L'ambiance était triste ce mardi matin à Liège avec ses rues quasiment désertes, hormis le ballet des camionnettes de livraison dans les rues piétonnes du centre-ville. Il faut dire que la météo n'était pas très engageante pour cette première journée d'ouverture. Et pas l'ombre d'un petit coin de table où s'arrêter pour se réchauffer et boire un café.
...

L'ambiance était triste ce mardi matin à Liège avec ses rues quasiment désertes, hormis le ballet des camionnettes de livraison dans les rues piétonnes du centre-ville. Il faut dire que la météo n'était pas très engageante pour cette première journée d'ouverture. Et pas l'ombre d'un petit coin de table où s'arrêter pour se réchauffer et boire un café. C'est le constat général des commerçants des différents centres-villes du pays. Quand l'Horeca est fermé, il y a beaucoup moins de monde dans le coeur des villes. Une ville où les bars, les cafés et les restaurants sont fermés, c'est quasiment la moitié des enseignes éteintes, sans compter tous les coiffeurs, barbiers et esthéticiennes qui doivent également rester portes closes. Alors que lors des fêtes de fin d'année, l'activité bas son plein en temps normal, l'absence de festivités comme le traditionnel marché de Noël, ajoute au côté morne et gris. C'est dans cette ambiance morose que les commerçants ont néanmoins rouvert leurs portes. Enthousiastes, mais la boule au ventre. "Je suis mitigée, nous confié d'emblée Virginie Ancion, modiste de la Rue Souverain-Pont. Je suis contente d'ouvrir. Mais on doit faire face au Covid et aux travaux de la ville en même temps, c'est un peu la double peine". Cela fait plusieurs mois que la ville de Liège a, en effet, entamé de nombreux travaux, dont le chantier du tram qui rend l'accès au centre-ville plus fastidieux. "En plus, on n'est que quatre commerces à pouvoir ouvrir dans cette rue", nous dit la commerçante. "Dès que l'Horeca est fermé, je le sens tout de suite dans mes ventes. Il y a beaucoup moins de passage."Chez Caroline Biss, une boutique de vêtements située à deux pas du Carré, la vendeuse nous confie également son appréhension. "Je suis heureuse d'ouvrir, mais en même temps j'ai peur parce que j'ai eu le Covid et je sais ce que c'est." En plus de ses peurs personnelles, Rosa Liradelfo craint de devoir jouer les gendarmes toute la journée. "Il faut constamment rappeler les règles, demander d'entrer seul et de se désinfecter les mains", déplore-t-elle. "Et en même temps, on a envie de vendre. On doit vendre. Cette ouverture est à double tranchant", selon elle. Même son de cloche du côté du magasin de jouets La Parenthèse. "J'étais assez stressé avant l'ouverture. Je me demandais comment les gens allaient réagir et s'ils allaient se ruer chez nous", témoigne Gaël Brennenraedts, conseiller-vendeur. "Finalement, ça se passe plutôt bien, les gens sont encore un peu timides pour cette première journée. Mais on sent que les achats des fêtes vont redémarrer", affirme-t-il plein d'espoir. Entre la première et la deuxième vague, de nombreux commerçants se sont adaptés et ont mis en place un système de vente en ligne. Ce qui a permis de sauver les meubles pour beaucoup. "Grâce à notre site internet qui a bien fonctionné, on a réussi à continuer à travailler correctement. Mais cela ne remplace pas le métier de conseiller en magasin avec le client", nous dit-on dans le secteur du jouet. "On a la chance d'avoir une clientèle fidèle qui a fait pas mal de commandes en ligne", nous a également confirmé la vendeuse de vêtements. Au-delà des craintes qui les occupent aujourd'hui, les commerçants redoutent également une troisième vague. "Je m'attendais à cette deuxième fermeture, nous dit Virginie Ancion. Quand ils ont rouvert tout en été, je me suis dit qu'on n'allait pas échapper à une deuxième vague. Mais un troisième confinement serait encore plus difficile à avaler surtout après les déclarations de Frank Vandenbrouck", nous dit-elle exaspérée. "Je ne sais pas s'il y aura encore un commerce qui acceptera de fermer après ça !" Ces craintes sont partagées à la boutique de vêtements : "pour le commerce, c'est important d'ouvrir, mais d'un point de vue épidémiologique je trouve que c'est trop tôt", nous dit la vendeuse qui appréhende vraiment une troisième vague. "Finalement, on ouvre pour faire plaisir pour les fêtes de fin d'année et pour l'économie, mais ça me fait peur pour janvier et février. On risque de le payer plus tard", conclut Gaël Brennenraedts fataliste.