Les commerces "non-essentiels" pourront rouvrir leurs portes ce mardi 1er décembre, moyennant un protocole sanitaire assez strict. Mais en réalité, ils n'auraient peut-être... jamais dû les fermer, à la fin du mois d'octobre. C'est ce qu'il ressort de propos tenus par le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), et d'experts dimanche à la télévision flamande. Politiquement, inutile de dire que cela provoque du remous.
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Les commerces "non-essentiels" pourront rouvrir leurs portes ce mardi 1er décembre, moyennant un protocole sanitaire assez strict. Mais en réalité, ils n'auraient peut-être... jamais dû les fermer, à la fin du mois d'octobre. C'est ce qu'il ressort de propos tenus par le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), et d'experts dimanche à la télévision flamande. Politiquement, inutile de dire que cela provoque du remous. "Le shopping n'est pas un très grand risque en soi, si cela se fait de manière très contrôlée", souligne Frank Vandenbroucke. Pourquoi ont-ils été fermés fin octobre, alors? "Parce qu'il arrive un moment où il faut prendre une 'décision choc', pour obtenir un 'effet choc'." Le ministre fédéral de la Santé dit toutefois ne pas regretter cette décision parce qu'elle a porté ses fruits.Certains libéraux s'émeuvent de cette sortie. Ainsi, l'ancienne ministre fédérale Marie-Christine Marghem, souligne-t-elle: "Cette interview du ministre de la santé est surprenante: le MR se bat, lui, pour objectiver les bonnes mesures qui suscitent l'adhésion et non des mesures choc qui les briment et les infantilisent."Dans l'opposition, les réactions sont vives. "J'ai toujours plaidé pour des mesures fortes et cohérentes vu la gravité de l'épidémie, dit Catherine Fonck (CDH). Mais cette interview est surréaliste : les commerces fermés parce qu'il fallait une 'décision choc'. Quel cynisme face à tous ceux qui sont aujourd'hui laminés par la perte de leur activité."Bart De Wever, président de la N-VA, n'est pas en reste: "Nous partions du principe que le Premier et le ministre de la Santé se basaient sur des taux et la science. Ce n'est donc pas le cas." Certains lui demandent en retour pourquoi Jan Jambon (N-VA), ministre-président flamand, n'a pas exprimé son désaccord au sujet de cette décision, lui qui participe au Comité de concertation.Le "choc" provoqué par les propos de Frank Vandenbroucke est d'autant plus vif que les experts soulignent eux aussi que le shopping n'était pas une source première de contamination. "Nous n'avons jamais conseillé cela, dit Erika Vlieghe, infectiologue et cheffe du service des maladies infectieuses de l'hôpital universitaire d'Anvers, à la VRT. En soi, l'acte de faire du shopping, avec un contact bref, n'est pas un risque. C'est pourquoi nous n'avions pas explicitement demandé leur fermeture." L'experte rappelle que ce n'est pas la première fois que les politiques prennent des décisions plus strictes que les recommandations: lors de la première vague, les experts n'avaient jamais recommandé que l'on ferme les écoles.C'est davantage pour éviter les flux et les déplacements générés par les commerces que le politique avait décidé de les fermer. Mais tous ceux qui souffrent économiquement risquent, en effet, d'avaler leur café de travers. Le SDI, fédération représentant les indépendants, a déjà réagi: "Non, Monsieur le ministre. On ne peut pas sacrifier les commerces et risquer des milliers de faillites juste pour obtenir un effet choc. C'est totalement irresponsable et irrespectueux pour tous les efforts faits par ces entrepreneurs."