentent légèrement", indique le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem. Les hospitalisations semblent aussi stagner. Sur les derniers jours, cela ne diminue plus, essentiellement en Wallonie et en Flandre, alors qu'à Bruxelles on a toujours une diminution du nombre d'hospitalisations.
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Le nombre d'infections et d'hospitalisations stagne en Belgique. Ces deux facteurs sont bloqués à un niveau deux à trois fois plus élevé que les seuils de 800 infections et 75 admissions par jour. "Ce n'est pas un phénomène purement belge. On le constate aussi dans différents pays européens, où les courbes s'aplatissent aussi ou éventuellement augmentent légèrement", indique le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem. Les hospitalisations semblent aussi stagner. Sur les derniers jours, cela ne diminue plus, essentiellement en Wallonie et en Flandre, alors qu'à Bruxelles on a toujours une diminution du nombre d'hospitalisations. Éviter de nouveaux foyers Faut-il pour autant réfléchir, et prendre, dès à présent de nouvelles mesures ? Certains experts le pensent. C'est le cas du professeur en médecine générale Dirk Devroey (VUB). "Les chiffres continuent de baisser de 7%. À ce rythme, nous n'atteindrons le seuil de 800 que dans 14 semaines. Sans mesures supplémentaires, nous ne parviendrons pas à contenir le virus et, toutes les 14 minutes, quelqu'un meurt dans notre pays des suites du Covid-19", indique-t-il dans un tweet. Pour lui, il est impératif de veiller à la diminution des hospitalisations, mais aussi des infections. "Avec 2.000 nouvelles infections par jour, de nouveaux foyers vont apparaître." Pour éviter à tout prix une troisième vague, il souhaite que des nouvelles mesures soient prises rapidement. "La situation actuelle ne permet pas d'attendre plus longtemps pour prendre des mesures. Les médecins ont mis en garde presque des mois à l'avance pour une deuxième vague, et on a trop tardé pour prendre de nouvelles mesures. Si nous le faisons encore maintenant, il sera trop tard", explique à Het Laatste Nieuws. Au-delà de nouvelles mesures, il pointe également des manquements dans le respect des restrictions actuelles. Le télétravail, par exemple, n'est pas toujours respecté. "Je vois qu'il y a beaucoup de circulation, que les gens font des courses et passent de grosses commandes auprès des bouchers et des traiteurs", note-t-il. Limiter les déplacements ? La mobilité des Belges en dehors de leur commune a en effet réaugmenté récemment, a confirmé le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem lors de la conférence de presse du Centre de crise. Après une augmentation liée à la réouverture des écoles, on connait désormais une nouvelle hausse avec la réouverture des commerces non essentiels. Partout dans le monde, "on a toujours pu corréler la mobilité avec le risque de transmission", précise Van Laethem. "On tient à insister sur l'importance de faire du shopping dans sa région, pas trop loin, de faire du télétravail au maximum et d'éviter au maximum les contacts, qui sont à la base des transmissions.""Il y a toujours trop de déplacements", confirme Geert Molenberghs (KULeuven). "Nous le constatons via les données des opérateurs télécoms. Cela peut s'expliquer par la réouverture des écoles, mais aussi dans les magasins non essentiels et sur le lieu de travail." Si les mesures actuelles se relèvent insuffisantes pour que les chiffres repartent dans bon sens, "il faudra en trouver d'autres", indique-t-il. L'une d'elles pourrait selon lui consister à limiter les déplacements en définissant un périmètre de circulation, comme cela a été le cas dans certains pays. Cette mesure permettrait de limiter davantage les contacts.La crainte d'une vague post-NoëlLe Comité de concertation se réunira le 18 décembre prochain. Et les chiffres de l'épidémie de Covid-19 y seront bel et bien examinés lors du comité de concertation convoqué le 18 décembre. Mais l'espoir d'assouplissements pour les fêtes devient de plus en plus lointain. "On examinera les chiffres qui, pour l'instant, ne semblent pas aller dans la bonne direction", indique France Dammel, porte-parole du ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a). Dimanche dernier, le Premier ministre Alexander De Croo avait de son côté indiqué ne pas voir s'assouplissement possible d'ici la mi-janvier. Si les restrictions en place pour l'instant portent un coup dur à notre vie sociale et familiale, les autorités, mais aussi les experts, veulent éviter que Noël ne devienne une source de reprise du virus. Si on ne peut connaitre à l'avance l'impact d'une telle fête, Emmanuel André tiré la sonnette d'alarme en prenant comme référence la situation aux États-Unis, qui s'est dégradée après la célébration de Thanksgiving. "Aux États-Unis, les fêtes de Thanksgiving ont très visiblement inversé une tendance positive, détruisant en un jour des semaines d'efforts. Essayez d'imaginer dans le graphe ci-dessous où en seraient les Américains s'ils avaient fait un autre choix de société ce jour-là", a-t-il tweeté, graphique à l'appui. Le Canada connait lui aussi une tendance négative suite à ces fêtes. Le Québec a dû annuler sa proposition de "contrat moral" avec le citoyen qui a avait séduit le président du MR Georges-Louis Bouchez. Le Premier ministre de la province du Manitoba a dû prendre la place, non sans émotion, de "celui qui vole Noël", dans une vidéo qui a fait le tour du monde. Marius Gilbert préconise de son côté de retrouver l'adhésion de la population. "Il faut vraiment tenir bon, mais demander à tout le monde de tenir bon, c'est consacrer beaucoup d'énergie à aider les gens à tenir bon. Il faut investir l'espace public avec cette question du bien-être mental tout autant que la lutte contre le virus dans les hôpitaux", indique-t-il sur la RTBF. "On n'est plus dans la phase critique des hôpitaux, et donc quand cette souffrance s'éloigne, toutes les autres resurgissent". Il est cependant inenvisageable selon lui d'assouplir les mesures pour les fêtes : "Ce serait prendre un risque que de relâcher les efforts aux fêtes de fin d'année, sinon on risque de le payer.