La présidente du groupe chargé de la stratégie de sortie du confinement (GEES), Erika Vlieghe, n'exclut pas de remettre sa démission. En cause : des propos tenus par Jan Jambon.

Réduction ou non de la bulle sociale

Hier, le ministre-président flamand N-VA a avancé sur VTM, à tort, qu'Erika Vlieghe soutenait le maintien de la bulle sociale de quinze personnes, tel que le Conseil national de sécurité (CNS) l'a décrété jeudi. "C'est pour moi inadmissible", a réagi la cheffe du service des maladies infectieuses de l'hôpital universitaire d'Anvers. "J'étais favorable à la réduction de cette bulle, à l'instar des autres experts, et je l'ai dit à plusieurs reprises pendant la réunion."

"Je ne suis pas le cache-misère des politiques" - Erika Vlieghe, présidente du GEES.

Le ministre-président flamand avait pour sa part l'impression qu'elle se retrouvait dans l'accord global sur les mesures annoncées à l'issue du CNS. "Pendant la réunion, elle a dit clairement qu'elle était partisane d'un retour de la bulle à 10 personnes", souligne son porte-parole. "A la fin, le ministre-président avait vraiment l'impression qu'elle pouvait se retrouver dans l'accord global".

Jambon s'est sans doute exprimé de manière trop peu nuancée et s'est entretemps excusé, indique encore son porte-parole. Il espère que la relation avec la présidente du GEES n'en sera pas affectée. "Mais si la communication politique se poursuit sur le même élan, j'envisagerai de me retirer en tant que présidente du comité. Je ne suis pas le cache-misère des politiques", a-t-elle ajouté.

Soutien des autres experts

D'autres experts bien connus de cette crise se sont exprimés sur cette polémique et affichent leur soutien total à Erika Vlieghe. C'est le cas notamment d'Emmanuel André, ancien porte-parole interfédéral. "Erika est une personne, une médecin et une scientifique hors-norme. La #Belgique a besoin d'elle, et les politiques n'ont pas le droit de manipuler l'avis des experts", a-t-il tweeté.

C'est également via Twitter que Marc Van Ranst a souhaité réagir, apportant aussi son soutien à sa consoeur.

Confrontation experts-politique

Ce n'est pas la première depuis le début de la crise du coronavirus que les experts et les politiques sont en désaccords, et l'affirment par articles de presse interposés. Fin avril, après la fuite d'un rapport à la veille d'un Conseil national de Sécurité, la tension était déjà montée entre les deux camps.

"Les experts devenus des superstars médiatiques commencent à agacer certains politiques", écrivait-on alors. Une source politique haut placée nous confiait à l'époque sa conviction, réflétant la tension croissante entre experts et hommes politiques: "Nous sommes quand même dans un monde de dingues, souligne cette source. Je suis persuadé que ce sont les experts qui ont fuité pour essayer de nous corseter. Tout cela est devenu une bagarre."

(avec Belga)

La présidente du groupe chargé de la stratégie de sortie du confinement (GEES), Erika Vlieghe, n'exclut pas de remettre sa démission. En cause : des propos tenus par Jan Jambon. Hier, le ministre-président flamand N-VA a avancé sur VTM, à tort, qu'Erika Vlieghe soutenait le maintien de la bulle sociale de quinze personnes, tel que le Conseil national de sécurité (CNS) l'a décrété jeudi. "C'est pour moi inadmissible", a réagi la cheffe du service des maladies infectieuses de l'hôpital universitaire d'Anvers. "J'étais favorable à la réduction de cette bulle, à l'instar des autres experts, et je l'ai dit à plusieurs reprises pendant la réunion."Le ministre-président flamand avait pour sa part l'impression qu'elle se retrouvait dans l'accord global sur les mesures annoncées à l'issue du CNS. "Pendant la réunion, elle a dit clairement qu'elle était partisane d'un retour de la bulle à 10 personnes", souligne son porte-parole. "A la fin, le ministre-président avait vraiment l'impression qu'elle pouvait se retrouver dans l'accord global".Jambon s'est sans doute exprimé de manière trop peu nuancée et s'est entretemps excusé, indique encore son porte-parole. Il espère que la relation avec la présidente du GEES n'en sera pas affectée. "Mais si la communication politique se poursuit sur le même élan, j'envisagerai de me retirer en tant que présidente du comité. Je ne suis pas le cache-misère des politiques", a-t-elle ajouté. D'autres experts bien connus de cette crise se sont exprimés sur cette polémique et affichent leur soutien total à Erika Vlieghe. C'est le cas notamment d'Emmanuel André, ancien porte-parole interfédéral. "Erika est une personne, une médecin et une scientifique hors-norme. La #Belgique a besoin d'elle, et les politiques n'ont pas le droit de manipuler l'avis des experts", a-t-il tweeté. C'est également via Twitter que Marc Van Ranst a souhaité réagir, apportant aussi son soutien à sa consoeur. Ce n'est pas la première depuis le début de la crise du coronavirus que les experts et les politiques sont en désaccords, et l'affirment par articles de presse interposés. Fin avril, après la fuite d'un rapport à la veille d'un Conseil national de Sécurité, la tension était déjà montée entre les deux camps. "Les experts devenus des superstars médiatiques commencent à agacer certains politiques", écrivait-on alors. Une source politique haut placée nous confiait à l'époque sa conviction, réflétant la tension croissante entre experts et hommes politiques: "Nous sommes quand même dans un monde de dingues, souligne cette source. Je suis persuadé que ce sont les experts qui ont fuité pour essayer de nous corseter. Tout cela est devenu une bagarre." (avec Belga)