Dans un article pour l'IHOES (Institut d'histoire ouvrière, économique et sociale), le journaliste Jean-Pierre Keimeul est revenu sur les inondations qui ont marqué le bassin liégeois au début du siècle dernier. La publication date de 2007 (1), mais elle n'en est pas moins pertinente pour comprendre les événements de 1926, souvenir toujours très ancré dans l'histoire de la Cité ardente.
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Dans un article pour l'IHOES (Institut d'histoire ouvrière, économique et sociale), le journaliste Jean-Pierre Keimeul est revenu sur les inondations qui ont marqué le bassin liégeois au début du siècle dernier. La publication date de 2007 (1), mais elle n'en est pas moins pertinente pour comprendre les événements de 1926, souvenir toujours très ancré dans l'histoire de la Cité ardente.Pour commencer, l'auteur contextualise. La Belgique est particulièrement touchée par de fortes précipitations durant les mois de décembre 1925 et janvier 1926. Mais elle n'est pas la seule, une vague d'intempéries touche "une partie de l'Europe occidentale, provoquant une série de catastrophes aux Pays-Bas (la rupture d'une digue notamment), dans le nord de la France (les débordements de l'Orne à Caen, par exemple), en Allemagne (l'importante crue du Rhin à Cologne, entre autres)". En Belgique, la région liégeoise a été fortement touchée: le centre-ville de la Cité ardente est immergé sous deux mètres d'eau à cause de pluies qui ont duré six semaines d'affilée.Et pourtant, des signes avant-coureurs apparaissent déjà en 1925 dans la région. "Le barrage de Liège-Fonderie (servant de repère pour la mesure des eaux) affichait une cote de niveau de 2,50 mètres au-dessus de l'étiage. Le 23 décembre, les voies des chemins de fer à Anvers et à Kiel se retrouvent inondées (gare de formation pour les quais de l'Escaut) et enfin, l'intervention des autorités qui installèrent le long des quais de dépôt de l'argile et des amorces de digue suite à l'interruption ferroviaire entre Seraing et le Val Saint-Lambert."1926, le visage trempé de LiègeEt puis, le drame est arrivé et Liège prit un autre tout autre visage. Comme le décrivent ces témoignages de l'époque:Après cet événement, "à chaque nouvelle inondation, même minime, la peur gagnait les esprits". Comme le 1er février ou le 1er mars 1926 où des ruptures de conduites d'eau alimentaire ou de canalisation survenaient et où l'angoisse gagnait la population.1926, détonateur positif Les inondations qui ont touché Liège en 1926 ont permis de combler plusieurs lacunes en matière de prévention de la montée des eaux. Jean-Pierre Keimeul explique d'ailleurs qu'elles ont mené à la création en 1928 de la Société de démergement et d'épuration, à une série de travaux comme le barrage de l'île Monsin.Dans un contexte de Seconde Guerre mondiale et dans une Belgique où le débat communautaire bat son plein, une véritable solidarité - tant au Nord qu'au Sud du Pays, précise l'auteur - s'est mise en place au sein de la population.1926, un repèreEn région liégeoise, 1926 reste une date repère. En effet, la télévision locale liégeoise - RTC Télé Liège - demande aux liégeois.e.s qui auraient des témoignages de l'époque de les partager.Dans un autre registre, le conseil communal François Schreuer (Vega), suite à l'appel de la police, a publié une carte des zones où les crues ont été particulièrement abondantes en 1926.(1) Jean-Pierre Keimeul, Les inondations de Liège en 1926, in. Les analyses de l'IHOES, 29 octobre 2007. L'article complet est disponible ici.